dimanche 19 janvier 2025

Refaire des listes et ça repart.

 En projet :

Plonger dans le sac. Une histoire vraie de gens qui aimaient tellement l'eau qu'ils ont plongé dans la mer depuis des rochers proches de leur maison (privilège d'avoir une maison très proche de l'eau au point d'entendre le bruit des vagues) sur le coup de deux ou trois heures du matin, au mois d'août. Et la suite  . . . à venir.

Soleil à l'envers. une affaire presque incompréhensible.

Vieillir et le retour. On se fait des idées totalement fausses sur les vieux et ce que c'est que vieillir.

Scieurs de long : la chèvre et le renard. J'en ai peut-être déjà dit un mot. J'y tiens spécialement. Alors j'y reviens.

Menuisiers. Je sens déjà l'odeur du bois.

Maquettes (Fascination des ).

Apiculteur ambulant du Cap creux (L'). Une histoire du quotidien incroyable.

Dimanches que je ne hais pas.

Supplique (aux inventeurs en puissance, les hyperdouées d'Internet qui me font la grâce de m'accepter comme ami, moi si nul, pour qu'ils inventent enfin, un autre lieu de rencontre plus malin, plus choisi, plus snob que diable ! que ce satané et aujourd'hui de plus en plus idiot et mal famé, que dis-je, désespérant de stupidité, de FB.

vendredi 10 janvier 2025

Sous-marin jaune (mon).

Non, ce n'est pas une histoire harrypotterisée ni beatlemaniaquisée et d'ailleurs elle n'atteindra jamais un succès mondial, bien qu'il s'agisse d'un truc absolument magique. La magie est ici totalement terre à terre et même non pas sous marine mais en quelque sorte enterrée (dans ma cave) , pratique, banale et pas tellement pour les gosses ou les affolés de fantasy ou merveilleux infantile ou enfantin (voyez je ne cherche ni à récolter ni à ratisser large [[ double crochet :  mes opinions et mes partis-pris tranchées m'ont déjà valu des déboires et insuccès que j'assume]]). 

C'est même tout à fait le contraire, rien ne me fait renoncer à l'hyper-peu-populaire : l'HPP bien connu des rebelles forcenés.

Voilà c'est une histoire vraie et très très, trop triviale.

Je l'ai déjà dit : mon père n'était guère bricoleur mais mon beau-père qui avait fait pas mal de métiers, si. 

C'est lui qui m'a appris à ouvrir les huitres que maintenant j'écaille à main nue, sans journal protecteur et sans gant avec n'importe quel petit couteau joujou, le tout c'est de savoir les surprendre du bon côté au point d'attaque si petit mais béant, avant qu'elles résistent avec leur réflexe de muscle adducteur puissant, avant de déraper sur la coquille et de s'ouvrir les doigts.

Donc, il m'a laissé en héritage diverses choses, mon beaup, dont ce meuble jaune à tiroirs - cinq tiroirs - que j'appelle magique. Chacun d'eux contient à l'intérieur de petites ou grandes cases en bois bien compartimentées, toutes sortes de rebuts, roulettes variées, bouts de ficelles déjà nouées, capsules de bière, boîtes d'allumette, de fils de fer rouillés et entortillés, d'écrous, de becs, de pèces d'assemblages bizarres, de clés devenues inutiles, de chevilles déjà utilisées, de morceaux de plastiques travaillés en agglomérats emboîtés, de fragments de mécanismes oubliés, de bouts de couvercles cassés avec ou sans poignées, d'élastiques, de raccords de bouteilles de gaz, de petits morceaux de ferraille inidentifiables, de mini ancres, crochets ou pointes de piolets, de . . . disons aussi, en particulier de vis ou de clous aux dimensions rares sinon introuvables et de . . . disons toutes sortes de petits assortiments déclassés d'objets compliqués et appareils aujourd'hui disparus dans les poubelles du pauvre bricoleur désespéré de devoir jeter ce qu'il n'a pu réparer, mais heureux de garder au moins ça.

Et avec ça, transporté tel quel dans ma cave, meuble de guingois, indémontable tellement il a déjà souffert de vies antérieures et de différents transports précédents non assurés ou sécurisés, tout ça assez lourd puisque chargé d'une quantité difficilement imaginable de bricoles minuscules et le plus souvent métalliques, il est rare que je ne puisse pas réparer n'importe quoi d'un peu

 abimé et détraqué par un geste maladroit, par écrou perdu ou par usage trop long d'un organe ou d'une manette de fonctionnement, tel objet devenu défectueux, d'un élément remplaçable par un autre souvent moche ou inattendu mais parfaitement efficient. Ma foi quand on n'est pas ingénieur fabriquant faut bien se débrouiller.



Divad.

Parfois, comme hier, mais c'est assez rare, j'ai la très fâcheuse impression que tout mon être se met et va à l'envers, 

de travers, à reculons, à rebrousse poil, dans le mauvais sens, se cabre, régresse, freine, stoppe net, refuse d'avaler la nouvelle route, se cale, renâcle, avale de travers, n'éprouve plus cette formidable envie foncière, déterminante, irrésistible d'habitude, envie d'avancer. Cette curiosité, cette fièvre de recherche et de découverte s'est transformée en impression de déjà vu, de lassitude, d'inutilité corporelle, mentale, à quoi bon ? Mon corps n'est plus que refus, stagnation. Immersion dans un monde figé. Néant. Un corps ligoté, ficelé de filoche, retournant à ces légères crampes, paralysies provisoires, agitations internes inutiles, dépression des muscles et tendons. Tout cela purement intérieur, faux mais infranchissable, enfermement dans la négation de vivre faite de petites douleurs envahissantes et paralysantes, plus que ça, poussant en arrière, sécrétant l'hormone du refus.

Si j'ai été bien long à décrire c'est que je n'y arrive pas. A décrire ce besoin de repos, de sommeil qui mis au pied du mur se heurte à l'impossibilité. D'habitude je m'endors et me réveille avec assez de facilité, presque à volonté. Là plus rien ne fonctionne hors cette sensation d'absurde et insinuante généralisation d'inutilité de tout, même du sommeil. Même plus être sûr qu'au matin il n'en paraîtra plus rien si matin il y a avec réveil aux aurores et quelques heures à peine de paix . 

Si je veux être en mesure d'expliquer ça, une fois passé ce moment, je peux m'en référer à l'intoxication que je viens de provoquer moi-même en prenant ces remèdes anti-douleurs et en arrêtant ça. Retour du quotidien moins planant en définitive que cette menace de la pointe dure, violente, de douleur dans le dos, la hanche et la cuisse, matée par antalgique simple ou cortisone et opium dormitif. Retour à ces petits obstacles de mon corps vieillissant qui bouge encore mais au prix de petites victoires et obligations quotidiennes que je m'impose et qui me font encore rêver que je suis en état, sans drogue aucune, sans ordonnance, que je peux lancer des projets et songer à de nouveaux parcours.

Et ce matin, victoire, c'est reparti. Appétit d'ogre. Penser à remercier tout le monde : mes ancêtres qui m'ont légué ces fibres fortes, organes résistants, tripes absorbantes, cœur de bœuf ou de colibri, concentré de pompe, cervelle agitée, esprits vagabonds et yeux voraces. mes dieux tutélaires Mercure et Aphrodite, et aussi Neptune des eaux et rêves intuitifs, à tous les dieux de la Grèce et des profondeurs oublieuses et plus encore, Eshu et Ekeko, dieux des Afriques et des Andes, dieux de la terre argileuse dont je suis construit, rouge Taronus, dieu des Volques tectosages, merci aux guérisseurs du Ndeup lébou et Mères de Saint du Brésil, aux maîtres des vignes amazoniennes, chanteurs de mélopées et guides des enfers.

Que la paix règne sur tous ces corps souffrants, ces esprits dérangés, orientés à tort et à travers, douloureux et agissants, égarés, que je vois chaque jour hurler autour de moi.


dimanche 5 janvier 2025

Impuissance.

 Tout cela va être à reprendre sérieusement avec des exemples et illustration, mais bon sang de bois, ne serait-ce pas le moment de mettre en place, après toutes ces années d'échecs et de désillusions, non pas une théorie mais une feuille de route du développement. Le Tiers mondisme est tombé en papillote mais justement, nous en avons l'expérience et nous savons pourquoi. La France notre beau pays, chargée maintenant des chaînes retournées de son colonialisme dans les contrées qu'elle n'a pas renvoyées à leur indépendance, est acculée à la tâche de trouver des solutions et pas des solutions dérisoires, honteuses, revanchardes, expéditives ou expiatoires, ou néo-coloniales et régressives. Son passé, son histoire, sa puissance en partie conservée, devraient la conduire à mettre en place des solutions exemplaires . . . . Quand je dis ces évidences c'est juste pour mesurer la distance entre son discours officiel et continu, comme un grand classique vidé de sa tripe) et ma foi, il n'y a pas si longtemps encore grandiloquent, lors du Bicentenaire, (je ne parle pas des ancêtres du tiers-mondisme, là il faudrait remonter plus loin !) et ce point de déconfiture infâme et dénuée de sens où nous en sommes venus.

Eléphants et cachalots.

Quelle étrange fascination éprouvons-nous, chaque jour qui s'avance, de plus en plus intensément, en ce monde voué à nos dévastations de vie, pour ces grosses bêtes, parfois mises dans des zoos, tels orques, éléphants ou . . .  libres baleines à têtes rondes, pointues ou carrées, elles trop grosses pour nos bassins ! Comme si leur énorme cerveau, leur capacité à parcourir des distances, leur poids de chair, leur majestueuse lenteur hors ces actes précipités dont ils sont aussi capables, signifiaient qu'existent des magasins et recueils de sagesse que nous avons, pour notre large part manifestement éventrés et vidés. J'avoue que je succombe à cette attirance des poids lourds du globe et que j'ai le regret tardif de n'avoir pas nagé avec des baleines, des belugas ou d'énormes cachalots, n'ayant réus à voir que de loin des éléphants, mais pas d'aussi prêt que j'ai pu voir les gorilles du Kivu. .

Ce penchant ne m'empêchant nullement, à l'autre bout des gabarits, de vouer un culte aux plus légers, aux oiseaux, spécialement aux petits oiseaux, passereaux franchissant des distances invraisemblables qui avec leur cerveau minuscule, conchient nos plates-bandes, nos terrasses, jusqu'à nos tables, et impunément volent parfois nos objets brillants et se moquent à gorge déployée de nous, de tous ces matériaux, machines, moteurs, tours, gratte-ciels, ordres et règlements dont nous encombrons la planète.

Aide.

D'autres en ont fait le constat, si vous avez besoin d'aide n'allez pas demander aux richement pourvus figurant parmi vos amis, si vous avez cru bon de vous entourer, parmi la grande variété de cette assemblée évidemment nombreuse si vous êtes communiquant, n'en doutons pas, de quelques échantillons de puissants, surtout si vous ne rentrez pas dans les normes statistiques des démunis auxquels s'adresse habituellement leur charité bien gérée, supposant modicité et restriction de ses dons de même que règle de quant à soi du mode de vie, vous n'obtiendrez d'eux que de bonnes paroles dans le meilleur des cas, puisqu'ils ont déjà eu par ailleurs la bonté de vous considérer comme égaux en quelque manière, demandez à ceux qui bien que plus pauvres que vous risquent d'être prêts à vous aider par réflexe de fraternité entre gens de commune misère.

Effrayés par un incendie proche, des voisins inconnus qui avaient la chance d'être plus lointains et hors d'atteinte des flammes et fumées nous proposaient immédiatement de nous héberger à Rio dans leur petit appartement du quartier très petit, vraiment petit, bourgeois du quartier de Urca. Nous n'avons pas usé de leur hospitalité ayant déjà eu une proposition de relogement chez des amis habitant loin de là, un autre quartier, mais nous sommes restés en rapport et aujourd'hui encore, quand je pense à eux, je revois d'abord la conviction de leurs visages compatissants et accueillants


samedi 4 janvier 2025

Pirogues.

Plutôt que de vous parler de ce qui était envisagé aujourd'hui, un peu abstrait, à peine arraché à l'obscurité ou totalement intime, enfoui dans les circonvolutions à images, souvenirs et irruptions de pensées naissantes, de filières de sentiments, de prédilections et de répulsions, ce seront les pirogues qui formeront le thème qui me convient nettement mieux par ce temps gris et froid de souvenirs secs, 

les pirogues et le mouvement d'eau qui se forment quand elles avancent, fendant le courant, pirogues qui soulèvent l'image, l'impression, plus elles vont vite, qu'elles pourraient à chaque instant, 

pirogues maritimes ou fluviales, lacustres, franchissant les vagues ou remontant le fil d'un fleuve immense comme la mer, chavirer.

Parmi les premières, ces pirogues sénégalaises aux très vives couleurs, la rouge et la bleue, chaque jeune chef batelier s'époumone et appelle pour que soit choisie sa barque, ornées de motifs anguleux, peints et sculptés en blanc et noir qui en font des serpents, des bêtes, des dauphins, des crocodiles, des flèches, des ponts, des pontons et passerelles mobiles, nous conduisaient en fin de semaine vers ces îles proches de Dakar où nous pouvions nager dans des bancs de poissons immenses, perdus dans cette ondulation en filets, en grappes, en cascades sous-marines, intégrés à ces mouvements confondus aux éléments où chaque poisson, facette à revers sombre brille tour à tour en passant dans le rayon qui traverse le flot entre deux rochers, sur le sable blanc ou gris;

mais aussi celles des pêcheurs de Saint Louis pour apercevoir la ville ancienne, de loin, de la mer, si belle à l'horizon de l'histoire si cruellement présente là , perdue, maisons à étages vénérables des signares et des chevaliers vainqueurs esclavagistes, des fortunes amassées aux carrefour des eaux,

ou celles sillonnant l'Amazone large comme la mer, fièvre du caoutchouc bien largement retombée, ruines de riches parvenus,

emportant vers la forêt immense, chargée de bêtes, de cris, d'insectes, où maintenant ont circulé, armée de libération appui des gangs, toutes sortes de matières, de malédictions, de misères, de messagers de mort,

un vent chaud passe sur nos visages, rien du monde n'a changé, 

drame et redrame, le lac Kivu immense, étale beauté, grandeur, tremblements de terre et d'hommes, massacres ajoutés aux massacres.