mardi 30 décembre 2025

Choix.

Elaguer, 

scier des branches, 
peu à peu, non pas garder les troncs
garder ce qui a des chances de repousser
dans cette forêt envahie par les broussailles
ou des plans originaires ont été peu à peu envahis
par des intérêts multiples nés de rencontres et hasards;
renouer avec les découvertes sur ce fond ramené peut-être à 
cinq ou six-cents livres qui vont devoir affronter l'approche de la mer

dimanche 28 décembre 2025

Affaires étrangères.

 Or donc . . . voilà une belle affaire . . . va-t-il, ce thuriféraire de la franchouillardise, nous faire l'apologie du système D , " d " comme la plus douce, débile et diabolique débrouillardise ?

Je dois bien l'avouer : presque.

Finalement l'une des choses que j'ai pu aimer dans ma longue traversée du Tiers Monde ça été ça : l'art de réussir sans les moyens.

Donc l'art d'inventer des solutions non classiques, non orthodoxes et fondées sur une pratique non théorisée, sans plan, sans calcul, creusée et coulée en acte né de l'intuition presque immédiate même si fondée parfois sur une longue expérience dans le domaine propre, ou parfois dans un domaine voisin, transposé par analogie.

Infini variétés d'exemples. Réparer des téléphones en récup de pièces ou parties de matériaux défectueux et en une sorte de greffe d'organes, ce que lentement nos sociétés pléthoriques sont en train de redécouvrir et de se mettre à pratiquer officiellement, refaire les sièges défoncés d'une voiture avec un autre tissu et d'autres tendeurs et rembourrages, travail de couturière et bourreliers, professions disparues de nos rues, transformer un tiroir en instrument de musique, jeu d'enfant, et même dans une société anté ou pré - Tiers Monde, mimer l'écriture pour s'approprier les pouvoirs de l'ethnologue venu du monde évolué dominant ( voir Lévi-Strauss).

A mon niveau de sauvagerie mal mimée et moins débrouillarde : faire appel à un parent de coopérant inconnus de moi et antiquaire très connu pour résoudre le mystère de l'incunable (né de l'imprimerie encore au berceau) offert à Senghor pour ses 70 ans et pouvoir rassurer l'ambassadeur qui l'offrait sur son authenticité sur une série de simples coups de fil et passer pour un presque incroyable érudit à peu de frais. Ou devenir un spécialiste de jeu de fronton au Pérou ce qui me permettait en pratiquant un sport très typiquement populaire et petit bourgeois de devenir l'ami d'un ancien ministre m'introduisant, à un tout autre niveau, au très fermé club de surf  hawaïen de la capitale donnant accès à une merveilleuse piscine, surtout à des membres du gratin local et secondairement à un club privé situé à quelques kilomètres de là et toujours hors des brumes de Lima, vrai autre monde, à une constante exposition au soleil, et ce n' est pas tout . . . à une maison en location possédant sur son parking son propre fronton. Sans parler de nos échappées en Amazonie pour y créer un nouveau siège de nos alliances.

Quant aux relations et navigations personnelles à la fois assez risquées, sincères et engagées, à coup sûr hors piste et bien sûr extra-fonctions officielles, que j'ai pu entamer, relations qui ont pu me permettre de suivre un chemin bénéfique pour  la communauté et l'institution, j'aurai quelques scrupules à en dire trop, sauf ceci, en l'occurrence, mes engagements politiques et mon amour pour le théâtre presque autant que pour la peinture et les peintres ont pu m'aider à y voir clair et à court circuiter quelques démarches officielles inutiles ou nuisibles.

Autant dire aussi la pure vérité, mes études et ma formation ne m'avaient nullement préparé aux fonctions d'administration et de relations que j'étais amené à exercer en petit soldat bombardé et largué.

Affaire(s).

Quelle que soit l'affaire il y a de nombreux points communs entre elles, surtout quand c'est en terrain épineux ou au moins problématique. Une affaire c'est toujours un nœud gordien même si vu de loin on peut penser que c'est facile comme de faire glisser un nœud coulant. Car il y a toujours les si fameux embrouillaminis qui se produisent ne serait-ce que à cause des barbillons de la ficelle ou de la corde qui se désenroule et se désentortille ou freine et renâcle en s'arcboutant sur elle-même alors que son tressage ou sa torsion auraient dû tenir le coup et filer doux comme enduits de savon comme il était prévu.

Bien sûr on peut jouer les Alexandre et trancher (je me souviens avoir écrit, arrivant au Brésil, un long texte où le héros, Alexis Alexandre A. , découvrait l'incroyable capharnaüm que forme, en dépit de toute tentative de représentation cohérente, la ville de Rio et la fascination qu'elle a pu exercer sur quelque génies dotés de ce que Pascal appelle " l 'esprit de géométrie ",  dont Niemeyer, l'architecte de Brasilia ou, dés 1929 sur Le Corbusier revenant d'un voyage en Argentine.

Mais il y a très peu de cas où on peut se le permettre. Généralement en voulant au contraire dévider le fil, défaire le nœud sans vraiment comprendre, au lieu de trancher, on en fait d'autres, parfois, aussi bizarre que ça puisse paraître en tirant sur le fil on brode et sur-noue, c'est ainsi que les affaires restent non seulement irrésolues mais insolubles et inextricablement closes au sens non pas de résolues mais bloquées en nœud fatal. Le hasard des rencontres, événements non envisagés ou répertoriés, circonstances multiples, éléments primitifs et superposés, obsessions des chercheurs et modes opératoires parmi les analystes, font que tout devient obscur pour le chercheur qui débarque, l'architecte ou l'urbaniste et accessoirement le policier . . . . 

Pour faire court et clair disons que c'est exactement (aussi) la position du diplomate. . . . qui débarque en poste et en pays et milieu en principe inconnus où il doit reprendre là où son (quelquefois de multiples) prédécesseur(s), ont laissé en suspens, sans qu'on sache à quel niveau réel de la crise - car les fins de mission sont programmées à l'avance à quelques jours prêt, inamovibles, indépendamment de l'avancée et de la résolution des conflits ou mauvais pas ou situations en porte à faux subsistantes - de nombreuses . . . affaires.

Voilà le point, et rien des résultats à attendre n'est prévisible, du moins à notre échelle où nous ne percevons (de même que nous ne percevons que des portions restreintes du spectre des sons, des couleurs) que des fragments du problème tel qu'il a l'air, peut-être l'air seulement, de se présenter à nous . . . et c'est là qu'intervient la nécessaire et perpétuelle improvisation. 

O jeito à la brésilienne. C'est là que je voulais en venir.

Voilà la découverte, 

déjà connue certes depuis, dans, pendant et en vraie règle du jeu des, les cours de récréation et même comme je l'expliquais il y a peu dans cette société en miniature qu'est déjà une salle de classe, dés la maternelle. Sous la démarche rationnelle se tient un cheminement incorrect, raccourci illégal, sentier hasardeux mais quelquefois nettement plus court et efficace, qui permet d'atteindre le but trop éloigné par les voies prescrites officiellement. Oui, ça je le savais déjà depuis longtemps mais on n'avait eu de cesse, d'autant que j'avais des parents enseignants et vertueux, assez à cheval sur les principes, que de m'inculquer comme on graverait dans la chair, comme on sculpterait le geste, des conduites et des propos droitement inspirés du modèle idéal de nos sociétés civilisées et dominantes : 

Vision cartésienne et jules-ferryenne du monde.

Alors qu'au dessous ou au travers de cette représentation du monde géométrique se voulant universelle, fonctionne une autre logique de l'efficience à peine tenue secrète par nos penseurs et nos maîtres, une logique à demi sauvage comme on parle de "pensée sauvage".

Attendez ! Attendez ! je n'ai que trop d'exemples de ça mais pour l'instant je dois aller faire prendre le feu que j'ai préparé dans la cheminée avec quelques bûches de chêne et de thuya coupées sur mon territoire.

vendredi 26 décembre 2025

Chats.

 Je vous souhaite (je fais des voeux en avance pour vous griller) beaucoup de chats.

Pourquoi ? parce que le chat est devenu le must passant de loin devant le chien;

mais par pitié ne les promenez pas en laisse. Foutez-leur un peu la paix. C'est devenu tendance de promener de très beaux persans ou main coon ou autres mais ils ont vraiment l'air, ces chats modèles de sagesse en balade involontaire de se demander si l'humain tourne rond.


raconter, raconter.

mais pourquoi ?

autant radoter ?

conter et ra-conter c'est re-mémorer, éviter que ça se perde, pour moi d'abord sinon ça deviendrait flou, mou, liquide, soluble, estompé, occulté, mort, oui lutter contre cela, mais aussi pour vous, et pour les autres, voir si ça continue à re-lier, à communiquer, on dit échanger aujourd'hui, comme on dit échanger des informations, des coups, des mots, des impressions, des SMS, bref des particules chargées de plein de trucs en fait indicibles mais transmissibles ou parfois, pointus, orientés, blessants, aidants, clairs, éclairants ou creux et répétitifs . . . selon le flot comme il va . . .

le croiriez-vous? nous ne sommes pas seuls à le faire et en particulier les oiseaux traversant le ciel le font sans cesse, ils se racontent plein de choses, ils ne cessent d'être communiquants et parlants, . . . 

c'est peut-être ça le modèle, voguer ensemble et pousser des cris comme les étourneaux en nuages virevoltant en formations spectaculaires que nous sommes ou les engoulevents; ou les oies.


Pilon brésilien.

 Quand je suis arrivé au Sénégal j'ai déclenché une crise de rire des déménageurs.

Quoi ce déménagement plein de petits trésors, dont un très vieux rouet dit roue tyrolienne, contenait aussi un pilon à manioc venu d'Amérique . . . à importer, ports et douanes passés, en Afrique ! C'était parfaitement absurde et le monde à l'envers.

Les deux grands gaillards accoutumés à déballer délicatement mes pièces rares n'en pouvaient plus de surprise et de rire. Et c'était lourd cet engin en bois sombre reposant dans un grand mortier rectangulaire dont le creux en forme de bol ne se formait qu'à l'intérieur de très épaisses parois; au bout d'un petit moment ça ne faisait plus tellement rire. Cet engin avait un poids d'histoire humaine et d'antiquité qui avait franchi deux fois l'océan, lors de la "traite des nègres" comme mode de vie des africains réduits en esclavage et nourris de manioc puis en quelque sorte "rapatrié" sous une forme un peu différente, dans un autre bois encore plus lourd, aux racines du mal. Tout proche de Gorée, l'île d'exportation de la main d'oeuvre.

ennui (l' . . . . avec les romans).

Ne me faites pas dire que je n'aime pas les romans, j'en lis des tonnes toujours avec le même plaisir d'exploration-découverte même si dans ce champ d'action je n'arrive pas à la cheville de certains comme Saint AF ou François Bon ou tant d'autres moins inspirés et dont ce peut être la profession critique.

Cependant, arrive toujours un moment où je m'ennuie et je dois alors sauter à pieds joints.

Je ne suis pas un bon lecteur de roman, si j'y réfléchis bien.

Car écrire un roman c'est presque toujours, même quand ce n'est pas une histoire téléphonée dont on perçoit depuis longtemps le déroulement et même la fin, c'est toujours étirer le scénario de telle sorte qu'il n'y ait pas d'équivoque ou de telle sorte qu'on s'endorme un peu dans l'évidence douillette d'une description accessible de faits ou états d'âmes connus même s'ls prétendent être en quelque manière inattendus ou au moins originaux bref, c'est accompagner le lecteur en le tenant par la main comme un trop benêt pour y aller seul à la découverte.

Bref bref, ça gagnerait souvent à être raccourci, interrompu, concentré, lancé, jeté, distribué à la volée en perdant de ces pages qui font trop souvent le poids et la longueur du "bon" roman. Vous suivez ? et c'est sans doute cette constante insatisfaction et impatience qui m'a conduit à écrire des bribes, des copaux, des rognures, de petits tableaux plutôt que des fresques.

Pleutre . . .

 décidément est une injure que j'affectionne.

mercredi 24 décembre 2025

Europe.

 Qu'est-ce que l'Europe ?

Ce que Trump déteste le plus puisqu'il 'ne peut rien en comprendre.

Question (posez votre).

Les champions crétins (parmi les) du net vous envoient des messages-placards recouvrant au moins deux tiers de l'écran, de telle façon que vous ne puissiez rien lire ni chercher ni juste préciser, sur lesquels ils écrivent : "posez votre question" ou "l'article est réservé aux abonnés, quand ce n'est pas "Amélie peut vous aider". Quand comprendront-ils qu'à trop aider on tue et provoque la fuite avec ressentiment et que même pour un seul Euro à chaque fois comme taxe des non abonnés on va trouver mieux à faire ailleurs et plus loin ?

C de café vital et miracle.

Pas besoin d'aller au café Procope ou en Ethiopie ou au Yémen.

Partout on peut boire du café plus ou moins serré ou allongé, italien ou américain. Un café qui dit-on répandit les Lumières en Europe et vit la naissance des linéaments de l' Encyclopédie.

Perso, pur descendant des accros et fanatiques du breuvage abyssin, je n'aurais rien réalisé sans café. Mes esprits lymphatiques seraient restés inertes, paralysées, englués de vapeurs me laissant sur le carreau, incoordonné, fatigué au réveil, sans ce puissant concentrateur d'énergie cérébrale.

Un jour à Paris n'ayant eu le temps que de sauter dans le métro à la station Mutualité, je suis arrivé à l'heure à mes rendez-vous rue Oudinot (là où le fronton du bâtiment est encore marqué historiquement "Ministère des colonies") et rue Monsieur où se trouvaient la plupart de mes interlocuteurs en coopération, pour obtenir, selon les besoins que j'estimais, au moins le minimum nécessaire pour maintenir une action significative dans  les postes traditionnels et ceux que nous venions d'ouvrir dans l'immense Congo alors Zaïre,  et je sentais bien que malgré le bon vouloir, l'amabilité de façade, les encouragements de ces chefs de bureaux, je n'obtenais que des miettes.

Je dis à l'un de ces décideurs arcbouté sur sa manne, c'était un ancien prof de lettres devenu bureaucrate, compréhensif, amical, nous avions souvent déjeuné ensemble dans l'un des petits bistrots du quartier :

- Ce matin j'étais en retard au lever après une soirée dans un théâtre de poche où j'espérais recruter une troupe de jeunes comédiens pour une tournée dans nos centres, je n'ai pas eu le temps de prendre ma tasse ou mon bol de café ou au moins mon double espresso. Allons prendre un petit café avec toute l'équipe attribution de livres, spectacles, crédits films, gestionnaires des bâtiments, éventuelle ouverture de nouveaux postes, subventions à des initiatives locales, bourses, invitations, nouveaux projets, etc . . . .

Voilà toute la petite troupe qui me suit et nous nous installons derrière la vitre d'un proche troquet.

L'ambiance était bonne et chacun y allait de son œil critique, de son sobriquet. c'était relativement tôt le matin mais pourtant, un peu ivres d'échapper au confinement des méchants bureaux où chacun était reclus, assis toute l'année à voir passer tant de "missionnaires" quémandeurs expédiés aux quatre coins de l'Afrique les considérant comme simples gestionnaires pourvoyeurs, après avoir ri et m'avoir traité de "diva" ils se décidèrent à m'accorder exceptionnellement, sans restrictions, ce que je demandais. Y compris la prise en charge d'une tournée théâtrale et de diverses expériences avec l'Institut national des arts de Kin.

Inutile de dire que pour mettre en place l'expo Zaïre en France, plus tard, ce ne serait pas aussi simple que de boire un kawa. 


mardi 23 décembre 2025

Pays où jamais il ne pleut (Au).

Sauf en hivernage.

Quand on m'a nommé au Sénégal, je me souviens, c'était assez agréable et facile. Ce ciel toujours bleu, ces gens souvent grands, élancés, souvent beaux et souriants, longs boubous, turbans sur la tête pour les femmes,  bras levés pour tenir une charge, enfant dans le dos endormi, qui parlaient un français un peu haché mais remarquable jusque dans les couches sociales les moins favorisées mais qui avaient été partiellement scolarisées du temps de Senghor le poète grammairien. Et ils adoraient plaisanter sur leur négritude à partir d'un certain niveau de formation, et s'amusaient même à nous traiter en peuple inférieur qui ne savait pas vivre autrement qu'avec des soucis ridiculement mesquins.

Et donc cet océan poissonneux, baignable toute l'année, avec des plages immenses proches et désertes, un approvisionnement des marchés en produits de toutes sortes, aux senteurs appétissantes présentés  par des vendeuse et vendeurs parés en couleurs éclatantes en tissus noblement noués et portés.

Seul le dit "hivernage", terme militaire conservé avec une certaine ironie et désignant la saison des pluies, le cœur de l'été, où les pluies diluviennes faisaient tout à coup apparaître, la saleté, la boue, le manque d'hygiène, la pauvreté, les odeurs fétides des égouts ou de leur absence, les feuilles des baobabs et les cèpes géants poussant dessous. Les gamins réclamaient quatre sous après avoir poussé les voitures enlisées jusqu'en centre ville; c'est alors que l'ossature d'un pays pauvre voué aux cultures industrielles et  aux migrations des pays voisins encore plus déshérités apparaissaient. Le décalage avec l'Europe était si flagrant, dés qu'on sortait par quelque piste autour de Dakar qu'on pouvait facilement imaginer déjà les flots de pirogues transportant vers l'eldorado les assoiffés de liberté et d'égalité, faute de vraie fraternité.

Pluie(s).

 Rien de plus beau que cette pluie fine, droite, sans vent qui la dérange de sa verticalité et de la position de ses gouttes nettement espacées, sous le soleil oblique, éclairant chaque perle transparente, bien quil y ait beaucoup d'autres formes de pluies, plus fines encore ou tombant en cascades et en torrents sur le pied du Pain de Sucre où nous avons découvert, ahuris, d'un côté d'abord, puis de l'autre, la vraie nature tropicale.

Net Pass.

Bien, alors voilà, je cherchais un titre pour le petit carton assez resserré dans lequel j'ai essayé de compacter mes documents d'archives impossibles à réduire davantage en prévision du grand charroi. Tentatives de collages (dessins et photos) ramenées de notre séjour au Brésil il y a plus de cinquante ans, jamais montrés, vieilles cartes de divers pays,

et ces assez grands dessins jamais publiés (à vrai dire une vraie bande dessinée) que Dare Darko Brač m'avait donnés en photocopie,

et aussi quelques petits résidus de fatras de tentatives de romans que je n'ai envoyés qu'à quelques rares "grands" éditeurs qui n'ont été lus qu'en courant et en sautant par dessus, par des lecteurs professionnels bien trop assaillis de manuscrits et qui du fait que je coupais mon texte (déjà) en espaces courts et souvent interrompus ont cru que je ne faisais qu'imiter les cut up de Burroughs sans en comprendre le maniement et même que ma traversée de Rio, énorme ville étalée valant continent aux multiples climats puis d'une portion de Brésil se rapportait à l'Amérique du Nord, sale boulot mais je leur pardonne, j'ai toujours été inachevé ou inabouti et illisible ou alors énigmatique (ce que je préfère à tout prendre),

et puis plein de petits bouts d'autres passages par ci par là, déclencheurs de souvenirs flash;

je ne sais pas comment, mais je cherchais un titre court, et m'est venu :

NET PASS dans la mesure où je compte bien lancer à partir de là quelques interventions sur blog ou autres.

Et par scrupule je cherche quand même me disant qu'un truc si simple si court a dû déjà servir et je tombe sur un machin NITINDO auquel je ne comprends rien et n'essaie pas d'ailleurs vraiment, n'ayant aucune intention de jouer à n'importe quoi en marchant dans la rue, car j'ai évidemment mes propres jeux que personne ne me dicte . . . .  (orgueil et prétention sont en blason permanent à mes armoiries), mais ce piratage à l'envers et seulement du titre me convient et je l'inscris sur le petit carton à emporter, Dieu sait où.

dimanche 21 décembre 2025

Photos de famille ratées ou pas.

Bien sûr replongé à ces stocks de photos conservées dans l'espoir de les identifier, de les classer et toujours enfermées dans ces albums sans légendes ou dans ces très anciennes boîtes de fer blanc à peine cabossées et rouillées.

Bien des choses (scènes, groupes) incompréhensibles (devenues) ou de portraits non datés ou sans légende, mystérieux.

Deux choses cependant claires : mon père en militaire sortant de l'école normale ou un peu plus tard se marrant tellement mais avec un soupçon perceptible d'inquiétude, avec son groupe d'appelés découvrant avec joie l'art de la farce de chambrée et du portrait collectif (avec deux amis passionnés de photo comme lui).

Le père et la mère de ma compagne la tenant bébé dans leurs bras, elle attentive à l'objectif et eux successivement, l'un et l'autre en portraits séparés dans la même posture, la serrant sur leurs genoux et la regardant tête tellement baissée, sans visage, rendus invisibles pour le photographe et le spectateur, comme gommés du portrait centré sur l'enfant, que personne ou presque n'aurait pu, sauf par la silhouette et la couleur des cheveux, les reconnaître.

Quelle image laissons-nous vues rétrospectivement ? 

Comment savoir quand on est jeune et fringant, pas spécialement tendre pourtant avec les dirigeants de l'époque et même militant opposant que la guerre va arriver (de nouveau en 40 après ces générations disparues 70, 14 et bien avant tout au long de l'histoire ?  

Comment savoir que l'un des deux parents attentifs au bébé va disparaître réellement à la fleur de l'âge et que le bébé (fille) va connaître lui aussi beaucoup plus tard la disparition brutale de son compagnon et premier amour ?

Bien sûr je ne vais pas vous faire un film américain larmoyant et peut-être poignant où, remontant le temps en alignant et juxtaposant mes photos de famille quand on imagine ce qui aurait pu autrement avoir lieu ou pas. Ces regrets et courtes méditations sur le passé qui aurait pu ne pas être tel ne sont pas du tout mon fort.

Une histoire que racontait ma mère.

 A propos de lointains cousins assez riches et radins max.

L'histoire du savon en petites caisses qui séchait au grenier. parce que, selon les traditions de la bonne économie domestique il s'usait moins vite lors des lessives faites à la main.

De l'avantage de déménager .

C'est un peu comme hériter de soi-même, de ses vies antérieures. refaire un bilan. Mettre sa vie à plat, étalée là par bribes mais presque, du moins matériellement par ces témoins, ces traces, en totalité, sauf sans doute tout l'étage enfoui, caché du non dit, vécu mais non manifesté publiquement, pourtant là, de fait présent au contraire là et marqué, matérialisé.

samedi 20 décembre 2025

Petits charrois.

Le grand charroi est précédé d'une infinité de petits charrois.

Pero por el momento he empezado postergando lo de escoger entre mis libros. 

 / / / nous avons commencé par les objets : tous ces petits engins et raccords, fils, prises, ayant trait à la transmission des sons, des images, des ondes devenus "vite" obsolètes pour nous qui sommes partis de la caméra super 9 puis de la vidéo, du magnétophone, des talky walkie, etc . . . tout ça doit disparaître et sans état d'âme sauf cette nuance de presque tendresse du regard pour ces perfections temporaires et défuntes ou pour ces appareils que mon père, devenu sourd et qui ne voulait pas porter d'appareil utilisait pour communiquer avec téléphone ou télé.

Je ne parle pas des meubles.

Il suffit de sélectionner selon son goût, hors toute tendance actuelle et selon les mesures de la pièce où ils pourront se caser le mieux ensemble. Ceci dit c'est vite dit. Nous garderons donc ces divans de Michel Ducaroy devenus cultes et un peu, très légèrement avachis auxquels nous tenons trop et cette table en design italien des années 70 qui est revenue du Brésil où nous avons laissé un beau buffet type scandinave en palissandre de Rio.

Adiar para mas tarde os objetos frageis.

Quelques tableaux, dessins gravures mais aussi petites sculptures, vaisselle, j'en ai parlé déjà.

Puis attaque des archives, dessins de famille, mon père, ma mère, moi, ma fille, dans l'ordre, auxquels il faut oublier de s'attacher en vrac et qu'il faut trier, trier sinon c'est un envahissement de souvenirs sans autre valeur qu'individuelle et qu'instantanée dont le classement a toujours, et d'une génération à l'autre, été reporté, faux trésor dont l'art peut-être présent mais inachevé est un argument insuffisant, puis . . .

. . . les diplômes, attributions de décorations et actes civils dont seules les volutes ornementales entourant, encadrement de hautes lettres écrites soigneusement, penchées et un peu tremblées, à la main, méritent regard et souvenir d'époques glorifiant le geste l'ornemental. Plus attachantes certaines lettres disant les difficultés, les peines, quelquefois, rarement la surprise joyeuse et le remercîment, souvent cartes postales de voyages sans importance que coutumiers, mais sait-on au juste ? difficile de trier, impossible de tout garder, il faut synthétiser ce fatras de vies croisées, oubliées à jamais, n'ayant que peu de valeur muséographique. Ai-je vraiment eu du côté de ma mère un ancêtre bourreau, exécuteur des hautes oeuvres, à la fois respecté et mis à l'écart par superstition et tradition, comme elle le croyait ? et l'oncle d'Amérique celui qui aurait parcouru au moins trois continents est-il celui qui selon la tradition m'a laissé en héritage cette hache et ces pointes de lances de parade qui ne sont peut-être pas pour rien dans mon goût de l'ethnologie ?

Viendront ensuite mes écrits multiples dont aucun ne mérite mieux que le feu purificateur et destructeur définitif.

Entropie des formes de l'art topiaire ici et maintenant.

 Ail, aïe, aille ! . . . si je ne me réveille pas toutes ces figures de buissons naturels et autochtones que je taille en formes totalement artificielles, cubes, sphères, pain de sucre, pinceau, parallélépipèdes, pour remettre un peu d'ordre utopique dans ce monde confus vont disparaitre sous le poussée végétale qui même en hiver continue à fourbir ses bouts de rameaux, ses feuilles assoiffées de lumière et de liberté première.

Exactement comme ce monde humain, organisé en démocraties délétères, certes utopiques mais nous faisant émerger tant soit peu de l'anté et post-préhistoire, de son avant sauvagerie et de son après barbarie.

D de P.

 Encore possible de faire un tas de truc, nager bien sûr, marcher, râler sans arrêt, ininterrompu, peu de plages de tranquillité, visser, démonter, chercher à réparer, j'adore, sans parler des exercices sur fauteuil d'ordi ergonomique, abuser du clavier et chercher des images, les comparer sur GG lenz, ça va de soi, et même porter des poids, un peu moins grimper, un peu moins travailler sur une échelle, mais les doigts déjà pas puissants s'affaiblissent un peu et se raidissent en pinces faibles, d'où ce besoin d'avoir sans arrêt à portée de la main un peu faible ma pince bleue, crainte qu'on me la fasse régulièrement disparaitre pour cause d'hygiène ou d'esthétique des dessus de granit de ma cuisine par où je passe sans arrêt pour vaquer au jardin, à la cave, à la cheminée, au bureau, aux réserves de bois disséminées sur le territoire où j'officie et médite.

C de Gaz.

 Gaz et (du) calendrier.

J'ai essayé mais pas moyen de me faire raccorder au gaz de ville qui pourtant arrive pas très loin de chez moi et après pourtant avoir démarché quelques voisins d'accord avec moi pour demander le raccordement. J'ai donc un chauffage au gaz en citerne que je fais remplir par un camion venu d'Arles et passé par Marseille pour se recharger.

Le seul maigre mais essentiel avantage que j'en tire sauf à payer le gaz plus cher et à devoir penser à le commander quand se vide la cuve, c'est le calendrier mural, rareté que m'offre chaque année la compagnie qui me fournit, un calendrier avec de belles photos originales de paysages européens qui me convient parfaitement pour marquer à l'ancienne, derrière la porte de la cuisine, un peu comme ça se faisait dans mon enfance, les dates et rendez-vous à ne pas oublier. 

vendredi 19 décembre 2025

La théière et le beurrier.


Retrouvés ce matin dans le capharnaüm de nos reliques et bricoles.

Modèles réduits fabriqués main quelque part dans les hauteurs à 60 km de Rio

Bien sûr ça va vous rappeler un truc cette mémoire en forme de fonctionnement de madeleine.

Quant à nous, ça nous a plongés une nouvelle fois dans la nostalgie du Brésil, Rio-Niteroï avant l'existence du pont qui les relie et alentours . . . Petrópolis puis incursions Sao Paolo, Recife, Minas Gerais, Porto Seguro, 

Brésil rêvé  autant que vécu, rêvé car nous avions les yeux grands ouverts et croyons alors rêver, ce n'était pas possible, cet accès de tant de merveilles, paysages, lumière, ouverture incroyable des gens alors que nous n'étions que des étrangers identifiables à leurs yeux à eux, aux gringos et de tant de vies, les leurs, si fortes exposées aux aléas de combats pour survivre si incertains, une sorte de vraie vie comparée à la nôtre et à la grisaille de l'après guerre européenne avec ses espoirs et ses slogans trompeurs, rêvé doublement aujourd'hui où ce rêve est devenu inaccessible malgré nos trois retours entre temps . . . vie qui fut notre, pendant plus de deux ans, projetés dans cet univers frère et si profondément autre,  il y a . plus de cinquante ans, . . exactement 52 ans. . . .

:      :      :      :     :        /          /          /          /

. . . etait-ce dans la théière ou dans le beurrier, une forte odeur de cannelle se dégageait, peut-être y avait elle séjourné réellement un temps, un long temps, d'un déménagement à un autre, en écorce roulée, en cigare fragile et odorant, ou était-ce seulement notre imagination ?

Depuis j'ai bien vérifié que je n'ai pas rêvé puisque aujourd'hui le Brésil développe sa production de vraie cannelle-écorce, alors qu'à l'époque il connaissait plutôt la pomme cannelle et le bois-cannelle aux saveurs voisines et une production un peu confidentielle que par pur hasard heureux nous avions découvert dans une fazenda isolée (d'où durant la visite ce cadeau dont ne resta, un instant, que le parfum), de l'épice la plus connue, recherchée par les conquistadors et explorateurs navigateurs, volée à l'arbre venu de Ceylan.

jeudi 18 décembre 2025

L de lambeaux de plastique.

 Voilà l'essence substantielle de notre monde. J'avais gardé un sommier entouré d'un emballage portant fièrement le nom des déménageurs, au cas où un jour nous pourrions installer cette petite pièce supplémentaire où recevoir un ou des parents (ou amis) qui auraient un enfant à faire dormir hors de la chambre d'amis qui leur était dédiéeayant déjà eu l'expérience d'amis proches avec enfant revenant du bout du monde pour, au moins au passage, nous voir et qui n'avaient pu rester chez nous faute de ce lit d'appoint.

Etait-il ou non en polyéthylène qui dure entre à peine quelques années et au maximum une dizaine ? A vrai dire, peu importe et il est vrai que le temps passe dans son sablier au trou de plus en plus large au fil des années civiles et du temps des physiciens.

Cet après midi j'ai voulu porter à la décharge cette récente relique maintenant non seulement défraîchie mais dont les lattes avaient souffert d'attaques de rongeurs et j'ai eu l'étrange surprise de voir se déliter et tomber en fragments, en lambeaux, en pastilles minces et inégales cet emballage transparent qui avait subi sans broncher ni en pâtir, pourtant, des chocs et frottements dans divers véhicules avant d'arriver dans le remise où il était resté stoïque et inutile comme un vieillard prématuré oublié de ses proches.

Un peu à l'image de notre monde qui n'était pas "mieux avant"  mais qui avait eu malgré tout, flagornerie, calcul, aveuglements et illusions encaissés au compte des bilans et soldes résiduels établis par les générations suivantes, un peu plus de tenue, de fierté, de grandeur aussi du temps des Sartre, Lacan, Foucault, Barthes, Lévi-Strauss, etc . . . plutôt que des actuels et d'ailleurs en général, sauf exception peu loquaces ou trop, peu intervenants dans les conflits majeurs qui nous assiègent, philosophes, penseurs, chroniqueurs à la Ferry-Onfray, nourris de poussières faussement transparentes, emballages déliquescents et particules grinçantes, enveloppés d'un petit univers de sophismes corpusculaires, de vaines et inexactes ou carrément absurdes ou mesquines critiques des oeuvres cohérentes, parfois majeures, déterminantes, des temps antérieurs.

mardi 16 décembre 2025

M de maisons multiples et obsessionnelles.

Bien des gens s'en tiennent à un lieu où ils creusent leur terrier avec persévérance,  quelle chance est la leur ! l'unicité, le choix définitif, l'enracinement.

J'aurais pu être peut-être de ceux-là. J'ai toujours été fidèle passionnément à certains lieux. Mais la vie en a voulu autrement. C'est vrai j'avais des dispositions à me passionner et pour les lieux et pour les moyens déjà bâtis ou éventuellement à bâtir, pour y vivre ou y habiter, en harmonie avec ce qu'on appelle aujourd'hui environnement et qui n'est autre qu'un biotope qu'on désignait autrefois par l'expression "un milieu" (ah la fameuse influence du milieu !).  C'est vrai aussi j'ai toujours été un rêveur incapable de ne pas aller voir ailleurs, une sorte d'explorateur pédestre adorant arpenter les villes, les bois et les champs, nager dans l'eau inconnue et étudier les cartes et les plans pendant des heures, cartes d'état major ou plans d'architectes. Vous imaginez à peine ma joie à découvrir dés sa sortie GG - Earth.

Au point que lors de phases sinon de dépression du moins de perceptions d'échec et de mécontentement, pour me soigner je visitais des terrains à bâtit, des maisons, des appartements avec vue ou situés tout proche de lieux attractifs. Je dois dire aussi que j'ai eu des amis ou copains généreux qui m'ont souvent laissé squatter leurs résidences lors de mes déplacements. Enfin, mes nominations hors de ma patrie m'ont contraint à occuper des lieux partiellement ou entièrement meublés où j'entrais littéralement et même très concrètement dans la vie d'autres personnes provisoirement ou définitivement absentes, en voyage, elles-mêmes expatriées ou disparues, qui avaient occupé et souvent hautement personnalisé ces lieux. C'était au moins aussi fort que de changer de partenaire, ou du moins presque, dans la mesure où un lieu fortement occupé est un micro-univers. Ainsi peut-être ai-je contracté par l'amour de l'architecture, des lieux, des voyages, de l'immobilier, du changement, par désir de comprendre et d'imaginer la vie des autres, le virus du donjuanisme casanier.

Il faudrait donc que j'établisse une liste des maisons dont je vais vous parler, outre la fameuse très haute maison perdue au milieu des buildings du Leme à Rio, ou de la maison du metteur en scène avec patio et collections archéologiques de Miraflores à Lima, dont j'ai déjà fait des descriptions assez détaillées.

Par exemple de cette immense maison de Kinshasa où m'avait relégué la décision d'un propriétaire qui m'avait forcé à quitter la précédente beaucoup plus à ma mesure et de ces appartements parisiens très heureusement et même avec bonheur, squattés grâce à des amis incroyables ou encore de ces maisons que j'ai dû louer au pied levé, en d'autres circonstances de non-départ ou de retour de l'étranger, en Bretagne ou en Corse ou en Occitanie . . . . sans parler de ces terrains où j'aurais voulu construire si je n'étais parti beaucoup plus loin.

dimanche 14 décembre 2025

V de cette entrée dans un monde virtuel et ces souvenirs d'une plongée.

 rien ne nous y forçait encore dans les années autour et avant 2.000 . . .

. . .  2.001, odyssée du Net, premier emballement après la peur entretenue d'un grand bug superposé à la renaissance des mythes d'apocalypse maya ou médiévalo-millénaires où beaucoup attendaient des signes, sans savoir trop lesquels, venus de Bugarach ou des grandes machines porteuses et pourvoyeuses de data . . . ignorant tout . . .

et il était encore possible de vivre dans l'ignorance de ce monde second, caché derrière l'autre et si désireux pourtant de se manifester en première ligne, poussé irrépressiblement par sa propre expansion, quelque chose d'animal, de végétal, une force interne inextinguible, une prolifération bionique ou un développement cosmique d'artifices phénoménaux à notre micro-échelle dans l'univers

qui finirait par prendre le premier rang, par boucher l'écran, la vue, l'œil entier pourtant ouvert et grand, sphère entre les sphères reflétant les entours et bien au-delà . . .  et nous fasciner au point d'être tenu, comme face à une pathologie addictive et nocive, de l'interdire à nos enfants mineurs pour qu'ils continuent à marcher sans tituber en cette autre sphère que nous avons toujours appelée monde concret et contre lequel les sens bien que trompeurs sont éternellement voués à nous heurter pour nous réveiller et introduire à la maturité et au réalisme du regard humain entreprenant, actif, introduit, 

je me souviens . . . tout le monde m'avait dit mets-t'y, mets-y-toi, c'est l'avenir mais j'avais déjà, écrivant déjà comme un fou, tellement de mal à maîtriser l'ordinateur que je ne voulais pas m'en servir autrement que comme simple et un peu plus complexe, déjà magique à mes yeux, machine à écrire, tellement de mal à ne pas faire d'un coup disparaître treize ou quinze pages d'un texte devenu ensuite introuvable et parti où ?

en fait en 2.000 le jour d'une éclipse de soleil (la dernière je crois, il y en avait eu déjà deux ou trois en peu de temps) j'avais plongé, sceptique toujours, sous l'eau en Costa brava pour voir si ça affecterait vraiment les poissons et bien sûr à première vie je peux dire que non

et puis aussi la joie des premiers blogs presque tout aussi tôt, c'était si facile, j'en avais une centaine que je cultivais comme des lopins de terre en parallèle

il y eut une période où j'en créais deux ou trois ou plus par jour

je m'adressais à tous, y compris aux très jeunes et lointains, ça s'appelait Bornes, Syndrome de Zelig ou La noble famille lapin qui habite le haut de la rue du Saut du Lièvre, et je me réjouissais de voir même les Australiens (après efforts, tentatives infructueuses à cause du mot "lapin", et interpellations appuyées) s'y intéresser . . .

Comme dans les contes cela donna l'occasion de rencontres inopinées pour ne pas dire improbables

mais aujourd'hui c'est devenu pour moi comme pour tous, non seulement un moyen de survivre dans cet univers qu'on nous impose administrativement virtualisé, rien ne se fait sans recours au digital, devenu filtre ou porte, canal ou pont aux ânes, 

c'est surtout un moyen central de ma vie en guise de combustible, de survie, d'existentialité, sans le Net ce serait comme ramer sans eau dans le vide, elixir de vitalité, autant que de faire des exercices physiques, de bricoler, d'agir de mes mains trop percluses et maladroites, canal de communication dans les moments de solitude, redoublement de vécu déjà ou en train de naître, lien, marche en avant mains tendues dans le noir, expression de pulsions, instinct de survie, goût du dessiner des courbes et des sillons, des brouillons, des plans, des épures, des tableaux noircis, barbouillés, chargés, aux traits trop appuyés, de lancer des messages quitte à rencontrer la à peine évitable incompréhension

samedi 13 décembre 2025

Grenade.

 C'est un fruit, une arme, une ville, voire plusieurs si on tient compte du tout petit Grenade sur Garonne; enfin un pays, un archipel des Caraïbes et des Grenadines, un temps français, parlant le créole, un temps proche de Cuba.

Salut de loin [quel dommage, j'aurais maintenant un peu de mal à venir jusqu'à lui dans l'île aux épices autrement qu'en Net, je ne prends plus l'avion ] au lecteur de Grenade.

B de belligérants.

 Froid dans le dos.

A croire qu'ils n'ont jamais appris à se taire ni l'histoire et ses refrains "c'est la dernière", "plus jamais ça", le cri des passants et clients du Café du Croissant à Montmartre où il dînait et travaillait, fou d'inquiétude et de rage, avec quelques amis, "Ils ont tué Jaurès", ni Oradour, ni la Yougoslavie éclatée, dépecée, cannibalisée, ni ces guerres semées partout où il y a du pétrole, du cobalt, de l'uranium, ces peuples décimés dont les survivants meurent de faim sous les toiles des camps humanitaires, ces grands prêtres du sacrifice des générations montantes, leur couteau d'obsidienne à la main, qui voudraient nous faire croire que le soleil s'arrêtera de tourner si ne s'interrompent pas ces moments de paix arrachés aux heurts des plaques telluriques, des ouragans, des incendies de forêts, des tsunamis, au fracas des machines mères des batailles de surproduction fabriquant la guerre.

vendredi 12 décembre 2025

Maisons (énièmes).

 Ayant habité plus de 24 ou 25 logements sans parler de mes logements d'étudiant, dont pas mal de maisons, et même fauché dans ma jeunesse ayant occupé plus de vrais maisons que d'appartements je suis je le sais un privilégié. Privilégié d'avoir pu fuir la promiscuité inévitable des couloirs, des parkings, des locaux poubelles, des escaliers, des ascenseurs, espace restreint où se joue un vrai théâtre forcé, sans parler de l'impatience de l'attendre ou de la peur du blocage, de la panne, l'arrêt à mi-étage, enfermé en prison cube d'acier, des cris ou coups de téléphone sur la terrasse voisine, etc . . . etc. . .

Je redoute le passage peut-être devenu nécessaire pour plusieurs raisons, le passage au septième étage avec vue par dessus les toits jusqu'aux collines (privilège encore), avec garage en sous-sol, à cause des voisins mais, n'étant pas tout à fait un sauvage, à cause des risques surtout de devoir de temps à autre les grimper à pied (ce que j'aurais fait il y a peu avec joie en guise d'entraînement, de défi, de substitut d'une vraie ascension sur un mont en plein air) ou de ne pouvoir les descendre à cause d'un incendie. 

C'est pourquoi, par compensation et retour de mémoire, nostalgie de vieillard, je vais devoir vous accabler de descriptions et récits ayant pour cadre mes (personnelles ou empruntées un temps) diverses maisons, dont beaucoup extraordinaires par quelque côté < . . . . comme j'ai déjà commencé à le faire avec mes maisons, vrais maisons, de Rio, de Lima, de Kinshasa ou plus récemment, rebattu et à devoir quitter en perspective, le Mas Dingue où je suis toujours encore quand je n'habite pas les soubassements de la Maison Carrée, ma préférée et de loin, indépassable demeure.

D du Dieu de Montaigne.

Le Dieu de Montaigne est avant tout celui de la prudence. Montaigne en effet a tout d'un païen adorateur de la nature et du naturel et il ne se risque pas, lui qui passe au crible de la raison tous les éléments du monde  qui l'entoure, à mettre un pied sur les plates-bandes de la théologie ! et il se montre peu loquace au sujet de Dieu . . . sauf qu'il en dit trop quand d'un revers de main tranquillement relativiste il attribue foi et croyance au hasard de la naissance, il dit :  à chaque territoire sa religion. N'est-ce pas déjà beaucoup dire quand on vit et qu'on a l'audace de la critiquer en période d'égorgements pour cause pro ou anti religionnaire, la période la plus folle des guerres dites de religion/s/(encore ne s'agit-il au sein de l'une d'entre elles de nuances et d'interprétations divergentes des mêmes croyances et textes) au travers de toute l'Europe ?

On aimerait avoir sa prudence en ces temps où "les gens" s'égorgent pour tout et pour un rien; religions, opinions, origine, déclarations publiques, attitudes, signes, façons de conduire, de s'habiller ou de s'exprimer, voter, s'enrôler, manger, chanter, sponsoriser, exposer, raconter des histoires et inventer des personnages, etc . . . 

Montaigne doute mais pas comme Descartes, du moins Descartes très jeune et encore guerrier, plus tard il sera plus circonspect. Descartes doute en scientifique absolu,  à fond . . . et pour dépasser le doute et aller se remettre après un tour extraordinaire, un saut périlleux métaphysique, sous la coupe d'un Dieu unique et CQFD, garantissant la certitude, sous la férule d'un Dieu monarchique et tout puissant despote créateur.

Montaigne doute déjà comme Voltaire mais peut-être plus de flegme et même, même si cela paraît impossible, plus d'ironie.

P de politique.

 En arriver au scepticisme total est-ce possible ?

Après tant de passion, d'espoirs, de recherche et de création de contacts, de curiosité pour les arcanes du pouvoir, les fraternités, les exaltations lucides, les solidarités, les colères, les affrontement des injustices,

non pas le dégoût, il était présent au départ, déjà, dans bien des cas, mais l'indifférence.

Ne plus entrer dans cette sphère où les agitations tournent à vide, produisant cependant, pas pour autant sans conséquences, par visée et prévision biaisées, par emportement des derniers cris de l'actuel, des courants passagers d'opinions prégnantes, des soumissions aux dictats sur-imposés, manigancés par des calculs à court ou long terme, quelques dérèglements catastrophiques et irrattrapables, 

quand il apparaît que tous les leviers nous échappent et appartiennent aux seuls oligarques eux-mêmes emportés par leurs propres guerres et rivalités, voués à la destitution, à la vindicte, au retournement des forces en présence, happés par l'hubris et l'ivresse du pouvoir.

D de plus de vingt-quatre déménagements.

 Encore et encore.

Je n'ai jamais compris ceux qui prétendent qu'un déménagement est un deuil, pire qu'un divorce, un arrachement, engendreur de dépression quand il est le fruit d'une décision non imposée (changement de travail ou envie de découvrir par exemple).

Oui, certes il faut jeter, donner, oublier, trier, se défaire de morceaux de gris gris importants dans le passé, mais quel espoir à nouveau ! Oui certes dans mon cas un peu particulier c'était accepter le cadeau d'un nouvel univers, affaires très différentes, autres langues, gens étranges, inconnus, incompréhensibles au départ, adrénaline et curiosité, défi.

Reconstruire, tout reconstruire et on a tant de choix quand c'est le résultat d'une décision volontaire, reproduire une part, une portion du déjà vécu pour s'y retrouver et adopter, même sur les vieilles choses emportées un nouveau regard sous l'éclairage qui change et aussi rejoindre d'inattendus nouveaux amis. incroyables,

voire même en retrouver qui étaient perdus.

Surtout re-naître à l'infini (ou presque . . . ) ça pourrait continuer longtemps, n'était-ce l'obligation de laisser un peu de place aux petits nouveaux qui se pressent hors des limbes avec leurs yeux grands ouverts et leur si fraîche naïveté.

samedi 29 novembre 2025

Hola ! braves gens du monde entier.

Vous avez bien du mérite.

De supporter la lecture d'un truc aussi dispersé, épisodique, fait de fragments, de bribes, d'épanchements spasmodiques.

Car avouez que ça fait bosser ce truc, à tric et à trac, et ce n'est pas du décalquage, recopiage, coupé collé, pompé, démarquage, je ne plagie même pas mes anciens écrits, ça vient comme ça vient et si ça frôle parfois au hasard de trajets et tirs involontaires ou facétieux, certains astres du ciel littéraire, oh de loin ! très loin, par pur rappel d'anciennes passions ou d'anciennes études, ça ne prétend à rien qu'à la reconnaissance au passage de certaines terres inaccessibles et de certains maîtres d'une autre dimension . . . et c'est surtout pure sincérité immédiate.  

vendredi 28 novembre 2025

Supporter le chahut des événements précipités.

Tellement besoin de calme pourtant, de plages de repos hors temps qui court. 

Mais être pris dans le tourbillon des sphères dissociées du monde multiple ce peut être aussi une joie et une plénitude.

Je me souviens d'une chargée d'affaire d'origine Saint Louisienne qui avait remplacé son ambassadeur au pied levé après une crise ayant secoué les rapports Congo-Amérique qui avait amené son gouvernement à rappeler d'urgence l'ambassadeur en titre . . . et qui avait pris le temps de venir voir un spectacle où nous l'avions invitée au "centre culturel " "franco-zaîrois" " (doubles guillemets) . . . et qui, comme je m'étonnais et la remerciais de sa présence malgré son travail, m'avait à peine surpris en me disant qu'elle espérait de nouveau être affectée à la centrale de Washington auprès du Département d'Etat, parce qu'on s'y sentait comme si on y était plongé au milieu les bouleversements incessants et parfois brutaux du monde en train de se produire.

Toute vie, hors travail et relations professionnelles est vouée y compris au plus intime, à ces secousses, ruptures, violences, désaccords parentaux de couple, de génération, d'intérêts, trahisons, désamour. Mais certains au lieu d'en être affectés ou affaiblis y puisent leur intense et quasi diabolique résistance. 

Là où se mettent en place les rouages de l'absurde sociétal.

. . . . constamment, affluent, le matin surtout, des souvenirs anciens, brins d'herbe desséchés ou encore verts quoique venus de loin.

Ainsi, pourquoi revois-je clairement maintenant en songe ce matin d'aujourd'hui, me racontant cela, au sortir du sommeil, et m'en souvenant en toute clarté alors que j l'avais totalement oubliée, cette scène ? mon cousin malin et observateur qui était dans la même classe que moi et qui du fait de sa position avait une bien meilleure vue de l'ensemble alors que personnellement je lui tournai le dos à cette perspective, dans cette classe qui se terminait par l'entrée en sixième au Lycée (dit "classique") ou faute de mieux,  au Collège (dit "moderne"), distinction terriblement élitiste ! pour certains élus de la prétendue méritocratie sélective et hiérarchisante, après un examen ressemblant déjà à un mini primo-concours de recrutement dans cette époque lointaine mais pas tellement, celle aussi où parallèlement ( pas d'échelle sociale sans violence) le maître nous convoquait sur l'estrade pour nous gratifier d'une gifle géante, assourdissante et déstabilisante, au point d'en faire tomber par terre ou contre le tuyau brûlant du poêle, les petiots que nous étions, parfois audacieusement insupportables et dignes des pires châtiments d'ailleurs conestés par les parents mais tout à fait acceptés par nous autres, rejetons adhérant au système, . . . me raconter ce qui se passait de totalement crapuleux, malgré cette sévérité implacable et affichée en acte, dans les coulisses de la classe, processus  que j'avais pour ma part en partie oublié.

Car les bons élèves étaient au premier rang, évidemment

pour qu'ils profitent au maximum des leçons et exercices, récitations, calcul, dictée, commentaire de compréhension du texte ou grammatical, etc . . .

Au fond de la classe une tradition assez laxiste avait laissé s'installer les cancres ou réputés tels, souvent je l'ai noté dans la vie réelle et courante qui a suivi, les plus astucieux et adaptés aux situations pénibles ou contraignantes, qui de toutes façons n'auraient guère profité des cours dont ils saisissaient peu l'intérêt et avaient ainsi, au moins, un peu de liberté pour moins s'ennuyer, bavarder, rire sous cape, déclencher parfois de grosses blagues, tout au fond de cette salle, sur les bancs et devant les tables les plus artistiquement ornés de graffiti à l'encre violette et sculptés à la pointe du compas nécessaire à la géométrie élémentaire ou même au couteau de poche spécialement recommandé parmi les plus émancipés d'une instruction il est vrai assez primaire dans le sens péjoratif. 

Dans cette configuration spatiale hautement différenciée du terrain scolaire, bons, mauvais, moyens situés dans la masse intermédiaire, au milieu peu vivant de la pièce, circulaient les nouvelles.

Blagues écrites maladroitement ou dessins à la plume sur tout petit papier plié plusieurs fois arrivant du fond et . . . dans l'autre sens, énoncés et conçus en première ligne du front et parcourant les rangs séparés par une allée de circulation au milieu, jusqu'à la place la plus éloignée du maître, la ou parfois les solutions du problème où circulaient des trains roulant à diverses vitesses et parfois divers sens, ou aussi, plus immobiles en apparence, des bassins d'eau qui se remplissaient ou se vidaient par fractions insupportables (beaucoup trop complexes pour être vraisemblables) avec une toujours introuvable mais calculable précision mathématique.

Cerise sur le gateau mon cousin m'avouait que lui au fond attendait avec impatience pour voir de quel côté de l'allée du milieu de la classe, la solution arriverait le plus vite, de la gauche ou dd la droite, élaborée par les condamnés au banc de première ligne, souvent des fils d'enseignants dont j'étais à gauche) privilège non de caste mais de corporation et transmission inégalitaire, quant à lui, gentil soutien de la tribu, il était fier quand la réponse arrivait du côté gauche de la classe où je siégeais en roitelet.

Pépite dans le noyau  [parenthèse : vous savez ce qu'il y a dans le noyau de cerise qu'il vaut mieux ne pas croquer ? . . . si vous cherchez vous verrez que ça rend ma comparaison, ma métaphore boiteuse ou inappropriée, à moins que là ne soit déjà le poison du népotisme républicain] c'est là que tout se joue, beaucoup plus tard, pour moi . . . c'est grâce au frère de ce rival du primaire, lui aussi habile calculateur et devenu en tant que VSN (volontaire du service national dispensé de service militaire par une mise à disposition de ses talents pour une mission lointaine) devenu ingénieur nucléaire au Brésil, que j'ai pu faire rentrer mes affaires importées à Rio par erreur et par méconnaissance de la part des instances maître d'oeuvres et supposées tenues au courant des nouvelles directives de coopération locales . . . Le rapport ? aucun ! le hasard, le hasard je vous dis.

* [ ici le lecteur lisant au hasard sans suivre le cours de cette histoire absolument invraisemblable et décousue mais vraie, devra se reporter à un autre chapitre antérieur / cependant le lecteur le plus agile, non déconcerté par ces détours, aura déjà saisi le fonctionnement du truc en tant que récit . . . tout à fait fondé en réalité, donc, en arrière plan et support, l'immense machinerie du monde lui-même faite de ces "coïncidences", rencontres, hasards].

De fait, c'est là, loin de l'école primaire, à Rio, que j'ai pris goût aux arcanes, aux détours,  et aux étranges affaires du ministère du même nom, un vrai résumé du miroir du monde et de son absurde fonctionnement que certains voudraient voir et expliquer comme s'il était rationnel. 

Rocambolesques erreurs, savantes tactiques et stratégies fondées sur des renseignements dépassés, lenteur des réactions, ambiance totalement "décalée" rendant parfaitement compte de l'univers qui est le notre, croyant coller au réel et toujours à côté, en porte à faux de nos désirs et croyances.


jeudi 27 novembre 2025

Mise en garde.

 Elle est toujours à double tranchant dans la mesure où une opération de protection; par exemple quand on nous dit "réarmez-vous", créez une armée européenne, peut vouloir être aussi, ou du moins peut apparaitre comme une menace sur notre quiétude et notre bien-être devenus tout à coup au regard de ces injonctions attitude d'irresponsables

Ainsi cette idée de rétablissement du service militaire (peu à peu et hypocritement rendu) obligatoire est-elle violemment agressive bien que approuvée par dit-on une majorité dans nos frileux et raffinés pays de vieille Europe. Je suppose en effet que les adultes rassis et les vieillards qui ont fait toutes les guerres seront toujours d'accord pour sacrifier la génération suivante.

Qu'il ne faille pas être dupe, qu'il faille savoir se défendre, d'accord, que notre puissance nucléaire ne soit pas un parapluie suffisant, qu'il soit nécessaire aussi de détenir des armes intermédiaires et une ferme volonté de combattre au cas où nous serions attaqués . . . oui.

Cependant, cependant.

Que voilà comme dans tous les autres domaines une belle reculade, un retour en arrière dans le temps. 

La fleur au fusil bande de zouaves ? Nationalistes et nouveaux européens glorieux.

Personne ne va me faire croire que c'est un pas décisif en avant de repartir dans des économies de guerre, de sacrifier tout à l'armement quand le bien être que nous avions forgé, le bien vivre conquis, envié, modèle, vont devoir céder devant la pression humaine belliqueuse utilisée pour l'engraissement sans limite des investisseurs. La transformation des services en centres de profit, détruire l'école gratuite de la république, démanteler le système de santé et de mutualité performant et ouvert à tous, refuser à la justice et à la police de plus en plus empêchées et affaiblies, formation, exigence, et moyens voilà les nouveaux horizons qui devraient nous enthousiasmer.

A moins que l'objectif nouveau ne soit, mais il est déjà affiché : compétition, élimination des faibles, travailler plus pour gagner moins, consacrer sa vie aux pures valeurs matérielles les yeux rivés sur les prix et les fabuleuses promos, appeler culture la bouillie distractive produite industriellement,  et n'oublions pas, essentiel, sacrifier sur le champ de bataille nos enfants, 


mercredi 26 novembre 2025

GCN (de pour ainsi dire par défi : Grand) "Charroi de Nîmes'.

725
Il s'agit d'une allusion risquée et peut-être mal venue aux yeux de certains à une  chanson de geste écrite au XIIe siècle, et très fameuse à l'époque, par qui on ne sait, dans laquelle Guillaume le seigneur héros réussit par une ruse digne des Grecs à chasser les musulmans ou plutôt on disait à l'époque les "Sarrasins" de Nîmes
Car Nîmes comme Narbonne, était à partir de 725, depuis la deuxième incursion sarrasine, partie du royaume d'Espagne dit El Andalus jusqu'en 734 où arrive le fameux et que personne n'a oublié, Charles Martel, celui de Poitiers en 732, lequel en profite pour détruire quelques antiques forteresses occupées par les musulmans et au passage au grand dam des Nîmois qui aujourd'hui encore le détestent, endommager les arènes de Nîmes devenues pour quelques temps chateau fort depuis les Wisigoths. 
Mais l'important n'est pas là.
L'important c'est comment eut lieu ce grand charroi ?
Ce fut l'entrée de 100 charriots chargés de barriques qui devaient contenir pour les offrir ou les vendre toutes sortes de trésors rares, vivres, tissus, bijoux, et de fait en partie remplies de 1.000 soldats en armes qui reprirent aussitôt la ville la rendant aux chrétiens.

On reconnaîtra là un imaginaire mêlé au réel, le méchant musulman contre lequel il est urgent de lutter, invasif et selon les chroniques plus ou moins militarisé et cruel ou poète tolérant, qui hanta le moyen-Age et a repris vie dans nos circonstances actuelles d'immigration.
En ce qui me concerne, ayant fréquenté l'hospitalité tunisienne ou marocaine, je me contenterai donc d'indiquer qu'en partance prochaine - mais encore lointaine bien que programmée - je gagnerai sans problème d'humeur ou de répulsion des rivages de notre beau pays où ennemis encore plus héréditaires qu'avec les chrétiens, juifs et musulmans sont maintenant établis en nombre depuis longtemps par notre volonté post-coloniale ( de Vallauris à Golfe Juan, Juan les Pins ou Antibes et Nice ) mais avec cette impression de vivre à moi tout seul et sans l'aide d'une armée, 
un sacré grand charroi à l'envers;
avec mes charriots et coffres, mallettes et malles remplis des résidus et échantillons choisis de mes rêves; combien de voyages vais-je devoir faire pour ce 
charroi
plein de livres, de tissus, revues, de pierres brutes et masques . . . de souvenirs de mes incursions en terres étrangères.

Temps.

 Cette impression toujours d'un temps infini devant moi alors que je sais pertinemment le contraire par simple expérience du jour qui tourne à ma fenêtre des oiseaux et des écureuils qui s'agitent surtout le matin, de ces soirs d'approche de l'hiver où les rayons passent enfin sous les nuages et de ces milieux du jour où le soleil est déjà si bas. 

La mort au bout, il faut m'y faire et ces forces qui déclinent, cette résistance à l'effort amenuisée chaque jour me le disent. Oserais-je un "m'en fous la mort !" à la conducteur de bus haïtien ? pas question. Observer la bête et ce qui se passe.

Sûrement pas aussi fort qu'un chauffeur de bus haïtien ou même péruvien sur une route longeant des gorges, jamais à ce point audacieux, ni bravache.

Quand on me montre ces dirigeants de la Chine et de la Russie qui sont, dit-on, enregistrés, parlant de l'immortalité, ça ne m'étonne pas. C'est comme moi. . . . sauf que moi je ne rêve ni de conquérir le monde ni de ne pas mourir. La tentation est naturelle, se croire indispensable au paysage, pourquoi arrêter ? Je ne dirai pas non plus qu'il le faut (mourir). Mais en un sens, il le faut bien puisque nous ne pouvons pas mieux et que déjà nous sommes trop nombreux à répéter comme des clones, comme des automates, les espoirs, les erreurs, les gestes et les pensées folles de nos aïeux. A quoi bon multiplier ces exemples tous différents mais si comparables et ayant déjà démontré que la race ne s'améliore guère ?

La tragédie de l'histoire.

 Si Hegel en 1807, comme Kant, partisan de cette vision encore religieuse et incontestablement romantique selon laquelle l'histoire réalise "un plan caché de la nature" (Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique, 1784) il a au moins le mérite de la voir comme une tragédie des peuples qui s'incarnent  dans les "héros" que nous sommes tous et spécialement, très spécialement en certains individus, "héros de l'histoire mondiale".

Nous aurions aujourd'hui tendance à rejeter tout en bloc, sauf cette idée que la civilisation tourne autour de la terre d'est en ouest, de ces visions globalisantes et péremptoires. Nous aurions tendance à ne voir l'espèce humaine que comme destructrice globale de l'ordre naturel plutôt qu' "esprit du monde" orienté par la conscience et la liberté.

Quant à nos "grands hommes", ne sont-ils pas en un sens et pour reprendre le fil d'une projection métaphorique religieuse, l'incarnation de cette diabolique destruction, accumulant les traits du mal à la racine : orgueil ou vanité, égoïsme, mus par l'intérêt privé ou étroitement national passant par la domination des autres peuples, recours à l'écrasement et à l'annihilation comme avancée ?

Courage (il y faudra un . . . . fou pour faire ce que je veux faire).

 Encouragez moi.

Que voulais-je dire ?

Pas assez rapide, je n'ai pas noté à temps cet embryon d'image, de son, d'idée même peut-être qui m'a il y a peu ou peut-être plusieurs jours, traversé la tête entre les oreilles et derrière les yeux je vous assure que oui.

Donc me voilà avec un "sans titre" comme si ma cervelle était un gruyère à trous.

Mais rien de tel. On va rattraper l'occasion perdue et mettre de la crème dans les trous.

Chemins de garrigues.

Le monde est rempli de chemins de garrigues, canaux trop étroits,  routes prévues pour troupeaux de moutons, bergers à pied, charrettes et carioles, pas pour ce va et vient constant des couples ou célibataires possédant ou louant 2 ou 3 voitures et allant aussi rapidement que possible au boulot, à l'ANPE, ruiner la sécu par divers moyens, transporter les enfants à l'école, au cours de danse, au tennis, au boulanger, au coiffeur (construction fautive) etc . . .

Oui, car c'est pour tout pareil, sauf que nous sommes de moins en moins décontractés et polis comme c'est encore le cas des privilégiés logés sur les chemins de garrigues qui se cèdent le pas dans les passages étroits et se remercient d'un geste ou d'un appel de phare, de l'espace réduit dans les avions aux postes d'enseignant, ou aux brancards dans les couloirs pour accueillir les patients aux urgence, nous sommes déjà devenus trop nombreux sur ce qui reste de cette croute terrestre, pas seulement et depuis longtemps dans les empires des Indes ou de Chine, et on voudrait augmenter la natalité pour envoyer nos fils et éventuellement nos filles se faire abattre à la guerre provoquée en toute logique par ce fourmillement qui conditionne l'écoulement et les débouchés de nos surproductions idiotes et criminelles.

dimanche 23 novembre 2025

Perpignan

me manque.

La mystérieuse et parfaitement méconnue ancienne star des villes méditerranéennes d'un autre temps, victime d'un rapt, pour l'instant, de l'extreme droite, pour parfaire cette vision d' un arc méditerranéen légèrement outrepassé sujet à de constants retours passionnés de ma curiosité ou de ma nostalgie, quitte à poursuivre cet arc un peu au-delà de ces bornes depuis longtemps fixées, jusqu'à Barcelone et Alicante ou Sanremo et Pise.

Un Perpignan de Maillol et Dali aux racines plus profondes faites de foi naïve et d'attitudes iconoclastes. Un Perpignan des remparts disparus, pas tout à fait. Un Perpignan du vent terrifiant et bénéfique . . .


La ville d'en face.

Ce serait le sens du nom grec (Antipolis) d'Antibes, mais en face de quoi au juste ?

On aurait trop dit et répété qu'elle était en face de Nice (Nikaïa ou Niké : la victorieuse) ce qui pose problème. En effet il est clair que Nice n'a été fondée que longtemps après.

Face à la Corse ou face aux occupants antérieurs disent les chercheurs critiques qui ne sauraient mieux convaincre. Car cette ville qui fut toujours cosmopolite, qui se met en avant et qui fait face est en réalité protégée et bien que face à la mer en partie cachée ou du moins à l'abri.

Cette ville posée derrière son cap assez proéminent et visible de loin sur les circuits maritimes par les navigateurs venus de la péninsule italienne ou de la Corse ne fait face essentiellement et spectaculairement qu'aux lointaines Alpes ce que tous les observateurs et les peintres ont particulièrement remarqué pour en tirer de somptueuses vues, de Claude Monet au prolifique et bref Nicolas de Staël.

Picasso y trouva avec ses peintures sur fibrociment et autres récups, au sortir de la guerre, sa deuxième vie, de Staël y mit fin à la sienne et j'espère, quant à moi, dans le plus grand anonymat que procure le fait d'être inconnu, secret et espion francophone semi dormant, une autre encore belle et pas triste vie.


samedi 22 novembre 2025

Ode aux micocouliers de Nîmes.

Comment pourrai(s)-je (indignation ou hypothèse) les quitter ces plus de 2.200 micocouliers de Nîmes, arbres sacrés de temple antique chez les Celtes du Sud, devenus depuis la destruction des remparts médiévaux eux-mêmes remplacés par de larges avenues et longues promenades, arbres d'alignement puissants au feuillage léger flottant, tutélaire et frissonnant, armée de l'ombre, protectrice / sous, découpant son toit gris-vert, aux fruits en petites cerises passant du vert au rouge et au noir jusqu'au long de l'hiver, / sur un ciel éclatant ?

mercredi 19 novembre 2025

Ambaxto . . .

 . . . . serait un mot issu du gaulois (et par-delà du proto-celtique) . . . . et incontestablement il est . . .

. . . attesté par César dans la Guerre des Gaules. Ce serait donc, et j'admire l'étymologie évidemment sans y croire trop, comme c'est le cas pour d'autres pratiques plus spéculatives, voire divinatoires, que tout à fait "scientifiques" . . . à l'origine des mots ambassades et ambassadeur / drices.

Là où ça se gâte vraiment c'est quand on a recours au sens originaire de ce mot qui s'apparenterait à la signification de "domestique" ou "serviteur" mais aussi à amb : autour et axto: tourner !

Donc si l'étymologie gauloise a quelque chose à voir avec les ambassades, il faudrait, n conséquence que l'ambassadeur / drice soit l'homme ou la femme capable de tourner autour.

Espérons que ce n'est pas du pot qu'il s'agit, mais plutôt du maître qu'il s'agit de servir, non plus le roi mais la nation.

Mon opinion est faite là-dessus.

Combien d'ambassadeurs de France - j'ai déjà dit un mot de certains - ai-je connus, travaillant de loin ou d'assez près de plusieurs ? six ou presque sept si l'on tient compte d'une courte période. Je ne parle pas des ambassadeurs d'autres pays que j'ai aussi pu à l'occasion observer et revenons à nos ambassadeurs, c'est une expérience unique j'ose le dire. 

Un chef d'entreprise ou même un "chef de mission" comme on les nomme en coopération, ça n'a rien à voir avec l'ambassadeur ministre plénipotentiaire. Là nous avons affaire à un bloc d'histoire, à une motte enlevée au sol de la France, à un panache prestigieux de notre nation. N'oublions pas que durant des siècles les ambassadeurs étaient choisi non seulement au cœur de la fine noblesse, mais aussi parmi les fidèles de la tradition et du roi et que de ceux que j'ai pu connaître, quelques uns étaient impressionnants en quartiers de noblesse affichée (est-ce vraiment en train de changer ?).

Ceci, nonobstant ne leur quittant nullement les qualités que certains pouvaient avoir, d'hommes de vision et d'action, au moins de transmetteurs d'alertes, eux qui, tout entourés qu'ils soient d'un décorum filtrant les grumeaux du pays de leur résidence, ont pu parfois avoir l'oreille tendue, être à l'écoute et percevoir des mouvements imprévisibles vus de la capitale qui les avait nommés.

Manifestement, d'autres ont pu s'enfermer dans leur protocole et dans leur propres ronds de jambes, contents de parader en pays resté pour eux opaque.

Il m'est arrivé plusieurs fois de devoir chercher un excellent professeur-répétiteur immédiatement disponible pour de nouveaux arrivés au sommet de la pyramide des Français expatriés afin de leur apprendre dare dare la langue du pays où ils avaient été parachutés pour des raisons difficilement perceptibles. Qu'à cela ne tienne, certains s'en tiraient fort bien, ayant déjà appris le chinois ou l'égyptien, et captaient tout des mouvements d'échine et des exaltations ou passions du pays concerné en quelques minutes ou au moins quelques jours. 

Grâce soit rendue à deux d'entre eux, l'un qui me fit avoir le Congo, l'autre qui m'apprit qu'on pouvait combattre le soroche, le mal des montagnes (ne pas abuser du remède) en buvant un ou deux verres de whisky et qui trouvait que mon équipe était montée en première division.



dimanche 16 novembre 2025

Quitter Nîmes.

 Le faudra-t-il ? Impossible après toutes ces années de vie intermittente et de retour sur ma base arrière, tous ces liens, ces amitiés et épisodes quotidiens, ces logements, cet accueil (seule ville qui avait pris en compte mon projet de coopération culturelle Arc en Sud et qui aurait pu le faire vivre si je n'étais à l'époque reparti en poste lointain).

Sans doute, pourtant, quel que soit l'amour que j'ai pu contracter pour cette ville d'adoption, moi amoureux des villes rouges bâties de briques, Toulouse et Albi. Séduit que j'étais par la simplissime (en apparence) beauté crayeuse de ses monuments de blocs de calcaire tirés des carrières avoisinantes et de ses formes premières ! cercle des arènes, carré de la maison, verticalité de la tour dite magne (car bien sûr tout cela est faux, le cercle est elliptique, le carré n'est pas érigé en cube mais en parallélépipède rectangulaire au toit à double pente, la tour est tellement bâti sur bâti, dressée mais archaïquement dépenaillée au point de ne plus rien avoir de ses anciennes formes géométriques, heptagonale à la base et octogonale sur le pourtour du haut. Personnalité puissante qui n'a rien d'écrasant ouverte comme un forum entre plaine et colline. 



Quant à la fontaine sacrée elle a le grand tort pour ce qui est de mes besoins, alors qu'elle est avec son jardin noble et serein l'un des premiers et encore un des plus beaux jardins publics que je connaisse, d'être trop éloignée de la mer bien que les Etats Généraux du Languedoc aient prévu en 1696, projet largement oublié, d'y remédier en rendant, des remparts de Nîmes à Sète, ininterrompu et hautement utile, le Vistre navigable.


jeudi 13 novembre 2025

Quatre-mille livres.

Des quatre mille livres que j'aurai (réellement, sans doute, approximativement mais ce n'est qu'une évaluation probable) pu lire dans ma vie et des Cinq mille (et c'est sans doute un chiffre insuffisant) si j'y ajoute ce que j'ai pu feuilleter par curiosité, nécessité de travail ou / et recherche rapide, souvent fiévreuse (en dilettante boulimique), je n'en ai conservé actuellement guère plus de sept ou huit cents, dont une partie fluctuante selon mes trouvailles alimentées de-ci de-là, au grès d'une curiosité incessante, boîtes à livres, occasions, achat de neufs, et au fil mes dons à droite et à gauche, connaissances, amis, bibliothèques publiques 

(je me souviens par exemple d'une bibliothèque catalane remarquablement riche dont j'avais très modestement contribué, par quelques ouvrages complémentaires anciens trouvés par hasard, à enrichir le fonds après avoir cherché dans ses réserves à tout savoir sur les oliviers de la région et leur production d'olives et d'huile, en fonction des traditions et des recherches récentes en agronomie, afin de ne pas raconter d'âneries dans un chapitre où je racontais la mort probable, victime d'un attentat sous un olivier millénaire, de Dio Darko Brač

boîtes à livres géographiquement distantes (dont l'importance est pour moi, vénérateur du dieu des voyageurs et du hasard, d'une importance cruciale et nouvelle dans l'orientation parfois zigzagante de mes recherches).

La question est : lesquels emporter si, comme j'en ai l'intention fluctuante (arriverai-je à prendre cette décision ?) je me replie du Mas Dingue vers un appartement à taille relativement réduite dans lequel prendront place non seulement un choix drastique et crève cœur de toutes sortes de souvenirs, de vêtements, de tissus traditionnels, d'ustensiles, d'outils, de tableaux et d'objets pour la plupart, ces derniers, très anciens, collections archéologiques ou parfois préhistoriques ou au moins artefacts "primitifs". Et bien sûr bribes d'archives concernant mes ancêtres ou mes familiers vivants ou disparus.

Lors de mon occupation de postes lointains pour lesquels j'avais la faveur de pouvoir déménager quelques effets personnels dans un vrai container, mais avec l'obligation d'emporter d'énormes objets utiles tels machines et électroménagers introuvables dans certains pays auxquels j'étais voué, interdisant, sauf exceptionnellement à l'occasion précisément de ce premier transport d'arrivée, l'importation de tout autre article pour nous expatriés officiels, je m'étais limité arbitrairement à cent livres. 

Cent livres précieux que j'ai tous rangés en bibliothèques, en vitrines et étagères à portée de la main, sauf perte occasionnelle de deux ou trois.

Après toutes ces années de garrigue, de végétation séchée, de pierraille et de belle surface où j'ai retrouvé le goût d'être chez moi dans un espace grand, bien suffisant, dans des murs et des meubles non loués, j'ai donc accumulé et étalé jusque dans la cave et les couloirs, sans parler du grenier, enfermés parfois, jusqu'à il y a peu, dans des cantines métalliques, mes trésors. 

Lesquels vont m'accompagner, lesquels vont devoir être sacrifiés ?

Collectionneur et accumulateur, je vis enfoncé dans la terre et l'humus du passé.

Et je ne comprends pas qu'on puisse être attentif au surgissement toujours inattendu du présent sans ces bases, sans daigner les connaître, aussi éloigné en soit-on, par son âge juvénile et aussi imprévisible en ne faisant que des projections, ce présent d'autant plus surprenant que parfois il se révèle pur produit d'un passé oblitéré, oublié, dénié.


Que vous dire aujourd'hui ?

 Que j'ai enfin réussi à coller mon code envoyé par SMS (ça veut dire, mine de rien, message écrit sur téléphone portable et ça semble déjà invraisemblable pour un type comme moi, sortant à peine de la préhistoire du siècle précédent) sur un questionnaire, une vérification d'identité ou un truc machin d'inscription à n'importe quoi, sans pour autant (parce que je me croyais obligé de consulter séparément mes derniers messages et ensuite je ne pouvais évidemment et rapidement revenir sur la page où je devais reporter le code envoyé par écrit sur téléphone que sous sa forme réinitialisée pour l'occasion, et revenue aux questions préalables sur mon identité, mon âge, mon genre ((facultatif)), etc . . . et donc devais tout recommencer sans fin . . . à moins d'user de deux instruments, un portable et un ordi ou une tablette mais ça compliquait un peu, vous avouerez.

Et donc, en fin de compte, ce n'est pas la fin de l'histoire, après avoir scanné le truc ouvert sur mon portable à la caisse, opération amusante, simple et facile j'ai gagné sur ma note de yaourts bio achetés pour en refaire chez moi de meilleurs, de bananes du Costa Rica et plein d'autre truc dont le réconfortant par ces temps, Costière de Nîmes, 0,97 centimes ce qui n'est pas rien.

Je sais, vous allez me dire qu'avec mon esprit cartésien au carré et déformé au cube par de longues études littéraires et autres, superbement théoriques et spéculatives, j'ai fini par tout compliquer et rendre ma vie quotidienne impraticable. Ben non, rassurez-vous, à force de patience et même d'obstination de maladroit incapable d'utiliser les pouces pour taper sur un clavier, au seul doigté de mes index tendus j'ai réussi, oui, quelle victoire ! aujourd'hui pour charger le système de LIDEL des foules + (pas de pub, juste un fait concret) qui m'a permis ce gain, à comprendre qu'il fallait taper direct sur la petite languette me signalant en haut de l'écran l'arrivée du message et là, ignorant sans ambage la remarque de Gros Ventre Gros Yeux, qui intempestif alors que j'étais au bord du triomphe, me demandait si le site et donc le message étaient sérieux ou s'il s'agissait d'un spam . . . j'ai cliqué sur le petit rectangle fléché, inspiration subite, qui permet d'agrandir et de voir le message et donc de découvrir le code sans faire disparaître la case où je dois le copier.

Je crois, ceci dit, qu'ils vont nous rendre transparents comme des méduses avec ce magnifique instrument qui est en train de prendre la place de nos cellules une par une et qu'ils appellent Net qui tous les jours remplace déjà nos moelles et nos nerfs après les avoir mis en boule sans pour autant les parcourir de courants zygomatiques.

mercredi 12 novembre 2025

Dextérité.

Voilà un mot qui personnellement ne me convient guère.

Magagne comme je suis, vous le savez. Droitier maladroit me conviendrait mieux sauf, bizarrement quand il s'agir d'attraper une balle et qu'alors tous mes instincts animaux (mes esprits aussi) se concentrent sur un but qu'il ne s'agit pas de rater, ou encore mieux un objet que j'ai moi-même fait tomber. Un jour dans un grand magasin de vente d'appareils électroménagers, essayant de comprendre comment fonctionnait une de ces machines à café d'antan, avant que je me précipite comme tout un chacun sur celle de Monsieur Clooney, ayant fait tomber de son réceptacle je ne sais quel élément soutenant le filtre qui vraisemblablement aurait dû être mieux fixé à l'ensemble de la structure, je l'ai frappé de ma main ouverte, de ma paume, ou de mes doigts mal orientés, au moins six ou sept fois, incapable de l'attraper, de le saisir vraiment à chaque fois, sauf la dernière et évitant ainsi, après ce jeu de frappes et rebonds qu'il aille au sol. Donc les réflexes fonctionnent mais pas forcément avec de petits projectiles, faute d'entrainement ? où se niche la dextérité.

C'est pourquoi j'admire celle du très fameux et habile dessinateur gaucher qu'est ELRIC.

Un trait d'une sûreté et d'une vélocité hallucinantes. L'œil, le doigt, l'entraînement, ça donne une certaine grâce.

C'est comme sa voix, posée claire, experte en clarté dans les explications simples et directes qu'il donne de son travail. Il aurait pu être journaliste ou comédien à une époque où ceux-ci savaient articuler et ne pas forcer inutilement leurs voix excitées et essoufflées ou inaudibles et chuchotées.

jeudi 6 novembre 2025

Lune du Castor éblouissante.

On me raconte que c'est une affaire inventée par les Amérindiens.

C'est vrai qu'au Nord d'un certain parallèle avant qu'ils en soient dépossédés, les peuples de ces immensités glacées étaient de sacrés observateurs de leur territoire, territoire où les castors pouvaient tout à loisir mais aussi en urgence et en travaux forcenés avant l'hiver, construire leurs demeures aquatiques à double ou triple entrée, devenues en cette période chantiers éclairés de jour comme de nuit.

Ici, par dessus le toit, je l'observe très haut, aveuglé, cette lune énorme projecteur scénique, phare et non plus balise, ni poétique, ni rengaine mystique, pâle et rebattue hostie;

demain matin elle sera surprise en train de plonger par dessus la colline, ouvrant aux étourneaux, roulant en nuage bruissant et rapide, les portes de l'hiver.


Tours d'étourneaux .

 Ce n'est ni un ballet, ni un rituel, ni une quelconque mise en scène aérienne, c'est une très habile et concentrée manœuvre collective pour écarter tout danger, épervier ou autre, pour renforcer la solidarité et la discipline en vol, et pour chercher méthodiquement le meilleur point d'attaque d'un champ récemment ensemencé où un lieu assez confortable et spacieux pour abriter, si possible loin des courants d'air, un campement pour la nuit. Il n'en reste pas moins que c'est assez beau et extraordinaire, au point d'ailleurs que leur implantation totalement artificielle en Amérique où ils n'existaient pas semble avoir été réalisée par un riche passionné de Shakespeare.en 1890 prétendant selon la légende ou la plaisanterie sophistiquée introduire à New York les oiseaux de son théâtre.

A moins qu'en examinant les choses sous un autre angle on ne puisse parler à contre pied qu'en poème noir ou négatif.

Car enfin ces riches désœuvrés qui ont joué avec les espèces et leur implantation avaient peut-être avant tout le souci d'introduire en Asie et Australie aussi bien qu'en Amérique, un oiseau commettant des ravages sur les insectes prédateurs des cultures 

qui finalement, fil à retorde de l'expérimentateur intéressé s'est révélé terrible prédateur des cultures . . . et accessoirement envahisseur saccageur de villes par la multitude de ses excréments

mardi 4 novembre 2025

Sans titre.

Faire un "sans titre" non par glossolalie mais par volonté de tant embrasser et pourtant si peu de temps.  

Chiens.

 Toujours j'ai aimé les chiens, depuis le "Teddy" de mon enfance, ce vif cocker de mes parents à la robe bicolore, blanc et chocolat, un peu frisée à plat et aux oreilles pendant si bas, autant ou plus que les chats avant de préférer sur le tard ces derniers, ne serait-ce que pour ce regard qu'ils lancent quand on s'intéresse à eux et qu'ils sortent à peine du sommeil de leur dernière sieste, ce regard, disons  comme dans Tristes Tropiques "de connivence", de modeste et bien fondée sagesse. Ces derniers temps cependant j'en avais un peu marre (des chiens) promenés dans les bras, les plus petits, substituts d'enfants lécheurs, jappant pour rien et faisant les matamores face aux plus gros qu'eux et conchiant à qui mieux mieux, trottoirs, plages, chemins écartés. Cependant, à force d'en voir, j'ai fait comme Brigitte Bardot et en suis venu à les préférer aux maîtres, grognons, tristes, rabougris de vitalité, eux si francs et sans détours, joyeux à la moindre occasion. Oui, maintenant, lors de mes promenades je reconnais d'abord les chiens qui eux aussi m'ont repéré alors que leurs dompteurs au petit pied qui les gouvernent et les tiennent prisonniers au bout de cordes et harnais souvent m'indiffèrent. Ensuite seulement si je complimente les chiens pour leur allure, leur prestance, leur pelage rare, il arrive que les maître flattés me saluent avec reconnaissance et parfois illumination de leurs traits. 

samedi 11 octobre 2025

Fraise (ramène ta).


 Expression relativement populaire caractérisant celui qui appelé à apparaître doit s'attendre à un accueil plutôt frais ici utilisée par détournement par un fabricant de glaces exclusivement à la fraise, suffisamment excentrique et facétieux, bien évidemment saisonnier, ignorant cependant qu'un possesseur de Tesla, passant par là, s'arrêterait et lui ferait, plus haut en couleur, de la surenchère.


mardi 7 octobre 2025

Qui lira cette écriture ?

NOTE : voir séran écriture (un beau petit poisson assez commun)Il doit y avoir quelque part un article où j'explique le rapport entre mes pieds et cette bête; effet de mimétisme ou généalogie longue et complexe ?


ort. 

dimanche 5 octobre 2025

Petit vieux qui marche avec tant de mal (Le). . . .


 . . . s'avérait être, peut-être, je ne sais pas, un voyant ou au moins un homme plein de réflexion(s).

Il avançait à tout petits pas, le corps menu, presque nain, soutenu, presque porté entre deux cannes, jambes apparemment grêles dans son pantalon élimé, et semble-t-il fracturées et comme ressoudées ou tenues par des appareillages, casquette vissée sur la tête, grosses lunettes faisant loupe sur ses yeux clairs contrastant avec sa peau mate, boucanée et si ridée. Je l'avais rencontré le matin quand je partais pour des marches aux aurores, lui allait, cheminant comme un escargot patient, chercher son pain et sa gourmandise préférée, le pastel de nata, ou du moins ce qui dans cette boulangerie hispano-italienne de la petite place proche ressemblait le plus à ce gateau feuilleté garni de crème de son enfance. J'avais bien remarqué qu'au lieu de dire le temps - il parlait souvent du temps qui passe et du temps qu'il fait - il avait tendance à dire phonétiquement o tempo et parfois carrément j'avais du mal à saisir ses paroles chuintées, car nous avions parlé à plusieurs reprises à cause de la porte d'entrée de l'immeuble ou celle de l'ascenseur que je lui avais tenue, lui me rendant la pareille quand il était déjà engagé.

Les propos qu'il tenait en regardant vers le ciel ou le plafond étaient toujours sérieux et empreints d'une réflexion sur l'évolution actuelle, celle du climat principalement alors que les autres occupants de l'immeuble rencontrés ici ou là dans l'ascenseur ou sur la promenade ou en réunion,  se préoccupaient aussi et plus intensément, après quelques remarques sur le soleil ou son absence, des incivilités, saletés, dégradations ou gestes malveillants de quelques rues adjacentes et parfois de notre entrée. 

Il avait dans sa jeunesse fait des rêves où une voix lui parlait, le conseillait. Il avait découvert que cette voix était celle de son père disparu mais donc présent pour lui en quelque sorte. Un jour, cette voix très prosaïquement lui avait dit d'acheter une voiture qu'il n'espérait pas pouvoir payer vu la faiblesse de son salaire et au bout de quelques jours un télégramme était arrivé. Ce télégramme le convoquait pour un nouveau travail beaucoup mieux rémunéré. Depuis, me disait-il , il était beaucoup plus attentif à certaines perceptions, aux messages que peuvent parfois nous envoyer des êtres ou des choses apparemment inertes.

C'est ainsi qu'il s'était mis à lire d'anciens écrits prophétiques et leurs commentaires. Ainsi pensait-il sérieusement que l'humanité allait disparaître, un jour, dans un déluge de feu.

Je le regardais dans ses yeux vert-doré, de beaux yeux inattendus dans cette face à la vie ravagée et, un peu pour lui faire plaisir, mais aussi parce qu'il m'arrivait de le penser, je lui dis :

-  Moi aussi.