Tout est finalement simple.
De peur que je ne le reconnaisse pas, des années après, quand il est venu à Lima pour inaugurer ce nouveau mois de la photographie que nous avions mis en place avec toutes les associations locales qui étaient partantes dans le deal, comme si je pouvais ne pas le reconnaître, même à la sortie d'un aéroport après une nuit de vol, il m'avait dit je porterai à la main un signe, un livre, un journal ou autre. puis se renvisant : "je tiendrai à la main le saucisson que vous m'avez demandé".
(En effet, il avait accepté l'invitation d'enthousiasme, chez lui l'enthousiasme se manifestait avec modération il est vrai, mais avec d'autant plus de spontanéïté que, si j'ai bien compris, il était ravi de faire une farce en passant outre la relative mauvaise opinion que le service des missions du Département des voyage au ministère, avait de lui; genre "la dernière fois il avait échappé aux services pour aller se balader seul et faire des photos" . . . . et cela m'avait fait rire, un invité photographe qui s'échappe pour faire des photos à sa manière, quoi d'anormal ? surtout étant donnés les impératifs formalistes et surdimensionnés en prudence et convention que pouvaient imposer certains bureaucrates égarés dans le culturel . . . et il avait tenu à me faire dés son arrivée un cadeau en précisant "quelque chose que vous ne trouverez pas sur place et qui vous ferait plaisir" . . . en manière de plaisenterie je lui avais dit "un saucisson et du bon s'il en existe encore" et il avait aussitôt relevé le défi vec le sérieux dont il était capable au milieu des pires rigolades.
