vendredi 12 décembre 2025

D du Dieu de Montaigne.

Le Dieu de Montaigne est avant tout celui de la prudence. Montaigne en effet a tout d'un païen adorateur de la nature et du naturel et il ne se risque pas, lui qui passe au crible de la raison tous les éléments du monde  qui l'entoure, à mettre un pied sur les plates-bandes de la théologie ! et il se montre peu loquace au sujet de Dieu . . . sauf qu'il en dit trop quand d'un revers de main tranquillement relativiste il attribue foi et croyance au hasard de la naissance, il dit :  à chaque territoire sa religion. N'est-ce pas déjà beaucoup dire quand on vit et qu'on a l'audace de la critiquer en période d'égorgements pour cause pro ou anti religionnaire, la période la plus folle des guerres dites de religion/s/(encore ne s'agit-il au sein de l'une d'entre elles de nuances et d'interprétations divergentes des mêmes croyances et textes) au travers de toute l'Europe ?

On aimerait avoir sa prudence en ces temps où "les gens" s'égorgent pour tout et pour un rien; religions, opinions, origine, déclarations publiques, attitudes, signes, façons de conduire, de s'habiller ou de s'exprimer, voter, s'enrôler, manger, chanter, sponsoriser, exposer, raconter des histoires et inventer des personnages, etc . . . 

Montaigne doute mais pas comme Descartes, du moins Descartes très jeune et encore guerrier, plus tard il sera plus circonspect. Descartes doute en scientifique absolu,  à fond . . . et pour dépasser le doute et aller se remettre après un tour extraordinaire, un saut périlleux métaphysique, sous la coupe d'un Dieu unique et CQFD, garantissant la certitude, sous la férule d'un Dieu monarchique et tout puissant despote créateur.

Montaigne doute déjà comme Voltaire mais peut-être plus de flegme et même, même si cela paraît impossible, plus d'ironie.

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