. . . . nous qui ne sommes pas accoutumés aux moussons, il faudra nous y faire. Avant cuisson, avant de mourir bouillis sans épices, l'air a changé de forme, de couleur, de structure; il va se rapprocher de jour en jour d'avantage du sirop qu'on m'obligeait à prendre dans mon enfance, avant le potage, quand je toussais. Pouah !
On pourrait se déplacer nus dans les rues, enveloppés de draps mouillés, remonter aux toges romaines revisitées, tels des fantômes lessivés mais ça ne résoudrait rien. Et ce serait oublier ces milliers, kyrielles de millons de gens qui, dans les pays "défavorisés", "du Tiers Monde", "périphériques" ou tropicaux et désertiques "en voie de développement", ont dû affronter sans gémir ces vagues de chaleur constante, humide ou sèche, écrasante au-delà de 40 degrés.
On vous l'a pourtant dit à vous comme à moi, depuis quelques décades, c'était prévu.
Tout cela était en queque sorte "écrit" et crié par les savants prévisionnistes que nous avons regardés en nous bouchant les oreilles comme Ulysse face aux sirènes, sachant qu'allaient déferler sur nous, blottis dans notre havre de privilèges, tous les malheurs et les misères du monde.
Au cours de quelques incursions dans ces mondes rejetés à leurs calamités naturelles et entretenues ou exploités j'ai vu très peu de chefs d'entreprise qui au moins à côté de leur usine de transformation de produits locaux bruts (c'était déjà un moyen de lutte contre la pure et simple exploitation ou "pillage" brut et sans compensation), construisaient comme cet Italien exemplaire, installé au nord du Congo pour y tisser des toiles alimentant le marché local des modes et élégances africaines, mais aussi bâtissait écoles et hopitaux, plantant des vergers et arbres d'agrément, avec une partie de ses gains, au moins (minimum charitable et intéressé) comme le firent certains patrons bienfaiteurs et humanistes, chez nous, dans les métropoles européennes, au XIXe siècle.
