samedi 29 novembre 2025

Hola ! braves gens du monde entier.

Vous avez bien du mérite.

De supporter la lecture d'un truc aussi dispersé, épisodique, fait de fragments, de bribes, d'épanchements spasmodiques.

Car avouez que ça fait bosser ce truc, à tric et à trac, et ce n'est pas du décalquage, recopiage, coupé collé, pompé, démarquage, je ne plagie même pas mes anciens écrits, ça vient comme ça vient et si ça frôle parfois au hasard de trajets et tirs involontaires ou facétieux, certains astres du ciel littéraire, oh de loin ! très loin, par pur rappel d'anciennes passions ou d'anciennes études, ça ne prétend à rien qu'à la reconnaissance au passage de certaines terres inaccessibles et de certains maîtres d'une autre dimension . . . et c'est surtout pure sincérité immédiate.  

vendredi 28 novembre 2025

Supporter le chahut des événements précipités.

Tellement besoin de calme pourtant, de plages de repos hors temps qui court. 

Mais être pris dans le tourbillon des sphères dissociées du monde multiple ce peut être aussi une joie et une plénitude.

Je me souviens d'une chargée d'affaire d'origine Saint Louisienne qui avait remplacé son ambassadeur au pied levé après une crise ayant secoué les rapports Congo-Amérique qui avait amené son gouvernement à rappeler d'urgence l'ambassadeur en titre . . . et qui avait pris le temps de venir voir un spectacle où nous l'avions invitée au "centre culturel " "franco-zaîrois" " (doubles guillemets) . . . et qui, comme je m'étonnais et la remerciais de sa présence malgré son travail, m'avait à peine surpris en me disant qu'elle espérait de nouveau être affectée à la centrale de Washington auprès du Département d'État, parce qu'on s'y sentait comme si on y était plongé au milieu les bouleversements incessants et parfois brutaux du monde en train de se produire.

Toute vie,  travail et relations professionnelles est vouée y compris au plus intime, à ces secousses, ruptures, violences, désaccords parentaux de couple, de génération, d'intérêts, trahisons, désamour. Mais certains au lieu d'en être affectés ou affaiblis y puisent leur intense et quasi diabolique résistance. 

Là où se mettent en place les rouages de l'absurde sociétal.

. . . . constamment, affluent, le matin surtout, des souvenirs anciens, brins d'herbe desséchés ou encore verts quoique venus de loin.

Ainsi, pourquoi revois-je clairement maintenant en songe ce matin d'aujourd'hui, me racontant cela, au sortir du sommeil, et m'en souvenant en toute clarté alors que j l'avais totalement oubliée, cette scène ? mon cousin malin et observateur qui était dans la même classe que moi et qui du fait de sa position avait une bien meilleure vue de l'ensemble alors que personnellement je lui tournai le dos à cette perspective, dans cette classe qui se terminait par l'entrée en sixième au Lycée (dit "classique") ou faute de mieux,  au Collège (dit "moderne"), distinction terriblement élitiste ! pour certains élus de la prétendue méritocratie sélective et hiérarchisante, après un examen ressemblant déjà à un mini primo-concours de recrutement dans cette époque lointaine mais pas tellement, celle aussi où parallèlement ( pas d'échelle sociale sans violence) le maître nous convoquait sur l'estrade pour nous gratifier d'une gifle géante, assourdissante et déstabilisante, au point d'en faire tomber par terre ou contre le tuyau brûlant du poêle, les petiots que nous étions, parfois audacieusement insupportables et dignes des pires châtiments d'ailleurs conestés par les parents mais tout à fait acceptés par nous autres, rejetons adhérant au système, . . . me raconter ce qui se passait de totalement crapuleux, malgré cette sévérité implacable et affichée en acte, dans les coulisses de la classe, processus  que j'avais pour ma part en partie oublié.

Car les bons élèves étaient au premier rang, évidemment

pour qu'ils profitent au maximum des leçons et exercices, récitations, calcul, dictée, commentaire de compréhension du texte ou grammatical, etc . . .

Au fond de la classe une tradition assez laxiste avait laissé s'installer les cancres ou réputés tels, souvent je l'ai noté dans la vie réelle et courante qui a suivi, les plus astucieux et adaptés aux situations pénibles ou contraignantes, qui de toutes façons n'auraient guère profité des cours dont ils saisissaient peu l'intérêt et avaient ainsi, au moins, un peu de liberté pour moins s'ennuyer, bavarder, rire sous cape, déclencher parfois de grosses blagues, tout au fond de cette salle, sur les bancs et devant les tables les plus artistiquement ornés de graffiti à l'encre violette et sculptés à la pointe du compas nécessaire à la géométrie élémentaire ou même au couteau de poche spécialement recommandé parmi les plus émancipés d'une instruction il est vrai assez primaire dans le sens péjoratif. 

Dans cette configuration spatiale hautement différenciée du terrain scolaire, bons, mauvais, moyens situés dans la masse intermédiaire, au milieu peu vivant de la pièce, circulaient les nouvelles.

Blagues écrites maladroitement ou dessins à la plume sur tout petit papier plié plusieurs fois arrivant du fond et . . . dans l'autre sens, énoncés et conçus en première ligne du front et parcourant les rangs séparés par une allée de circulation au milieu, jusqu'à la place la plus éloignée du maître, la ou parfois les solutions du problème où circulaient des trains roulant à diverses vitesses et parfois divers sens, ou aussi, plus immobiles en apparence, des bassins d'eau qui se remplissaient ou se vidaient par fractions insupportables (beaucoup trop complexes pour être vraisemblables) avec une toujours introuvable mais calculable précision mathématique.

Cerise sur le gateau mon cousin m'avouait que lui au fond attendait avec impatience pour voir de quel côté de l'allée du milieu de la classe, la solution arriverait le plus vite, de la gauche ou dd la droite, élaborée par les condamnés au banc de première ligne, souvent des fils d'enseignants dont j'étais à gauche) privilège non de caste mais de corporation et transmission inégalitaire, quant à lui, gentil soutien de la tribu, il était fier quand la réponse arrivait du côté gauche de la classe où je siégeais en roitelet.

Pépite dans le noyau  [parenthèse : vous savez ce qu'il y a dans le noyau de cerise qu'il vaut mieux ne pas croquer ? . . . si vous cherchez vous verrez que ça rend ma comparaison, ma métaphore boiteuse ou inappropriée, à moins que là ne soit déjà le poison du népotisme républicain] c'est là que tout se joue, beaucoup plus tard, pour moi . . . c'est grâce au frère de ce rival du primaire, lui aussi habile calculateur et devenu en tant que VSN (volontaire du service national dispensé de service militaire par une mise à disposition de ses talents pour une mission lointaine) devenu ingénieur nucléaire au Brésil, que j'ai pu faire rentrer mes affaires importées à Rio par erreur et par méconnaissance de la part des instances maître d'oeuvres et supposées tenues au courant des nouvelles directives de coopération locales . . . Le rapport ? aucun ! le hasard, le hasard je vous dis.

* [ ici le lecteur lisant au hasard sans suivre le cours de cette histoire absolument invraisemblable et décousue mais vraie, devra se reporter à un autre chapitre antérieur / cependant le lecteur le plus agile, non déconcerté par ces détours, aura déjà saisi le fonctionnement du truc en tant que récit . . . tout à fait fondé en réalité, donc, en arrière plan et support, l'immense machinerie du monde lui-même faite de ces "coïncidences", rencontres, hasards].

De fait, c'est là, loin de l'école primaire, à Rio, que j'ai pris goût aux arcanes, aux détours,  et aux étranges affaires du ministère du même nom, un vrai résumé du miroir du monde et de son absurde fonctionnement que certains voudraient voir et expliquer comme s'il était rationnel. 

Rocambolesques erreurs, savantes tactiques et stratégies fondées sur des renseignements dépassés, lenteur des réactions, ambiance totalement "décalée" rendant parfaitement compte de l'univers qui est le notre, croyant coller au réel et toujours à côté, en porte à faux de nos désirs et croyances.


jeudi 27 novembre 2025

Mise en garde.

 Elle est toujours à double tranchant dans la mesure où une opération de protection; par exemple quand on nous dit "réarmez-vous", créez une armée européenne, peut vouloir être aussi, ou du moins peut apparaitre comme une menace sur notre quiétude et notre bien-être devenus tout à coup au regard de ces injonctions attitude d'irresponsables

Ainsi cette idée de rétablissement du service militaire (peu à peu et hypocritement rendu) obligatoire est-elle violemment agressive bien que approuvée par dit-on une majorité dans nos frileux et raffinés pays de vieille Europe. Je suppose en effet que les adultes rassis et les vieillards qui ont fait toutes les guerres seront toujours d'accord pour sacrifier la génération suivante.

Qu'il ne faille pas être dupe, qu'il faille savoir se défendre, d'accord, que notre puissance nucléaire ne soit pas un parapluie suffisant, qu'il soit nécessaire aussi de détenir des armes intermédiaires et une ferme volonté de combattre au cas où nous serions attaqués . . . oui.

Cependant, cependant.

Que voilà comme dans tous les autres domaines une belle reculade, un retour en arrière dans le temps. 

La fleur au fusil bande de zouaves ? Nationalistes et nouveaux européens glorieux.

Personne ne va me faire croire que c'est un pas décisif en avant de repartir dans des économies de guerre, de sacrifier tout à l'armement quand le bien être que nous avions forgé, le bien vivre conquis, envié, modèle, vont devoir céder devant la pression humaine belliqueuse utilisée pour l'engraissement sans limite des investisseurs. La transformation des services en centres de profit, détruire l'école gratuite de la république, démanteler le système de santé et de mutualité performant et ouvert à tous, refuser à la justice et à la police de plus en plus empêchées et affaiblies, formation, exigence, et moyens voilà les nouveaux horizons qui devraient nous enthousiasmer.

A moins que l'objectif nouveau ne soit, mais il est déjà affiché : compétition, élimination des faibles, travailler plus pour gagner moins, consacrer sa vie aux pures valeurs matérielles les yeux rivés sur les prix et les fabuleuses promos, appeler culture la bouillie distractive produite industriellement,  et n'oublions pas, essentiel, sacrifier sur le champ de bataille nos enfants, 


mercredi 26 novembre 2025

GCN (de pour ainsi dire par défi : Grand) "Charroi de Nîmes'.

725
Il s'agit d'une allusion risquée et peut-être mal venue aux yeux de certains à une  chanson de geste écrite au XIIe siècle, et très fameuse à l'époque, par qui on ne sait, dans laquelle Guillaume le seigneur héros réussit par une ruse digne des Grecs à chasser les musulmans ou plutôt on disait à l'époque les "Sarrasins" de Nîmes
Car Nîmes comme Narbonne, était à partir de 725, depuis la deuxième incursion sarrasine, partie du royaume d'Espagne dit El Andalus jusqu'en 734 où arrive le fameux et que personne n'a oublié, Charles Martel, celui de Poitiers en 732, lequel en profite pour détruire quelques antiques forteresses occupées par les musulmans et au passage au grand dam des Nîmois qui aujourd'hui encore le détestent, endommager les arènes de Nîmes devenues pour quelques temps chateau fort depuis les Wisigoths. 
Mais l'important n'est pas là.
L'important c'est comment eut lieu ce grand charroi ?
Ce fut l'entrée de 100 charriots chargés de barriques qui devaient contenir pour les offrir ou les vendre toutes sortes de trésors rares, vivres, tissus, bijoux, et de fait en partie remplies de 1.000 soldats en armes qui reprirent aussitôt la ville la rendant aux chrétiens.

On reconnaîtra là un imaginaire mêlé au réel, le méchant musulman contre lequel il est urgent de lutter, invasif et selon les chroniques plus ou moins militarisé et cruel ou poète tolérant, qui hanta le moyen-Age et a repris vie dans nos circonstances actuelles d'immigration.
En ce qui me concerne, ayant fréquenté l'hospitalité tunisienne ou marocaine, je me contenterai donc d'indiquer qu'en partance prochaine - mais encore lointaine bien que programmée - je gagnerai sans problème d'humeur ou de répulsion des rivages de notre beau pays où ennemis encore plus héréditaires qu'avec les chrétiens, juifs et musulmans sont maintenant établis en nombre depuis longtemps par notre volonté post-coloniale ( de Vallauris à Golfe Juan, Juan les Pins ou Antibes et Nice ) mais avec cette impression de vivre à moi tout seul et sans l'aide d'une armée, 
un sacré grand charroi à l'envers;
avec mes charriots et coffres, mallettes et malles remplis des résidus et échantillons choisis de mes rêves; combien de voyages vais-je devoir faire pour ce 
charroi
plein de livres, de tissus, revues, de pierres brutes et masques . . . de souvenirs de mes incursions en terres étrangères.

Temps.

 Cette impression toujours d'un temps infini devant moi alors que je sais pertinemment le contraire par simple expérience du jour qui tourne à ma fenêtre des oiseaux et des écureuils qui s'agitent surtout le matin, de ces soirs d'approche de l'hiver où les rayons passent enfin sous les nuages et de ces milieux du jour où le soleil est déjà si bas. 

La mort au bout, il faut m'y faire et ces forces qui déclinent, cette résistance à l'effort amenuisée chaque jour me le disent. Oserais-je un "m'en fous la mort !" à la conducteur de bus haïtien ? pas question. Observer la bête et ce qui se passe.

Sûrement pas aussi fort qu'un chauffeur de bus haïtien ou même péruvien sur une route longeant des gorges, jamais à ce point audacieux, ni bravache.

Quand on me montre ces dirigeants de la Chine et de la Russie qui sont, dit-on, enregistrés, parlant de l'immortalité, ça ne m'étonne pas. C'est comme moi. . . . sauf que moi je ne rêve ni de conquérir le monde ni de ne pas mourir. La tentation est naturelle, se croire indispensable au paysage, pourquoi arrêter ? Je ne dirai pas non plus qu'il le faut (mourir). Mais en un sens, il le faut bien puisque nous ne pouvons pas mieux et que déjà nous sommes trop nombreux à répéter comme des clones, comme des automates, les espoirs, les erreurs, les gestes et les pensées folles de nos aïeux. A quoi bon multiplier ces exemples tous différents mais si comparables et ayant déjà démontré que la race ne s'améliore guère ?

La tragédie de l'histoire.

 Si Hegel en 1807, comme Kant, partisan de cette vision encore religieuse et incontestablement romantique selon laquelle l'histoire réalise "un plan caché de la nature" (Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique, 1784) il a au moins le mérite de la voir comme une tragédie des peuples qui s'incarnent  dans les "héros" que nous sommes tous et spécialement, très spécialement en certains individus, "héros de l'histoire mondiale".

Nous aurions aujourd'hui tendance à rejeter tout en bloc, sauf cette idée que la civilisation tourne autour de la terre d'est en ouest, de ces visions globalisantes et péremptoires. Nous aurions tendance à ne voir l'espèce humaine que comme destructrice globale de l'ordre naturel plutôt qu' "esprit du monde" orienté par la conscience et la liberté.

Quant à nos "grands hommes", ne sont-ils pas en un sens et pour reprendre le fil d'une projection métaphorique religieuse, l'incarnation de cette diabolique destruction, accumulant les traits du mal à la racine : orgueil ou vanité, égoïsme, mus par l'intérêt privé ou étroitement national passant par la domination des autres peuples, recours à l'écrasement et à l'annihilation comme avancée ?