A l'heure des coureurs et des chiens je pars nager. Les maîtres contraints forcés disputent avec leurs bêtes dictatrices du timing, exigeant sortie matinale quel que soit modèle et gabarit, les trottoirs aux coureurs de l'aurore, jeunes, vieux. minces, gros, athlétiques ou en cure d'amaigrissement et bardés de rondeurs , tous tirés de leur lit par la chaleur torride
Je me faufile difficilement au milieu de cette presse.
Là-bas au bout après les palmiers montés en haut plumet de frime et le jardin de cactus et succulentes mimant notre hospitalité, git, lac immense jusqu'aux îles, à peine animée d'un lèche sable machinal, l'étendue transparente, bleutée où je plonge fuyant l'avalanche cocktail d'Ormuz bombardé, bloqué, miné, détroit étranglé, Melilia scénarisée en invasion cruelle, tant de figurants morts et abusés, l'Europe qui brûle ses réserves d'oxygène, partout l'incurie qui précipite les désastres annoncés. Un passé et un présent de guerres interminables et larvées, avec cette tornade de drones et de robots divers qui ne fait que d'amorcer. Sans parler de ces élections ou les enfants et neveux des dictateurs surpassent toute velléité de démocratie.