Quelle que soit l'affaire il y a de nombreux points communs entre elles, surtout quand c'est en terrain épineux ou au moins problématique. Une affaire c'est toujours un nœud gordien même si vu de loin on peut penser que c'est facile comme de faire glisser un nœud coulant. Car il y a toujours les si fameux embrouillaminis qui se produisent ne serait-ce que à cause des barbillons de la ficelle ou de la corde qui se désenroule et se désentortille ou freine et renâcle en s'arcboutant sur elle-même alors que son tressage ou sa torsion auraient dû tenir le coup et filer doux comme enduits de savon comme il était prévu.
Bien sûr on peut jouer les Alexandre et trancher (je me souviens avoir écrit, arrivant au Brésil, un long texte où le héros, Alexis Alexandre A. , découvrait l'incroyable capharnaüm que forme, en dépit de toute tentative de représentation cohérente, la ville de Rio et la fascination qu'elle a pu exercer sur quelque génies dotés de ce que Pascal appelle " l 'esprit de géométrie ", dont Niemeyer, l'architecte de Brasilia ou, dés 1929 sur Le Corbusier revenant d'un voyage en Argentine.
Mais il y a très peu de cas où on peut se le permettre. Généralement en voulant au contraire dévider le fil, défaire le nœud sans vraiment comprendre, au lieu de trancher, on en fait d'autres, parfois, aussi bizarre que ça puisse paraître en tirant sur le fil on brode et sur-noue, c'est ainsi que les affaires restent non seulement irrésolues mais insolubles et inextricablement closes au sens non pas de résolues mais bloquées en nœud fatal. Le hasard des rencontres, événements non envisagés ou répertoriés, circonstances multiples, éléments primitifs et superposés, obsessions des chercheurs et modes opératoires parmi les analystes, font que tout devient obscur pour le chercheur qui débarque, l'architecte ou l'urbaniste et accessoirement le policier . . . .
Pour faire court et clair disons que c'est exactement (aussi) la position du diplomate. . . . qui débarque en poste et en pays et milieu en principe inconnus où il doit reprendre là où son (quelquefois de multiples) prédécesseur(s), ont laissé en suspens, sans qu'on sache à quel niveau réel de la crise - car les fins de mission sont programmées à l'avance à quelques jours prêt, inamovibles, indépendamment de l'avancée et de la résolution des conflits ou mauvais pas ou situations en porte à faux subsistantes - de nombreuses . . . affaires.
Voilà le point, et rien des résultats à attendre n'est prévisible, du moins à notre échelle où nous ne percevons (de même que nous ne percevons que des portions restreintes du spectre des sons, des couleurs) que des fragments du problème tel qu'il a l'air, peut-être l'air seulement, de se présenter à nous . . . et c'est là qu'intervient la nécessaire et perpétuelle improvisation.
O jeito à la brésilienne. C'est là que je voulais en venir.
Voilà la découverte,
déjà connue certes depuis, dans, pendant et en vraie règle du jeu des, les cours de récréation et même comme je l'expliquais il y a peu dans cette société en miniature qu'est déjà une salle de classe, dés la maternelle. Sous la démarche rationnelle se tient un cheminement incorrect, raccourci illégal, sentier hasardeux mais quelquefois nettement plus court et efficace, qui permet d'atteindre le but trop éloigné par les voies prescrites officiellement. Oui, ça je le savais déjà depuis longtemps mais on n'avait eu de cesse, d'autant que j'avais des parents enseignants et vertueux, assez à cheval sur les principes, que de m'inculquer comme on graverait dans la chair, comme on sculpterait le geste, des conduites et des propos droitement inspirés du modèle idéal de nos sociétés civilisées et dominantes :
Vision cartésienne et jules-ferryenne du monde.
Alors qu'au dessous ou au travers de cette représentation du monde géométrique se voulant universelle, fonctionne une autre logique de l'efficience à peine tenue secrète par nos penseurs et nos maîtres, une logique à demi sauvage comme on parle de "pensée sauvage".
Attendez ! Attendez ! je n'ai que trop d'exemples de ça mais pour l'instant je dois aller faire prendre le feu que j'ai préparé dans la cheminée avec quelques bûches de chêne et de thuya coupées sur mon territoire.
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