mardi 15 septembre 2026

Rêve (comme dans un).

 Hier c'est incroyable ce qui nous est arrivé sur le vaste trottoir devant la copro.

En revenant de la plage et d'un séance de snorkeling durant laquelle je venais de découvrir les bordures violettes que les castagnoles bébés, nageant en bancs de juvéniles, sûrement la dernière portee de l'année, portent en liseré et ornement le long des nageoires et de leur queue bien fendue en deux lamelles, je découvre par ailleurs, arrivant chez moi, la femme d'un ami écroulée par terre sur la surface asphaltée juste avant de biper la porte pour entrer et elle a du mal a se relever malgré l'aide aussitôt offerte; donc elle se relève et tout aussitôt après sort de l'entrée de l'immeuble une dame corpulente et son chien japonais roux comme un petit renard, au museau pointu avec l'air indifférent, chien que je regarde avec curiosité, et aussitôt tout va très vite comme dans un film muet qu'il ne faut pas lâcher des yeux pour suivre les péripéties me voici en train de m'écrouler aussi sur le même trottoir.

Drôle de phrase et drôle de situation.

Tentative d'essai de compréhensions du phénomène. Je ne garantis rien.

Notre ami dit-elle a des chaussures neuves qui lui glissent un peu aux pieds. Voilà du concret.

Quant à moi je ne sais.

 Comme un réflexe immédiat et hors sens, un vertige doux et irrésistible. Et aussi peut être la facture à payer de la dépendance du long bain. La marche au soleil qui tape déjà et bien sûr le tragique méditerranéen du soleil de midi. Voir Camus qui n'apprecierait guère je pense mes allusions a l'Etranger et ce détournement cosmique. 

Mais plus sérieusement cette hécatombe urbaine mimetique de fin d'été aurait elle plus  opportunément une explication freudienne ou jungienne ? 

Bien sûr ce n'est pas tout.



lundi 7 septembre 2026

Candidats . . .

 . . . Tenez vous bien, à la présidence de la République française.

D'abord  combien ? 40 ou 30 ?

Combien sans aucun programme  ? Ou  juste de grands mots creux.

Bref, du jamais vu.

Les surenchère vont, ont déjà vidé,vider tout débat du seul souci dramatique et urgent :

comment survivre au milieu des injustices, absurdités, retards, mises en route de drames prévisibles, a l'énorme crash qui s'est approché de nous et croît : Incendies, tornades, inondations, augmentés de guerres, famines, épidémies, massacres ? Le nombre de candidats est proportionnel à la multiplication de nos incapacités a y faire face politiquement.

jeudi 3 septembre 2026

Date : 11 février 1842.

 A Saint Brieuc, Côtes du Nord devenues entre-temps Côtes d'Armor un homme s'avance au bord d'une plage un peu étroite et encaissée, l'eau n'est pas tiède mais glacée. Il avance lentement jusqu'aux genoux. Il a l'air a la fois pensif et concentré. Il plonge et nage lentement la brasse, puis plus vite, à fond, son visage baigne régulièrement dans l'eau puis affronte les vaguelettes pour, bouche ouverte, respirer. Il a l'habitude de venir nager dans cet eau a priori peu accueillante.

Mais cette fois il va un peu plus loin nettement plus loin, trop loin. Il ne s'arrête pas. Il résiste étonnamment mais au bout d'un moment disparaît sous la surface bien avant d'avoir atteint l'horizon.

Plus tard on dira qu'il a eu un terrible chagrin d'amour, que la vie l'a acculé au désespoir.

C'est lui faire injure.

Cet homme, Jules Lequier, philosophe chrétien a voulu tenter Dieu. Il n'a pas eu avec Pascal la sagesse de croire "quia absurdum". Il a eu le courage d'un expérimentateur plein d'espoir, de passion et de naïveté. 

Il voulait vérifier dans sa vie exaltée et posée décidément comme un sacrifice si un Dieu tout puissant pouvait nous laisser une part de liberté, de libre arbitre, d'initiative face au déterminisme scientifique qui en bon polytechnicien le fascinait ou si Dieu était insensible à nos douleurs et nos peines, à nos vies chargées de fragilité et de désir. Si nos vies prédéterminées n'obéissent qu'à la nécessité.

Quelque-chose de cette urgence et de cette inquiétude c'est transmis ensuite par Jean Grenier jusqu'à Albert Camus dont le père repose dans le carré militaire du cimetière de St Brieuc.

Que Dieu, s'il existe, pouvait il répondre ?

Bororos sont des araras (les).

 Vieille histoire entre missionnaires puis ethnologues cette affaire de peuple de la province du Mato Grosso au Brésil où les hommes passent des heures à se maquiller, à s'enduire le corps et à se coiffer de plumes pour ressembler à de grands aras rouges.

Pourquoi ? Se prennent ils réellement pour des oiseaux magnifiques et criards ?

C'est toute l'affaire de l'interprétation du totémisme recouvrant le préjugé colonial de "mentalité primitive" qui est en cause et que les petites expéditions de Lévi-Strauss dans la jungle accompagné de sa première extraordinaire épouse Dina Dreyfus va mettre à mal. Les Bororos, il suffit de les voir vivre, ont avant tout un sens de la classification comme Aristote quand il organise les êtres vivants à sa manière (Borges s'amusera bien de ces listes d'êtres vivants) et cela leur sert à tout organiser dans le rapport à la nature : ornements, aliments, plan et orientation du village, clans et échanges des femmes évitant la consanguinité, liens de parenté, lignages. interdiction de l'inceste, récits et mythes, interprétation des rêves.

Voilà ce que plus tard on appellera "french line" et du grand nom de structuralisme.

lundi 31 août 2026

Panthéisme (de l'intérêt du)

 Si tout est Dieu la nature ( il y faudrait aussi une majuscule) est divine et sacrée, élément du divin. Ce qui nous ramènerait à un respect oublié et à une écologie refusant cet anthropocentrisme qui habite encore ces gens qui considèrent la plupart des êtres vivants comme inutiles a moins qu'ils soient éléments de leur nourriture ou de leur  bon plaisir.

Ce matin encore comme je laissais boire sur mon maillot puis sur mon bras et ma cuisse après la douche suivant le bain de mer un gros frelon sans broncher, sans bouger, quelqu'un m'interpelle -  Attention c'est un nuisible il va vous piquer, a quoi ça sert ces bêtes frelons et guêpes et méchants insectes ? je répliquais - A polliniser et il y a même des guêpes particulières. sans lesquelles nous n'aurions pas de figues.

Le panthéisme c'est aussi admettre que les lois de la nature que nous commençons à peine à découvrir nous régissent aussi. de fond en comble.Ce qui permet de replacer dans son espace notre sentiment le plus souvent illusoire de liberté.

On dit partout comme une banalité héritage d'un existentialisme à peine éteint aux terrasses des bistrots : " On a toujours le choix." Et bien non mes agneaux essayez de choisir face à un peloton d'exécution ou le hasard qui vous envoie un enfant atteint de déficiences graves. Vous serez peut être un peu frustrés de la vie que vous auriez aimée.

Le panthéisme comme y avait insisté Spinoza, renvoie essentiellement au plaisir et à la joie d'essayer de comprendre au lieu de partager sans  arrêt le monde en deux camps antagonistes. Au lieu d'exclure, de mépriser, d'humilier, de rabaisser, de souhaiter la mort d'une part de soi.