mardi 30 décembre 2025

Choix.

Elaguer, 

scier des branches, 
peu à peu, non pas garder les troncs
garder ce qui a des chances de repousser
dans cette forêt envahie par les broussailles
ou des plans originaires ont été peu à peu envahis
par des intérêts multiples nés de rencontres et hasards;
renouer avec les découvertes sur ce fond ramené peut-être à 
cinq ou six-cents livres qui vont devoir affronter l'approche de la mer

dimanche 28 décembre 2025

Affaires étrangères.

 Or donc . . . voilà une belle affaire . . . va-t-il, ce thuriféraire de la franchouillardise, nous faire l'apologie du système D , " d " comme la plus douce, débile et diabolique débrouillardise ?

Je dois bien l'avouer : presque.

Finalement l'une des choses que j'ai pu aimer dans ma longue traversée du Tiers Monde ça été ça : l'art de réussir sans les moyens.

Donc l'art d'inventer des solutions non classiques, non orthodoxes et fondées sur une pratique non théorisée, sans plan, sans calcul, creusée et coulée en acte né de l'intuition presque immédiate même si fondée parfois sur une longue expérience dans le domaine propre, ou parfois dans un domaine voisin, transposé par analogie.

Infini variétés d'exemples. Réparer des téléphones en récup de pièces ou parties de matériaux défectueux et en une sorte de greffe d'organes, ce que lentement nos sociétés pléthoriques sont en train de redécouvrir et de se mettre à pratiquer officiellement, refaire les sièges défoncés d'une voiture avec un autre tissu et d'autres tendeurs et rembourrages, travail de couturière et bourreliers, professions disparues de nos rues, transformer un tiroir en instrument de musique, jeu d'enfant, et même dans une société anté ou pré - Tiers Monde, mimer l'écriture pour s'approprier les pouvoirs de l'ethnologue venu du monde évolué dominant ( voir Lévi-Strauss).

A mon niveau de sauvagerie mal mimée et moins débrouillarde : faire appel à un parent de coopérant inconnus de moi et antiquaire très connu pour résoudre le mystère de l'incunable (né de l'imprimerie encore au berceau) offert à Senghor pour ses 70 ans et pouvoir rassurer l'ambassadeur qui l'offrait sur son authenticité sur une série de simples coups de fil et passer pour un presque incroyable érudit à peu de frais. Ou devenir un spécialiste de jeu de fronton au Pérou ce qui me permettait en pratiquant un sport très typiquement populaire et petit bourgeois de devenir l'ami d'un ancien ministre m'introduisant, à un tout autre niveau, au très fermé club de surf  hawaïen de la capitale donnant accès à une merveilleuse piscine, surtout à des membres du gratin local et secondairement à un club privé situé à quelques kilomètres de là et toujours hors des brumes de Lima, vrai autre monde, à une constante exposition au soleil, et ce n' est pas tout . . . à une maison en location possédant sur son parking son propre fronton. Sans parler de nos échappées en Amazonie pour y créer un nouveau siège de nos alliances.

Quant aux relations et navigations personnelles à la fois assez risquées, sincères et engagées, à coup sûr hors piste et bien sûr extra-fonctions officielles, que j'ai pu entamer, relations qui ont pu me permettre de suivre un chemin bénéfique pour  la communauté et l'institution, j'aurai quelques scrupules à en dire trop, sauf ceci, en l'occurrence, mes engagements politiques et mon amour pour le théâtre presque autant que pour la peinture et les peintres ont pu m'aider à y voir clair et à court circuiter quelques démarches officielles inutiles ou nuisibles.

Autant dire aussi la pure vérité, mes études et ma formation ne m'avaient nullement préparé aux fonctions d'administration et de relations que j'étais amené à exercer en petit soldat bombardé et largué.

Affaire(s).

Quelle que soit l'affaire il y a de nombreux points communs entre elles, surtout quand c'est en terrain épineux ou au moins problématique. Une affaire c'est toujours un nœud gordien même si vu de loin on peut penser que c'est facile comme de faire glisser un nœud coulant. Car il y a toujours les si fameux embrouillaminis qui se produisent ne serait-ce que à cause des barbillons de la ficelle ou de la corde qui se désenroule et se désentortille ou freine et renâcle en s'arcboutant sur elle-même alors que son tressage ou sa torsion auraient dû tenir le coup et filer doux comme enduits de savon comme il était prévu.

Bien sûr on peut jouer les Alexandre et trancher (je me souviens avoir écrit, arrivant au Brésil, un long texte où le héros, Alexis Alexandre A. , découvrait l'incroyable capharnaüm que forme, en dépit de toute tentative de représentation cohérente, la ville de Rio et la fascination qu'elle a pu exercer sur quelque génies dotés de ce que Pascal appelle " l 'esprit de géométrie ",  dont Niemeyer, l'architecte de Brasilia ou, dés 1929 sur Le Corbusier revenant d'un voyage en Argentine.

Mais il y a très peu de cas où on peut se le permettre. Généralement en voulant au contraire dévider le fil, défaire le nœud sans vraiment comprendre, au lieu de trancher, on en fait d'autres, parfois, aussi bizarre que ça puisse paraître en tirant sur le fil on brode et sur-noue, c'est ainsi que les affaires restent non seulement irrésolues mais insolubles et inextricablement closes au sens non pas de résolues mais bloquées en nœud fatal. Le hasard des rencontres, événements non envisagés ou répertoriés, circonstances multiples, éléments primitifs et superposés, obsessions des chercheurs et modes opératoires parmi les analystes, font que tout devient obscur pour le chercheur qui débarque, l'architecte ou l'urbaniste et accessoirement le policier . . . . 

Pour faire court et clair disons que c'est exactement (aussi) la position du diplomate. . . . qui débarque en poste et en pays et milieu en principe inconnus où il doit reprendre là où son (quelquefois de multiples) prédécesseur(s), ont laissé en suspens, sans qu'on sache à quel niveau réel de la crise - car les fins de mission sont programmées à l'avance à quelques jours prêt, inamovibles, indépendamment de l'avancée et de la résolution des conflits ou mauvais pas ou situations en porte à faux subsistantes - de nombreuses . . . affaires.

Voilà le point, et rien des résultats à attendre n'est prévisible, du moins à notre échelle où nous ne percevons (de même que nous ne percevons que des portions restreintes du spectre des sons, des couleurs) que des fragments du problème tel qu'il a l'air, peut-être l'air seulement, de se présenter à nous . . . et c'est là qu'intervient la nécessaire et perpétuelle improvisation. 

O jeito à la brésilienne. C'est là que je voulais en venir.

Voilà la découverte, 

déjà connue certes depuis, dans, pendant et en vraie règle du jeu des, les cours de récréation et même comme je l'expliquais il y a peu dans cette société en miniature qu'est déjà une salle de classe, dés la maternelle. Sous la démarche rationnelle se tient un cheminement incorrect, raccourci illégal, sentier hasardeux mais quelquefois nettement plus court et efficace, qui permet d'atteindre le but trop éloigné par les voies prescrites officiellement. Oui, ça je le savais déjà depuis longtemps mais on n'avait eu de cesse, d'autant que j'avais des parents enseignants et vertueux, assez à cheval sur les principes, que de m'inculquer comme on graverait dans la chair, comme on sculpterait le geste, des conduites et des propos droitement inspirés du modèle idéal de nos sociétés civilisées et dominantes : 

Vision cartésienne et jules-ferryenne du monde.

Alors qu'au dessous ou au travers de cette représentation du monde géométrique se voulant universelle, fonctionne une autre logique de l'efficience à peine tenue secrète par nos penseurs et nos maîtres, une logique à demi sauvage comme on parle de "pensée sauvage".

Attendez ! Attendez ! je n'ai que trop d'exemples de ça mais pour l'instant je dois aller faire prendre le feu que j'ai préparé dans la cheminée avec quelques bûches de chêne et de thuya coupées sur mon territoire.

vendredi 26 décembre 2025

Chats.

 Je vous souhaite (je fais des voeux en avance pour vous griller) beaucoup de chats.

Pourquoi ? parce que le chat est devenu le must passant de loin devant le chien;

mais par pitié ne les promenez pas en laisse. Foutez-leur un peu la paix. C'est devenu tendance de promener de très beaux persans ou main coon ou autres mais ils ont vraiment l'air, ces chats modèles de sagesse en balade involontaire de se demander si l'humain tourne rond.


raconter, raconter.

mais pourquoi ?

autant radoter ?

conter et ra-conter c'est re-mémorer, éviter que ça se perde, pour moi d'abord sinon ça deviendrait flou, mou, liquide, soluble, estompé, occulté, mort, oui lutter contre cela, mais aussi pour vous, et pour les autres, voir si ça continue à re-lier, à communiquer, on dit échanger aujourd'hui, comme on dit échanger des informations, des coups, des mots, des impressions, des SMS, bref des particules chargées de plein de trucs en fait indicibles mais transmissibles ou parfois, pointus, orientés, blessants, aidants, clairs, éclairants ou creux et répétitifs . . . selon le flot comme il va . . .

le croiriez-vous? nous ne sommes pas seuls à le faire et en particulier les oiseaux traversant le ciel le font sans cesse, ils se racontent plein de choses, ils ne cessent d'être communiquants et parlants, . . . 

c'est peut-être ça le modèle, voguer ensemble et pousser des cris comme les étourneaux en nuages virevoltant en formations spectaculaires que nous sommes ou les engoulevents; ou les oies.


Pilon brésilien.

 Quand je suis arrivé au Sénégal j'ai déclenché une crise de rire des déménageurs.

Quoi ce déménagement plein de petits trésors, dont un très vieux rouet dit roue tyrolienne, contenait aussi un pilon à manioc venu d'Amérique . . . à importer, ports et douanes passés, en Afrique ! C'était parfaitement absurde et le monde à l'envers.

Les deux grands gaillards accoutumés à déballer délicatement mes pièces rares n'en pouvaient plus de surprise et de rire. Et c'était lourd cet engin en bois sombre reposant dans un grand mortier rectangulaire dont le creux en forme de bol ne se formait qu'à l'intérieur de très épaisses parois; au bout d'un petit moment ça ne faisait plus tellement rire. Cet engin avait un poids d'histoire humaine et d'antiquité qui avait franchi deux fois l'océan, lors de la "traite des nègres" comme mode de vie des africains réduits en esclavage et nourris de manioc puis en quelque sorte "rapatrié" sous une forme un peu différente, dans un autre bois encore plus lourd, aux racines du mal. Tout proche de Gorée, l'île d'exportation de la main d'oeuvre.

ennui (l' . . . . avec les romans).

Ne me faites pas dire que je n'aime pas les romans, j'en lis des tonnes toujours avec le même plaisir d'exploration-découverte même si dans ce champ d'action je n'arrive pas à la cheville de certains comme Saint AF ou François Bon ou tant d'autres moins inspirés et dont ce peut être la profession critique.

Cependant, arrive toujours un moment où je m'ennuie et je dois alors sauter à pieds joints.

Je ne suis pas un bon lecteur de roman, si j'y réfléchis bien.

Car écrire un roman c'est presque toujours, même quand ce n'est pas une histoire téléphonée dont on perçoit depuis longtemps le déroulement et même la fin, c'est toujours étirer le scénario de telle sorte qu'il n'y ait pas d'équivoque ou de telle sorte qu'on s'endorme un peu dans l'évidence douillette d'une description accessible de faits ou états d'âmes connus même s'ls prétendent être en quelque manière inattendus ou au moins originaux bref, c'est accompagner le lecteur en le tenant par la main comme un trop benêt pour y aller seul à la découverte.

Bref bref, ça gagnerait souvent à être raccourci, interrompu, concentré, lancé, jeté, distribué à la volée en perdant de ces pages qui font trop souvent le poids et la longueur du "bon" roman. Vous suivez ? et c'est sans doute cette constante insatisfaction et impatience qui m'a conduit à écrire des bribes, des copaux, des rognures, de petits tableaux plutôt que des fresques.

Pleutre . . .

 décidément est une injure que j'affectionne.

mercredi 24 décembre 2025

Europe.

 Qu'est-ce que l'Europe ?

Ce que Trump déteste le plus puisqu'il 'ne peut rien en comprendre.

Question (posez votre).

Les champions crétins (parmi les) du net vous envoient des messages-placards recouvrant au moins deux tiers de l'écran, de telle façon que vous ne puissiez rien lire ni chercher ni juste préciser, sur lesquels ils écrivent : "posez votre question" ou "l'article est réservé aux abonnés, quand ce n'est pas "Amélie peut vous aider". Quand comprendront-ils qu'à trop aider on tue et provoque la fuite avec ressentiment et que même pour un seul Euro à chaque fois comme taxe des non abonnés on va trouver mieux à faire ailleurs et plus loin ?

C de café vital et miracle.

Pas besoin d'aller au café Procope ou en Ethiopie ou au Yémen.

Partout on peut boire du café plus ou moins serré ou allongé, italien ou américain. Un café qui dit-on répandit les Lumières en Europe et vit la naissance des linéaments de l' Encyclopédie.

Perso, pur descendant des accros et fanatiques du breuvage abyssin, je n'aurais rien réalisé sans café. Mes esprits lymphatiques seraient restés inertes, paralysées, englués de vapeurs me laissant sur le carreau, incoordonné, fatigué au réveil, sans ce puissant concentrateur d'énergie cérébrale.

Un jour à Paris n'ayant eu le temps que de sauter dans le métro à la station Mutualité, je suis arrivé à l'heure à mes rendez-vous rue Oudinot (là où le fronton du bâtiment est encore marqué historiquement "Ministère des colonies") et rue Monsieur où se trouvaient la plupart de mes interlocuteurs en coopération, pour obtenir, selon les besoins que j'estimais, au moins le minimum nécessaire pour maintenir une action significative dans  les postes traditionnels et ceux que nous venions d'ouvrir dans l'immense Congo alors Zaïre,  et je sentais bien que malgré le bon vouloir, l'amabilité de façade, les encouragements de ces chefs de bureaux, je n'obtenais que des miettes.

Je dis à l'un de ces décideurs arcbouté sur sa manne, c'était un ancien prof de lettres devenu bureaucrate, compréhensif, amical, nous avions souvent déjeuné ensemble dans l'un des petits bistrots du quartier :

- Ce matin j'étais en retard au lever après une soirée dans un théâtre de poche où j'espérais recruter une troupe de jeunes comédiens pour une tournée dans nos centres, je n'ai pas eu le temps de prendre ma tasse ou mon bol de café ou au moins mon double espresso. Allons prendre un petit café avec toute l'équipe attribution de livres, spectacles, crédits films, gestionnaires des bâtiments, éventuelle ouverture de nouveaux postes, subventions à des initiatives locales, bourses, invitations, nouveaux projets, etc . . . .

Voilà toute la petite troupe qui me suit et nous nous installons derrière la vitre d'un proche troquet.

L'ambiance était bonne et chacun y allait de son œil critique, de son sobriquet. c'était relativement tôt le matin mais pourtant, un peu ivres d'échapper au confinement des méchants bureaux où chacun était reclus, assis toute l'année à voir passer tant de "missionnaires" quémandeurs expédiés aux quatre coins de l'Afrique les considérant comme simples gestionnaires pourvoyeurs, après avoir ri et m'avoir traité de "diva" ils se décidèrent à m'accorder exceptionnellement, sans restrictions, ce que je demandais. Y compris la prise en charge d'une tournée théâtrale et de diverses expériences avec l'Institut national des arts de Kin.

Inutile de dire que pour mettre en place l'expo Zaïre en France, plus tard, ce ne serait pas aussi simple que de boire un kawa. 


mardi 23 décembre 2025

Pays où jamais il ne pleut (Au).

Sauf en hivernage.

Quand on m'a nommé au Sénégal, je me souviens, c'était assez agréable et facile. Ce ciel toujours bleu, ces gens souvent grands, élancés, souvent beaux et souriants, longs boubous, turbans sur la tête pour les femmes,  bras levés pour tenir une charge, enfant dans le dos endormi, qui parlaient un français un peu haché mais remarquable jusque dans les couches sociales les moins favorisées mais qui avaient été partiellement scolarisées du temps de Senghor le poète grammairien. Et ils adoraient plaisanter sur leur négritude à partir d'un certain niveau de formation, et s'amusaient même à nous traiter en peuple inférieur qui ne savait pas vivre autrement qu'avec des soucis ridiculement mesquins.

Et donc cet océan poissonneux, baignable toute l'année, avec des plages immenses proches et désertes, un approvisionnement des marchés en produits de toutes sortes, aux senteurs appétissantes présentés  par des vendeuse et vendeurs parés en couleurs éclatantes en tissus noblement noués et portés.

Seul le dit "hivernage", terme militaire conservé avec une certaine ironie et désignant la saison des pluies, le cœur de l'été, où les pluies diluviennes faisaient tout à coup apparaître, la saleté, la boue, le manque d'hygiène, la pauvreté, les odeurs fétides des égouts ou de leur absence, les feuilles des baobabs et les cèpes géants poussant dessous. Les gamins réclamaient quatre sous après avoir poussé les voitures enlisées jusqu'en centre ville; c'est alors que l'ossature d'un pays pauvre voué aux cultures industrielles et  aux migrations des pays voisins encore plus déshérités apparaissaient. Le décalage avec l'Europe était si flagrant, dés qu'on sortait par quelque piste autour de Dakar qu'on pouvait facilement imaginer déjà les flots de pirogues transportant vers l'eldorado les assoiffés de liberté et d'égalité, faute de vraie fraternité.

Pluie(s).

 Rien de plus beau que cette pluie fine, droite, sans vent qui la dérange de sa verticalité et de la position de ses gouttes nettement espacées, sous le soleil oblique, éclairant chaque perle transparente, bien quil y ait beaucoup d'autres formes de pluies, plus fines encore ou tombant en cascades et en torrents sur le pied du Pain de Sucre où nous avons découvert, ahuris, d'un côté d'abord, puis de l'autre, la vraie nature tropicale.

Net Pass.

Bien, alors voilà, je cherchais un titre pour le petit carton assez resserré dans lequel j'ai essayé de compacter mes documents d'archives impossibles à réduire davantage en prévision du grand charroi. Tentatives de collages (dessins et photos) ramenées de notre séjour au Brésil il y a plus de cinquante ans, jamais montrés, vieilles cartes de divers pays,

et ces assez grands dessins jamais publiés (à vrai dire une vraie bande dessinée) que Dare Darko Brač m'avait donnés en photocopie,

et aussi quelques petits résidus de fatras de tentatives de romans que je n'ai envoyés qu'à quelques rares "grands" éditeurs qui n'ont été lus qu'en courant et en sautant par dessus, par des lecteurs professionnels bien trop assaillis de manuscrits et qui du fait que je coupais mon texte (déjà) en espaces courts et souvent interrompus ont cru que je ne faisais qu'imiter les cut up de Burroughs sans en comprendre le maniement et même que ma traversée de Rio, énorme ville étalée valant continent aux multiples climats puis d'une portion de Brésil se rapportait à l'Amérique du Nord, sale boulot mais je leur pardonne, j'ai toujours été inachevé ou inabouti et illisible ou alors énigmatique (ce que je préfère à tout prendre),

et puis plein de petits bouts d'autres passages par ci par là, déclencheurs de souvenirs flash;

je ne sais pas comment, mais je cherchais un titre court, et m'est venu :

NET PASS dans la mesure où je compte bien lancer à partir de là quelques interventions sur blog ou autres.

Et par scrupule je cherche quand même me disant qu'un truc si simple si court a dû déjà servir et je tombe sur un machin NITINDO auquel je ne comprends rien et n'essaie pas d'ailleurs vraiment, n'ayant aucune intention de jouer à n'importe quoi en marchant dans la rue, car j'ai évidemment mes propres jeux que personne ne me dicte . . . .  (orgueil et prétention sont en blason permanent à mes armoiries), mais ce piratage à l'envers et seulement du titre me convient et je l'inscris sur le petit carton à emporter, Dieu sait où.

dimanche 21 décembre 2025

Photos de famille ratées ou pas.

Bien sûr replongé à ces stocks de photos conservées dans l'espoir de les identifier, de les classer et toujours enfermées dans ces albums sans légendes ou dans ces très anciennes boîtes de fer blanc à peine cabossées et rouillées.

Bien des choses (scènes, groupes) incompréhensibles (devenues) ou de portraits non datés ou sans légende, mystérieux.

Deux choses cependant claires : mon père en militaire sortant de l'école normale ou un peu plus tard se marrant tellement mais avec un soupçon perceptible d'inquiétude, avec son groupe d'appelés découvrant avec joie l'art de la farce de chambrée et du portrait collectif (avec deux amis passionnés de photo comme lui).

Le père et la mère de ma compagne la tenant bébé dans leurs bras, elle attentive à l'objectif et eux successivement, l'un et l'autre en portraits séparés dans la même posture, la serrant sur leurs genoux et la regardant tête tellement baissée, sans visage, rendus invisibles pour le photographe et le spectateur, comme gommés du portrait centré sur l'enfant, que personne ou presque n'aurait pu, sauf par la silhouette et la couleur des cheveux, les reconnaître.

Quelle image laissons-nous vues rétrospectivement ? 

Comment savoir quand on est jeune et fringant, pas spécialement tendre pourtant avec les dirigeants de l'époque et même militant opposant que la guerre va arriver (de nouveau en 40 après ces générations disparues 70, 14 et bien avant tout au long de l'histoire ?  

Comment savoir que l'un des deux parents attentifs au bébé va disparaître réellement à la fleur de l'âge et que le bébé (fille) va connaître lui aussi beaucoup plus tard la disparition brutale de son compagnon et premier amour ?

Bien sûr je ne vais pas vous faire un film américain larmoyant et peut-être poignant où, remontant le temps en alignant et juxtaposant mes photos de famille quand on imagine ce qui aurait pu autrement avoir lieu ou pas. Ces regrets et courtes méditations sur le passé qui aurait pu ne pas être tel ne sont pas du tout mon fort.

Une histoire que racontait ma mère.

 A propos de lointains cousins assez riches et radins max.

L'histoire du savon en petites caisses qui séchait au grenier. parce que, selon les traditions de la bonne économie domestique il s'usait moins vite lors des lessives faites à la main.

De l'avantage de déménager .

C'est un peu comme hériter de soi-même, de ses vies antérieures. refaire un bilan. Mettre sa vie à plat, étalée là par bribes mais presque, du moins matériellement par ces témoins, ces traces, en totalité, sauf sans doute tout l'étage enfoui, caché du non dit, vécu mais non manifesté publiquement, pourtant là, de fait présent au contraire là et marqué, matérialisé.

samedi 20 décembre 2025

Petits charrois.

Le grand charroi est précédé d'une infinité de petits charrois.

Pero por el momento he empezado postergando lo de escoger entre mis libros. 

 / / / nous avons commencé par les objets : tous ces petits engins et raccords, fils, prises, ayant trait à la transmission des sons, des images, des ondes devenus "vite" obsolètes pour nous qui sommes partis de la caméra super 9 puis de la vidéo, du magnétophone, des talky walkie, etc . . . tout ça doit disparaître et sans état d'âme sauf cette nuance de presque tendresse du regard pour ces perfections temporaires et défuntes ou pour ces appareils que mon père, devenu sourd et qui ne voulait pas porter d'appareil utilisait pour communiquer avec téléphone ou télé.

Je ne parle pas des meubles.

Il suffit de sélectionner selon son goût, hors toute tendance actuelle et selon les mesures de la pièce où ils pourront se caser le mieux ensemble. Ceci dit c'est vite dit. Nous garderons donc ces divans de Michel Ducaroy devenus cultes et un peu, très légèrement avachis auxquels nous tenons trop et cette table en design italien des années 70 qui est revenue du Brésil où nous avons laissé un beau buffet type scandinave en palissandre de Rio.

Adiar para mas tarde os objetos frageis.

Quelques tableaux, dessins gravures mais aussi petites sculptures, vaisselle, j'en ai parlé déjà.

Puis attaque des archives, dessins de famille, mon père, ma mère, moi, ma fille, dans l'ordre, auxquels il faut oublier de s'attacher en vrac et qu'il faut trier, trier sinon c'est un envahissement de souvenirs sans autre valeur qu'individuelle et qu'instantanée dont le classement a toujours, et d'une génération à l'autre, été reporté, faux trésor dont l'art peut-être présent mais inachevé est un argument insuffisant, puis . . .

. . . les diplômes, attributions de décorations et actes civils dont seules les volutes ornementales entourant, encadrement de hautes lettres écrites soigneusement, penchées et un peu tremblées, à la main, méritent regard et souvenir d'époques glorifiant le geste l'ornemental. Plus attachantes certaines lettres disant les difficultés, les peines, quelquefois, rarement la surprise joyeuse et le remercîment, souvent cartes postales de voyages sans importance que coutumiers, mais sait-on au juste ? difficile de trier, impossible de tout garder, il faut synthétiser ce fatras de vies croisées, oubliées à jamais, n'ayant que peu de valeur muséographique. Ai-je vraiment eu du côté de ma mère un ancêtre bourreau, exécuteur des hautes oeuvres, à la fois respecté et mis à l'écart par superstition et tradition, comme elle le croyait ? et l'oncle d'Amérique celui qui aurait parcouru au moins trois continents est-il celui qui selon la tradition m'a laissé en héritage cette hache et ces pointes de lances de parade qui ne sont peut-être pas pour rien dans mon goût de l'ethnologie ?

Viendront ensuite mes écrits multiples dont aucun ne mérite mieux que le feu purificateur et destructeur définitif.

Entropie des formes de l'art topiaire ici et maintenant.

 Ail, aïe, aille ! . . . si je ne me réveille pas toutes ces figures de buissons naturels et autochtones que je taille en formes totalement artificielles, cubes, sphères, pain de sucre, pinceau, parallélépipèdes, pour remettre un peu d'ordre utopique dans ce monde confus vont disparaitre sous le poussée végétale qui même en hiver continue à fourbir ses bouts de rameaux, ses feuilles assoiffées de lumière et de liberté première.

Exactement comme ce monde humain, organisé en démocraties délétères, certes utopiques mais nous faisant émerger tant soit peu de l'anté et post-préhistoire, de son avant sauvagerie et de son après barbarie.

D de P.

 Encore possible de faire un tas de truc, nager bien sûr, marcher, râler sans arrêt, ininterrompu, peu de plages de tranquillité, visser, démonter, chercher à réparer, j'adore, sans parler des exercices sur fauteuil d'ordi ergonomique, abuser du clavier et chercher des images, les comparer sur GG lenz, ça va de soi, et même porter des poids, un peu moins grimper, un peu moins travailler sur une échelle, mais les doigts déjà pas puissants s'affaiblissent un peu et se raidissent en pinces faibles, d'où ce besoin d'avoir sans arrêt à portée de la main un peu faible ma pince bleue, crainte qu'on me la fasse régulièrement disparaitre pour cause d'hygiène ou d'esthétique des dessus de granit de ma cuisine par où je passe sans arrêt pour vaquer au jardin, à la cave, à la cheminée, au bureau, aux réserves de bois disséminées sur le territoire où j'officie et médite.

C de Gaz.

 Gaz et (du) calendrier.

J'ai essayé mais pas moyen de me faire raccorder au gaz de ville qui pourtant arrive pas très loin de chez moi et après pourtant avoir démarché quelques voisins d'accord avec moi pour demander le raccordement. J'ai donc un chauffage au gaz en citerne que je fais remplir par un camion venu d'Arles et passé par Marseille pour se recharger.

Le seul maigre mais essentiel avantage que j'en tire sauf à payer le gaz plus cher et à devoir penser à le commander quand se vide la cuve, c'est le calendrier mural, rareté que m'offre chaque année la compagnie qui me fournit, un calendrier avec de belles photos originales de paysages européens qui me convient parfaitement pour marquer à l'ancienne, derrière la porte de la cuisine, un peu comme ça se faisait dans mon enfance, les dates et rendez-vous à ne pas oublier. 

vendredi 19 décembre 2025

La théière et le beurrier.


Retrouvés ce matin dans le capharnaüm de nos reliques et bricoles.

Modèles réduits fabriqués main quelque part dans les hauteurs à 60 km de Rio

Bien sûr ça va vous rappeler un truc cette mémoire en forme de fonctionnement de madeleine.

Quant à nous, ça nous a plongés une nouvelle fois dans la nostalgie du Brésil, Rio-Niteroï avant l'existence du pont qui les relie et alentours . . . Petrópolis puis incursions Sao Paolo, Recife, Minas Gerais, Porto Seguro, 

Brésil rêvé  autant que vécu, rêvé car nous avions les yeux grands ouverts et croyons alors rêver, ce n'était pas possible, cet accès de tant de merveilles, paysages, lumière, ouverture incroyable des gens alors que nous n'étions que des étrangers identifiables à leurs yeux à eux, aux gringos et de tant de vies, les leurs, si fortes exposées aux aléas de combats pour survivre si incertains, une sorte de vraie vie comparée à la nôtre et à la grisaille de l'après guerre européenne avec ses espoirs et ses slogans trompeurs, rêvé doublement aujourd'hui où ce rêve est devenu inaccessible malgré nos trois retours entre temps . . . vie qui fut notre, pendant plus de deux ans, projetés dans cet univers frère et si profondément autre,  il y a . plus de cinquante ans, . . exactement 52 ans. . . .

:      :      :      :     :        /          /          /          /

. . . etait-ce dans la théière ou dans le beurrier, une forte odeur de cannelle se dégageait, peut-être y avait elle séjourné réellement un temps, un long temps, d'un déménagement à un autre, en écorce roulée, en cigare fragile et odorant, ou était-ce seulement notre imagination ?

Depuis j'ai bien vérifié que je n'ai pas rêvé puisque aujourd'hui le Brésil développe sa production de vraie cannelle-écorce, alors qu'à l'époque il connaissait plutôt la pomme cannelle et le bois-cannelle aux saveurs voisines et une production un peu confidentielle que par pur hasard heureux nous avions découvert dans une fazenda isolée (d'où durant la visite ce cadeau dont ne resta, un instant, que le parfum), de l'épice la plus connue, recherchée par les conquistadors et explorateurs navigateurs, volée à l'arbre venu de Ceylan.

jeudi 18 décembre 2025

L de lambeaux de plastique.

 Voilà l'essence substantielle de notre monde. J'avais gardé un sommier entouré d'un emballage portant fièrement le nom des déménageurs, au cas où un jour nous pourrions installer cette petite pièce supplémentaire où recevoir un ou des parents (ou amis) qui auraient un enfant à faire dormir hors de la chambre d'amis qui leur était dédiéeayant déjà eu l'expérience d'amis proches avec enfant revenant du bout du monde pour, au moins au passage, nous voir et qui n'avaient pu rester chez nous faute de ce lit d'appoint.

Etait-il ou non en polyéthylène qui dure entre à peine quelques années et au maximum une dizaine ? A vrai dire, peu importe et il est vrai que le temps passe dans son sablier au trou de plus en plus large au fil des années civiles et du temps des physiciens.

Cet après midi j'ai voulu porter à la décharge cette récente relique maintenant non seulement défraîchie mais dont les lattes avaient souffert d'attaques de rongeurs et j'ai eu l'étrange surprise de voir se déliter et tomber en fragments, en lambeaux, en pastilles minces et inégales cet emballage transparent qui avait subi sans broncher ni en pâtir, pourtant, des chocs et frottements dans divers véhicules avant d'arriver dans le remise où il était resté stoïque et inutile comme un vieillard prématuré oublié de ses proches.

Un peu à l'image de notre monde qui n'était pas "mieux avant"  mais qui avait eu malgré tout, flagornerie, calcul, aveuglements et illusions encaissés au compte des bilans et soldes résiduels établis par les générations suivantes, un peu plus de tenue, de fierté, de grandeur aussi du temps des Sartre, Lacan, Foucault, Barthes, Lévi-Strauss, etc . . . plutôt que des actuels et d'ailleurs en général, sauf exception peu loquaces ou trop, peu intervenants dans les conflits majeurs qui nous assiègent, philosophes, penseurs, chroniqueurs à la Ferry-Onfray, nourris de poussières faussement transparentes, emballages déliquescents et particules grinçantes, enveloppés d'un petit univers de sophismes corpusculaires, de vaines et inexactes ou carrément absurdes ou mesquines critiques des oeuvres cohérentes, parfois majeures, déterminantes, des temps antérieurs.

mardi 16 décembre 2025

M de maisons multiples et obsessionnelles.

Bien des gens s'en tiennent à un lieu où ils creusent leur terrier avec persévérance,  quelle chance est la leur ! l'unicité, le choix définitif, l'enracinement.

J'aurais pu être peut-être de ceux-là. J'ai toujours été fidèle passionnément à certains lieux. Mais la vie en a voulu autrement. C'est vrai j'avais des dispositions à me passionner et pour les lieux et pour les moyens déjà bâtis ou éventuellement à bâtir, pour y vivre ou y habiter, en harmonie avec ce qu'on appelle aujourd'hui environnement et qui n'est autre qu'un biotope qu'on désignait autrefois par l'expression "un milieu" (ah la fameuse influence du milieu !).  C'est vrai aussi j'ai toujours été un rêveur incapable de ne pas aller voir ailleurs, une sorte d'explorateur pédestre adorant arpenter les villes, les bois et les champs, nager dans l'eau inconnue et étudier les cartes et les plans pendant des heures, cartes d'état major ou plans d'architectes. Vous imaginez à peine ma joie à découvrir dés sa sortie GG - Earth.

Au point que lors de phases sinon de dépression du moins de perceptions d'échec et de mécontentement, pour me soigner je visitais des terrains à bâtit, des maisons, des appartements avec vue ou situés tout proche de lieux attractifs. Je dois dire aussi que j'ai eu des amis ou copains généreux qui m'ont souvent laissé squatter leurs résidences lors de mes déplacements. Enfin, mes nominations hors de ma patrie m'ont contraint à occuper des lieux partiellement ou entièrement meublés où j'entrais littéralement et même très concrètement dans la vie d'autres personnes provisoirement ou définitivement absentes, en voyage, elles-mêmes expatriées ou disparues, qui avaient occupé et souvent hautement personnalisé ces lieux. C'était au moins aussi fort que de changer de partenaire, ou du moins presque, dans la mesure où un lieu fortement occupé est un micro-univers. Ainsi peut-être ai-je contracté par l'amour de l'architecture, des lieux, des voyages, de l'immobilier, du changement, par désir de comprendre et d'imaginer la vie des autres, le virus du donjuanisme casanier.

Il faudrait donc que j'établisse une liste des maisons dont je vais vous parler, outre la fameuse très haute maison perdue au milieu des buildings du Leme à Rio, ou de la maison du metteur en scène avec patio et collections archéologiques de Miraflores à Lima, dont j'ai déjà fait des descriptions assez détaillées.

Par exemple de cette immense maison de Kinshasa où m'avait relégué la décision d'un propriétaire qui m'avait forcé à quitter la précédente beaucoup plus à ma mesure et de ces appartements parisiens très heureusement et même avec bonheur, squattés grâce à des amis incroyables ou encore de ces maisons que j'ai dû louer au pied levé, en d'autres circonstances de non-départ ou de retour de l'étranger, en Bretagne ou en Corse ou en Occitanie . . . . sans parler de ces terrains où j'aurais voulu construire si je n'étais parti beaucoup plus loin.

dimanche 14 décembre 2025

V de cette entrée dans un monde virtuel et ces souvenirs d'une plongée.

 rien ne nous y forçait encore dans les années autour et avant 2.000 . . .

. . .  2.001, odyssée du Net, premier emballement après la peur entretenue d'un grand bug superposé à la renaissance des mythes d'apocalypse maya ou médiévalo-millénaires où beaucoup attendaient des signes, sans savoir trop lesquels, venus de Bugarach ou des grandes machines porteuses et pourvoyeuses de data . . . ignorant tout . . .

et il était encore possible de vivre dans l'ignorance de ce monde second, caché derrière l'autre et si désireux pourtant de se manifester en première ligne, poussé irrépressiblement par sa propre expansion, quelque chose d'animal, de végétal, une force interne inextinguible, une prolifération bionique ou un développement cosmique d'artifices phénoménaux à notre micro-échelle dans l'univers

qui finirait par prendre le premier rang, par boucher l'écran, la vue, l'œil entier pourtant ouvert et grand, sphère entre les sphères reflétant les entours et bien au-delà . . .  et nous fasciner au point d'être tenu, comme face à une pathologie addictive et nocive, de l'interdire à nos enfants mineurs pour qu'ils continuent à marcher sans tituber en cette autre sphère que nous avons toujours appelée monde concret et contre lequel les sens bien que trompeurs sont éternellement voués à nous heurter pour nous réveiller et introduire à la maturité et au réalisme du regard humain entreprenant, actif, introduit, 

je me souviens . . . tout le monde m'avait dit mets-t'y, mets-y-toi, c'est l'avenir mais j'avais déjà, écrivant déjà comme un fou, tellement de mal à maîtriser l'ordinateur que je ne voulais pas m'en servir autrement que comme simple et un peu plus complexe, déjà magique à mes yeux, machine à écrire, tellement de mal à ne pas faire d'un coup disparaître treize ou quinze pages d'un texte devenu ensuite introuvable et parti où ?

en fait en 2.000 le jour d'une éclipse de soleil (la dernière je crois, il y en avait eu déjà deux ou trois en peu de temps) j'avais plongé, sceptique toujours, sous l'eau en Costa brava pour voir si ça affecterait vraiment les poissons et bien sûr à première vie je peux dire que non

et puis aussi la joie des premiers blogs presque tout aussi tôt, c'était si facile, j'en avais une centaine que je cultivais comme des lopins de terre en parallèle

il y eut une période où j'en créais deux ou trois ou plus par jour

je m'adressais à tous, y compris aux très jeunes et lointains, ça s'appelait Bornes, Syndrome de Zelig ou La noble famille lapin qui habite le haut de la rue du Saut du Lièvre, et je me réjouissais de voir même les Australiens (après efforts, tentatives infructueuses à cause du mot "lapin", et interpellations appuyées) s'y intéresser . . .

Comme dans les contes cela donna l'occasion de rencontres inopinées pour ne pas dire improbables

mais aujourd'hui c'est devenu pour moi comme pour tous, non seulement un moyen de survivre dans cet univers qu'on nous impose administrativement virtualisé, rien ne se fait sans recours au digital, devenu filtre ou porte, canal ou pont aux ânes, 

c'est surtout un moyen central de ma vie en guise de combustible, de survie, d'existentialité, sans le Net ce serait comme ramer sans eau dans le vide, elixir de vitalité, autant que de faire des exercices physiques, de bricoler, d'agir de mes mains trop percluses et maladroites, canal de communication dans les moments de solitude, redoublement de vécu déjà ou en train de naître, lien, marche en avant mains tendues dans le noir, expression de pulsions, instinct de survie, goût du dessiner des courbes et des sillons, des brouillons, des plans, des épures, des tableaux noircis, barbouillés, chargés, aux traits trop appuyés, de lancer des messages quitte à rencontrer la à peine évitable incompréhension

samedi 13 décembre 2025

Grenade.

 C'est un fruit, une arme, une ville, voire plusieurs si on tient compte du tout petit Grenade sur Garonne; enfin un pays, un archipel des Caraïbes et des Grenadines, un temps français, parlant le créole, un temps proche de Cuba.

Salut de loin [quel dommage, j'aurais maintenant un peu de mal à venir jusqu'à lui dans l'île aux épices autrement qu'en Net, je ne prends plus l'avion ] au lecteur de Grenade.

B de belligérants.

 Froid dans le dos.

A croire qu'ils n'ont jamais appris à se taire ni l'histoire et ses refrains "c'est la dernière", "plus jamais ça", le cri des passants et clients du Café du Croissant à Montmartre où il dînait et travaillait, fou d'inquiétude et de rage, avec quelques amis, "Ils ont tué Jaurès", ni Oradour, ni la Yougoslavie éclatée, dépecée, cannibalisée, ni ces guerres semées partout où il y a du pétrole, du cobalt, de l'uranium, ces peuples décimés dont les survivants meurent de faim sous les toiles des camps humanitaires, ces grands prêtres du sacrifice des générations montantes, leur couteau d'obsidienne à la main, qui voudraient nous faire croire que le soleil s'arrêtera de tourner si ne s'interrompent pas ces moments de paix arrachés aux heurts des plaques telluriques, des ouragans, des incendies de forêts, des tsunamis, au fracas des machines mères des batailles de surproduction fabriquant la guerre.

vendredi 12 décembre 2025

Maisons (énièmes).

 Ayant habité plus de 24 ou 25 logements sans parler de mes logements d'étudiant, dont pas mal de maisons, et même fauché dans ma jeunesse ayant occupé plus de vrais maisons que d'appartements je suis je le sais un privilégié. Privilégié d'avoir pu fuir la promiscuité inévitable des couloirs, des parkings, des locaux poubelles, des escaliers, des ascenseurs, espace restreint où se joue un vrai théâtre forcé, sans parler de l'impatience de l'attendre ou de la peur du blocage, de la panne, l'arrêt à mi-étage, enfermé en prison cube d'acier, des cris ou coups de téléphone sur la terrasse voisine, etc . . . etc. . .

Je redoute le passage peut-être devenu nécessaire pour plusieurs raisons, le passage au septième étage avec vue par dessus les toits jusqu'aux collines (privilège encore), avec garage en sous-sol, à cause des voisins mais, n'étant pas tout à fait un sauvage, à cause des risques surtout de devoir de temps à autre les grimper à pied (ce que j'aurais fait il y a peu avec joie en guise d'entraînement, de défi, de substitut d'une vraie ascension sur un mont en plein air) ou de ne pouvoir les descendre à cause d'un incendie. 

C'est pourquoi, par compensation et retour de mémoire, nostalgie de vieillard, je vais devoir vous accabler de descriptions et récits ayant pour cadre mes (personnelles ou empruntées un temps) diverses maisons, dont beaucoup extraordinaires par quelque côté < . . . . comme j'ai déjà commencé à le faire avec mes maisons, vrais maisons, de Rio, de Lima, de Kinshasa ou plus récemment, rebattu et à devoir quitter en perspective, le Mas Dingue où je suis toujours encore quand je n'habite pas les soubassements de la Maison Carrée, ma préférée et de loin, indépassable demeure.

D du Dieu de Montaigne.

Le Dieu de Montaigne est avant tout celui de la prudence. Montaigne en effet a tout d'un païen adorateur de la nature et du naturel et il ne se risque pas, lui qui passe au crible de la raison tous les éléments du monde  qui l'entoure, à mettre un pied sur les plates-bandes de la théologie ! et il se montre peu loquace au sujet de Dieu . . . sauf qu'il en dit trop quand d'un revers de main tranquillement relativiste il attribue foi et croyance au hasard de la naissance, il dit :  à chaque territoire sa religion. N'est-ce pas déjà beaucoup dire quand on vit et qu'on a l'audace de la critiquer en période d'égorgements pour cause pro ou anti religionnaire, la période la plus folle des guerres dites de religion/s/(encore ne s'agit-il au sein de l'une d'entre elles de nuances et d'interprétations divergentes des mêmes croyances et textes) au travers de toute l'Europe ?

On aimerait avoir sa prudence en ces temps où "les gens" s'égorgent pour tout et pour un rien; religions, opinions, origine, déclarations publiques, attitudes, signes, façons de conduire, de s'habiller ou de s'exprimer, voter, s'enrôler, manger, chanter, sponsoriser, exposer, raconter des histoires et inventer des personnages, etc . . . 

Montaigne doute mais pas comme Descartes, du moins Descartes très jeune et encore guerrier, plus tard il sera plus circonspect. Descartes doute en scientifique absolu,  à fond . . . et pour dépasser le doute et aller se remettre après un tour extraordinaire, un saut périlleux métaphysique, sous la coupe d'un Dieu unique et CQFD, garantissant la certitude, sous la férule d'un Dieu monarchique et tout puissant despote créateur.

Montaigne doute déjà comme Voltaire mais peut-être plus de flegme et même, même si cela paraît impossible, plus d'ironie.

P de politique.

 En arriver au scepticisme total est-ce possible ?

Après tant de passion, d'espoirs, de recherche et de création de contacts, de curiosité pour les arcanes du pouvoir, les fraternités, les exaltations lucides, les solidarités, les colères, les affrontement des injustices,

non pas le dégoût, il était présent au départ, déjà, dans bien des cas, mais l'indifférence.

Ne plus entrer dans cette sphère où les agitations tournent à vide, produisant cependant, pas pour autant sans conséquences, par visée et prévision biaisées, par emportement des derniers cris de l'actuel, des courants passagers d'opinions prégnantes, des soumissions aux dictats sur-imposés, manigancés par des calculs à court ou long terme, quelques dérèglements catastrophiques et irrattrapables, 

quand il apparaît que tous les leviers nous échappent et appartiennent aux seuls oligarques eux-mêmes emportés par leurs propres guerres et rivalités, voués à la destitution, à la vindicte, au retournement des forces en présence, happés par l'hubris et l'ivresse du pouvoir.

D de plus de vingt-quatre déménagements.

 Encore et encore.

Je n'ai jamais compris ceux qui prétendent qu'un déménagement est un deuil, pire qu'un divorce, un arrachement, engendreur de dépression quand il est le fruit d'une décision non imposée (changement de travail ou envie de découvrir par exemple).

Oui, certes il faut jeter, donner, oublier, trier, se défaire de morceaux de gris gris importants dans le passé, mais quel espoir à nouveau ! Oui certes dans mon cas un peu particulier c'était accepter le cadeau d'un nouvel univers, affaires très différentes, autres langues, gens étranges, inconnus, incompréhensibles au départ, adrénaline et curiosité, défi.

Reconstruire, tout reconstruire et on a tant de choix quand c'est le résultat d'une décision volontaire, reproduire une part, une portion du déjà vécu pour s'y retrouver et adopter, même sur les vieilles choses emportées un nouveau regard sous l'éclairage qui change et aussi rejoindre d'inattendus nouveaux amis. incroyables,

voire même en retrouver qui étaient perdus.

Surtout re-naître à l'infini (ou presque . . . ) ça pourrait continuer longtemps, n'était-ce l'obligation de laisser un peu de place aux petits nouveaux qui se pressent hors des limbes avec leurs yeux grands ouverts et leur si fraîche naïveté.