mercredi 30 septembre 2026

Heureux comme Dieu en France.

 Terrible ambiguïté d'une expression qui selon toutes les sources linguistiues et historiques viendrait d'une affirmation péremptoire et sans doute teintée de romantisme mise en avant par les peuples du centre Europe, admiratifs sanss doute et par comparaison avec leur sort, des libertés offertes aux citoyens français et ceci . . . . dés le siècle XIX.

Proverbiale affirmation reprise en forme de titre de roman désabusé.

Pourtant s'y accrocher me paraît indispensable pour s'armer (intellectuellement) contre tous ces dits "libéraux" sans vergogne qui s'attaquent de plus en plus lâchement et frontalement à la fois à nos libertés et à nos privilèges de peuple évolué ayant grandi dans des luttes incessantes, peuple ayant acquis son indépendance par des batailles plus que rudes, sanglantes, contre ses oppresseurs, oppresseurs n'exibant que leur mépris, leurs supplices, tortures et mies à mort pour défendre leurs propres positions de pouvoir et gains exorbitants. Au point pour un noble gagné par le courage des Lumières, de préférer être décapité plutôt que de saluer une procession quand l'Eglise s'était montrée alliée des tyrans, bien avant ce qui allait suivre : la fameuse, l'unique, l'irremplaçable Révolution des "Hommes de la Liberté" dont parle si bien le décrié, non historien de profession au sens universitaire, Claude Manceron.

Et voilà qu'on s'apprête à nous élever sur la place de la République . . . en France ! en place du Génie de la Liberté, la plus grotesque représentation d'un homme à la tronçonneuse devenu parangon des bourreaux prêts à sacrifier tout un peuple, sa survie et son développement national, pour un point d'inflation gagné aux yeux et applaudissements des inquisiteurs de l'économie mondiale orthodoxe.

Extrême.

 Plaisir de retrouver mon Mas dingue.

Pas encore ravagé par la pluie diluvienne attendue dans tout l'arc méditerranéen et spécialement ici et pas vraiment ravagé par la sècheresse exceptionelle de cet été de canicule à répétitions ailleurs et prolongée sans interruption ici depuis l'avant printemps. Bien sûr les jeunes fruitiers non productifs car épuisés de chaleur et de pauvreté de leur nourriture dans cette terre de garrigue elle-même épuisée et qu'il aurait fallu, pour qu'ils survivent, perfuser. Trois jeunes cerisiers chétifs de moins et un abricotier juvénile séché sur pied. Moindre mal. Survivent les géants puissemmentenracinés, sa majesté le cèdre, grands pins, cyprès, oliviers, chênes verts encore verts, buissons adaptés et inépuisables car natifs.

J'aurai un regret infini à quitter ces lieux dont je m'éloigne trop régulièrement pour les tenir en vie encore longtemps vu les temps qui courent et mon état de rétablissement partiel après une cure de trois mois de nage quotidienne et de marche dans l'eau de la mer en chevauchée, genoux levés, en en pas de côté, en marche rapide et toutes sortes de postures et avancées destinées à remuscler cuissses, mollets  et fessiers pour ne plus tomber. Si tant est qu'on puisse se prémunir et tenter de prévoir quoi que ce soit puisque ce qui arrive est quasi toujours l'imprévu.

lundi 28 septembre 2026

A propos.

 Essayez de ne pas être hors de propos tel aurait pu être le verdict-conseil du modérateur dans bien des débats où intervient toujours le casse pied de service, contradicteur lui même à côté de la plaque ou troll avisé parfois.

C'est pourquoi malgré les apparences j'essaie sans relâche de revenir à mes moutons, de tenir mes promesses et de reprendre, malgré les apparences, le fil.

Ainsi le passage où chemin des mules déjà évoqué mérite bien un retour au territoire, au bercail et au propos tenus. Il mérite aussi que je vous rapporte une histoire que me racontait sur la plage entre deux "longueurs" ( entendre le parcours en crawl nagé en lenteur régulière et appuyée en poussant bras et jambes pieds et mains étirés sur au moins 200 mètres entre une plage privée et l'approche d'une digue dans l'eau encore tiède à 26 degrés) un ami vacancier parisien ayant passé sa vie active à résoudre des affaires litigieuses suscitées parfois par le développement et la gestion d'une grande compagnie.

Sur un terrain acheté par la firme non loin d'Ajaccio, une première construction destinée à devenir un entrepôt, des dégâts ressemblant à du vandalisme avaient servi d'avertissement avant que ne saute, dynamitée, la suite de la construction obstinément presque terminée. Enquête faite il s'avèra que dans la tradition locale ce long terrain qui une fois détruit le hangar projeté, aurait pu devenir, étant donnée la vue mer qu'on avait de là haut, un bon placement ou peut-être un astucieux et excellent investissement pour la construction d'un édifice touristique, hôtel où villa en forme de palais, était selon l'expression usitée par les autochtones maîtres de la tradition, ni plus ni moins que les chefs de village ou potentats du lieu, partout dans le monde où l'homme a implanté sa possession et affirmé l'existence d'un sens ôtant toute neutralité au sol, avait effectivement une destination intangible du moins quand elle s'opposait à une spoliation possible et organisée par un envahisseur. . . .

. . . en l'occurrence ici au sens le plus concret et historiquement attesté de " passage des mules".

Entrer.

 Dans la tête d'un homme tel qu'il est.

Je n'ai jamais ici prétendu, ni par calcul ou apprêt quelconque, faire ici autre chose qu'ouvrir cette fenêtre sur des images, mots, idées, illusions et discours traversant un passage généralement situé entre mes deux oreilles et bousculant quelquefois la sérénité de mon corps tout entier par pulsions imprévisibles.

Excusez donc l'apparente et peut être réelle confusion qu'introduisent ces jets de pierres, ces messages laconiques ou trop longs, jetés au hasard des moments libres d'une vie continuement en marche, en recherche et poursuivie en tension et en essai de lucidité.

BBMC.

 Tout a commencé quand j'ai découvert dans ses archives (il archivait tout à sa manière ne comptant pas que sur moi pour sauvegarder ses recherches et aussi laisser une trace de sa vie si vulnérable) un simple billet libellé au dos d'une carte postale non expédiée. Dio Darko Brac y avait écrit de sa main : "Bons baisers du messager cannibale". Cette parodie de thriller géo - politique ne lui ressemblait guère. Il était trop engagé dans son activité de recherche pour, malgré son ironie constante et le recul qu'il savait prendre, tomber dans l'artifice d'une plaisanterie facile à ce propos. Il était trop esthète pour ne pas avoir mis dans cette formule un deuxième ou troisième fond non perceptible à première lecture.

J'oubliais : la carte postale était une vue de Rio depuis le Corcovado centrée sur le Pain de Sucre, comme s'il avait voulu pourtant , malgré ses réticences habituelles, se ridiculiser, s'autoparodier de fait dans ses obsessions visuelles resurgentes.

samedi 26 septembre 2026

Suivi.

 Aucun suivi car ce n'est pas le moment. Tout est reporté à plus tard. Assailli de tours nouveaux et de toutes parts. Retomber sur ses pieds aussitôt que possible comme font de façon inattendue les chats les plus ordinaires ou les baleines joueuses ou amoureuses, ou les équilibristes humains dans ces cirques du souvenir ou du film incroyable autant que daté d'une enfance curieuse plus que conquise et emportée par ces prouesses physiques et ces équilibres en plein vol d'un trapèze à l'autre en maillot un peu trop sexy moulant étoilé d'or en paillettes.

Formule.

 J'adore celle de Ding Xiaoping ,  peu importe qu'un chat soit noir ou blanc pourvu qu'il attrape les souris.

Liberté.

 Principe de constante inégalité, indifférence, mépris et cruauté telles sont les nouvelles valeurs des classes montantes et bientôt ( croient elles, par identification, dominantes) quels que soient leurs intérêts réels faisant d'elles pour l'instant des dominés. 

Comment être à ce point aveugle et manipulé ? Trompé et hypnotisé ?

mardi 22 septembre 2026

Apex.

 Pointe, sommet en latin. Aussi bien la cime d'une montagne que le tortillon de laine pointant au sommet d'un bonnet ou d'un béret basque encore aujourd'hui. Et que j'aime ces changements d'échelle, entre mise au point du regard, grandiloquence et modestie devant l'infini !

En peinture ou en sculpture c'est un choix fluctuant, omniprésent, mis en perspective ou volontairement assumé, un choix déteminant déterminant.

Ainsi, ces oeuvres surréalistes à découvrir (photos, peintures) miniatures au fond dun creux, d'une grotte, d'une serrure de porte, chez quelques uns, Man Ray, Duchamp ou Dali.

Photos enchassées dans les porte-plumes de nos enfances.

Ainsi ce passage aux très grands formats dans la peinture de petits bonshommes issus de parentés entre Lam le cubain et Matta le chlien et surtout de son propre monde onirique, chez Gerardo Chavez le peintre péruvien de Trujillo. Il y découvre, face au spectateur fasciné, l'écran gigantesque où se jouent minuscules, devant ce décor monde, cette portion de cosmos, ces batailles de géants mythologiques.


vendredi 18 septembre 2026

Tournerie des drogueurs.

 Ai-je je assez rendu grâce à Toulouse ville de tous les apprentissages ?

J'ai déjà évoqué si souvent la rue et la droguerie des Tourneurs. Très inattendue tournure d'une petite rue située juste à côté de la si fréquentée place Esquirol. Autant de noms étonnants. Esquirol, soit écureuil en occitan est le nom d'un psychiatre avant gardiste remarquable dont on a enfin tardivement repris le patronyme pittoresque pour désigner un immense hôpital psychiatrique que j'ai fréquenté un temps . .  comme étudiant de philosophie à Toulouse ; plongée dans un vertigineux univers révélant. a contrario et en miroir les surprises enfouies sous notre quotidien et l'envers bien occulté des turpitudes banales, abus de pouvoir, détournement de biens, escroquerie en bande organisée, de la part de quelques pontes abrités par l'institution et aujourd'hui démasqués et disparus.

Sans parler de cette obscure affaire de la , jeu de mot tellement risqué que carré ment mortel , de la boîte installée dans la cave du magasin de droguerie, avec entrée totalement independante, dite fièrement Droguerie des Tourneurs où effectivement eu lieu le meurtre

mardi 15 septembre 2026

Rêve (comme dans un).

 Hier c'est incroyable ce qui nous est arrivé sur le vaste trottoir devant la copro.

En revenant de la plage et d'un séance de snorkeling durant laquelle je venais de découvrir les bordures violettes que les castagnoles bébés, nageant en bancs de juvéniles, sûrement la dernière portee de l'année, portent en liseré et ornement le long des nageoires et de leur queue bien fendue en deux lamelles, je découvre par ailleurs, arrivant chez moi, la femme d'un ami écroulée par terre sur la surface asphaltée juste avant de biper la porte pour entrer et elle a du mal a se relever malgré l'aide aussitôt offerte; donc elle se relève et tout aussitôt après sort de l'entrée de l'immeuble une dame corpulente et son chien japonais roux comme un petit renard, au museau pointu avec l'air indifférent, chien que je regarde avec curiosité, et aussitôt tout va très vite comme dans un film muet qu'il ne faut pas lâcher des yeux pour suivre les péripéties me voici en train de m'écrouler aussi sur le même trottoir.

Drôle de phrase et drôle de situation.

Tentative d'essai de compréhensions du phénomène. Je ne garantis rien.

Notre ami dit-elle a des chaussures neuves qui lui glissent un peu aux pieds. Voilà du concret.

Quant à moi je ne sais.

 Comme un réflexe immédiat et hors sens, un vertige doux et irrésistible. Et aussi peut être la facture à payer de la dépendance du long bain. La marche au soleil qui tape déjà et bien sûr le tragique méditerranéen du soleil de midi. Voir Camus qui n'apprecierait guère je pense mes allusions a l'Etranger et ce détournement cosmique. 

Mais plus sérieusement cette hécatombe urbaine mimetique de fin d'été aurait elle plus  opportunément une explication freudienne ou jungienne ? 

Bien sûr ce n'est pas tout.



lundi 7 septembre 2026

Candidats . . .

 . . . Tenez vous bien, à la présidence de la République française.

D'abord  combien ? 40 ou 30 ?

Combien sans aucun programme  ? Ou  juste de grands mots creux.

Bref, du jamais vu.

Les surenchère vont, ont déjà vidé,vider tout débat du seul souci dramatique et urgent :

comment survivre au milieu des injustices, absurdités, retards, mises en route de drames prévisibles, a l'énorme crash qui s'est approché de nous et croît : Incendies, tornades, inondations, augmentés de guerres, famines, épidémies, massacres ? Le nombre de candidats est proportionnel à la multiplication de nos incapacités a y faire face politiquement.

jeudi 3 septembre 2026

Date : 11 février 1842.

 A Saint Brieuc, Côtes du Nord devenues entre-temps Côtes d'Armor un homme s'avance au bord d'une plage un peu étroite et encaissée, l'eau n'est pas tiède mais glacée. Il avance lentement jusqu'aux genoux. Il a l'air a la fois pensif et concentré. Il plonge et nage lentement la brasse, puis plus vite, à fond, son visage baigne régulièrement dans l'eau puis affronte les vaguelettes pour, bouche ouverte, respirer. Il a l'habitude de venir nager dans cet eau a priori peu accueillante.

Mais cette fois il va un peu plus loin nettement plus loin, trop loin. Il ne s'arrête pas. Il résiste étonnamment mais au bout d'un moment disparaît sous la surface bien avant d'avoir atteint l'horizon.

Plus tard on dira qu'il a eu un terrible chagrin d'amour, que la vie l'a acculé au désespoir.

C'est lui faire injure.

Cet homme, Jules Lequier, philosophe chrétien a voulu tenter Dieu. Il n'a pas eu avec Pascal la sagesse de croire "quia absurdum". Il a eu le courage d'un expérimentateur plein d'espoir, de passion et de naïveté. 

Il voulait vérifier dans sa vie exaltée et posée décidément comme un sacrifice si un Dieu tout puissant pouvait nous laisser une part de liberté, de libre arbitre, d'initiative face au déterminisme scientifique qui en bon polytechnicien le fascinait ou si Dieu était insensible à nos douleurs et nos peines, à nos vies chargées de fragilité et de désir. Si nos vies prédéterminées n'obéissent qu'à la nécessité.

Quelque-chose de cette urgence et de cette inquiétude c'est transmis ensuite par Jean Grenier jusqu'à Albert Camus dont le père repose dans le carré militaire du cimetière de St Brieuc.

Que Dieu, s'il existe, pouvait il répondre ?

Bororos sont des araras (les).

 Vieille histoire entre missionnaires puis ethnologues cette affaire de peuple de la province du Mato Grosso au Brésil où les hommes passent des heures à se maquiller, à s'enduire le corps et à se coiffer de plumes pour ressembler à de grands aras rouges.

Pourquoi ? Se prennent ils réellement pour des oiseaux magnifiques et criards ?

C'est toute l'affaire de l'interprétation du totémisme recouvrant le préjugé colonial de "mentalité primitive" qui est en cause et que les petites expéditions de Lévi-Strauss dans la jungle accompagné de sa première extraordinaire épouse Dina Dreyfus va mettre à mal. Les Bororos, il suffit de les voir vivre, ont avant tout un sens de la classification comme Aristote quand il organise les êtres vivants à sa manière (Borges s'amusera bien de ces listes d'êtres vivants) et cela leur sert à tout organiser dans le rapport à la nature : ornements, aliments, plan et orientation du village, clans et échanges des femmes évitant la consanguinité, liens de parenté, lignages. interdiction de l'inceste, récits et mythes, interprétation des rêves.

Voilà ce que plus tard on appellera "french line" et du grand nom de structuralisme.