Je la vois dans la pente qui contourne la route circulaire et plus longue qui monte vers l'enchevêtrement des entrées, accueils, services, spécialités, pathologies, approches thérapeutiques, halls, couleurs, ascenseurs, services, chambres, salles de réunions, bureaux, de repos, d'attente, elle remonte vaillamment la pente en évitant un peu le Mistral qui depuis plusieurs jours cherche à la renverser.
Elle remonte, silhouette penchée, frêle, luttant, survécue de tant de peines et de maux, de tant d'émotions, fière de notre jeunesse quand la folie de l'amour nous poussait contre vents et marées, bien trop tôt, à nous rapprocher, à nous mettre en ligne de mire, à ne vouloir voir que nous dans l'immense désordre du monde qu'ensuite nous avons , chaotiques, heureux et déchirés, parcouru.
Nous quittant nous rejoignant nous retrouvant là maintenant après tant de vies partagées, au bout du chemin ou elle m'arrive de si loin, combattante contre tant d'obstacle et contre le vent.
