Tout a commencé quand j'ai découvert dans ses archives (il archivait tout à sa manière ne comptant pas que sur moi pour sauvegarder ses recherches et aussi laisser une trace de sa vie si vulnérable) un simple billet libellé au dos d'une carte postale non expédiée. Dio Darko Brac y avait écrit de sa main : "Bons baisers du messager cannibale". Cette parodie de thriller géo - politique ne lui ressemblait guère. Il était trop engagé dans son activité de recherche pour, malgré son ironie constante et le recul qu'il savait prendre, tomber dans l'artifice d'une plaisanterie facile à ce propos. Il était trop esthète pour ne pas avoir mis dans cette formule un deuxième ou troisième fond non perceptible à première lecture.
J'oubliais : la carte postale était une vue de Rio depuis le Corcovado centrée sur le Pain de Sucre, comme s'il avait voulu pourtant , malgré ses réticences habituelles, se ridiculiser, s'autoparodier de fait dans ses obsessions visuelles resurgentes.
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