samedi 24 octobre 2020

Pomme (sixième).

 Si nous voulons sauver nos pommiers et nos pommes abâtardi(e)s par tant de cultivars il nous faudra approfondir nos recherches sur les forêts primaires de la région d'Almaty au Kazakhstan.



jeudi 22 octobre 2020

Pomme cinquième et fin du truc à la va vite si vous permettez.

Moi qui ne suis ni Newton ni Fourier ni inventeur de rien ou pas grand chose, qu'un vieux voyageur étonné de ce qu'il voit et a vu, aujourd'hui enfermé dans les hauts murs de son jardin, réduit aux voyages immobiles tout aussi étonnants quoique moins colorés, odorants, violents et excitants, drogué au net et aux textes, parcourant la profondeur de mes étagères où se superposent brochures, reliures, encyclopédies, traversé de souvenirs en vrac et en nuées, les yeux au vert pour me calmer, observateur de rouges-gorges mangeurs des vers que je fais apparaître en creusant le sol assidument pour planter, planter encore, des plantations qui peu à peu vont obstruer les sentiers et l'horizon, qu'il me soit permis de parler de la cinquième pomme qui m'appartient.

Tout à commencé au marché couvert, aux halles de Nîmes, entre un aller et un retour en Afrique. quand je vois un ancien élève ou étudiant tout joyeux de me reconnaître, qui participant à une campagne de promotion voulait me faire goûter une pomme du Gard. Coléreux comme il m'arrive de l'être, je lui dis :

- Ce n'est pas une pomme du Gard, comment peut-on appeler ça une "pomme du Gard", où il existe tellement de variétés de pomme au goût beaucoup plus remarquable !

- Mais si, me dit-il.

- Mais non !  Golden et Red delicious c'est tout sauf "du Gard".

- Cultivées dans le Gard . . . 

- Oui, voilà, c'est une honte de venir faire de la pub au marché pour un truc envahissant et sans intérêt qui se vend partout déjà en masse et de détruire la richesse et la variété des reinettes, des pommes spécifiques à chaque vallée des Cévennes qu'on a de plus en plus de mal à trouver même ici, au moins une dizaine.



Maintenant je serais, si cette expérience se renouvelait, quarante fois plus en colère.

La pomme qu'on me présenterait (je n'en mange plus jamais depuis que le dernier petit pommier est mort de vieillesse et de chaleur dans ce fameux et si maigre jardin dont je vous parle toujours et depuis que je leur ai trouvé, c'est inévitable, même en bio au point où on en est, ce goût pur DDT résidu des 40 traitements subits dans le sol, dans le tronc, dans le bourgeon, dans la fleur, dans le fruit) serait ce que j'appelle celle de Blanche-Neige, une pomme empoisonnée par la marâtre industrie qui nous nourrit.


Pomme (la cinquième, première suite).

Sous ses dehors de récit onirique traversé par l'obsession géométrique, l'ensemble des textes que Fourier nous a transmis, tels la Théorie des quatre Mouvements et des Destinée générales, " prospectus" qui annonce et résume ses inventions, est souvent à la pointe de la critique de son époque et à l'avant-garde des inventions qui naîtront plus tard. Son expérience du commerce l'a focalisé sur l'observation du gaspillage absurde de nos efforts et ressources. Son imagination active le conduit à imaginer déjà la coopérative agricole comme système synergique des uns et des autres dans la gestion de nos richesses. La pomme son transport et son prix sont déjà au centre.

Il prophétise aussi que nous vivrons 144 ans dont 120 dévolus à l'activité sexuelle ce qui n'a rien d'absurde, eu égard à la précision de ses calculs . . . mais allez-y voir vous-mêmes comme l'ont fait Barthes et Foucault pour ses multiples avancées dans le domaine de la libération des femmes et de leur désir, pour son exécration de l'excision ou pour le constat que chaque génération est, illusion persistante, guerres, travail, progrès, culte de l'avenir radieux, allègrement sacrifiée à la suivante. 

Faut-il s'étonner que ce grand rêveur solitaire ait suscité tant de disciples passionnés dans le monde et plus étonnamment, de constructeurs de phalanstères impatients de mettre en pratique tout ou part de ses théories ?

Ainsi le dernier et troisième monument érigé boulevard de Clichy en l'honneur de ce penseur hautement subversif, posé sur le socle resté vide à la suite de diverses interventions fomentées au fil des années par anarchistes et phalanstériens (à la suite du rapt et de la fonte au profit des nazis de la statue hommage  initial, sous Pétain en 1941), est-il, pomme banale, sphère aplatie reflétant le monde qui l'entoure, idée de pomme sans caractère autre qu'universel, à valeur plastique de pur miroir critique . . . un joli point de départ de réflexion.



mercredi 21 octobre 2020

Pomme (la cinquième ?)

 Si je reprends Fourrier l'utopiste des phalanstères, il y en aurait eu quatre déjà :

celle d'Adam et surtout Eve, pomme de l'arbre interdit, celui de la connaissance,

celle que Pâris offrit à Vénus, pomme de discorde et jalousie, déclenchant la guerre de Troie,

celle que Newton reçut sur la tête en dormant, origine de la théorie de la gravitation,

celle enfin qui, vendue à Paris dans le restaurant Février, valait 14 sous l'une, soit cent fois plus qu'à Rouen, devenue la sienne, à l'origine, en prolongement de la théorie de Newton, de celle de l'attraction universelle qu'il eut l'idée d'appliquer aux passions humaines, champ nouveau qu'il lui revenait d'étudier en créant les sciences sociales pour comprendre enfin scientifiquement et compléter cette théorie générale de l'attraction , ce qu'il s'ingénia à faire, inventant au passage le féminisme.


(A suivre . . . )




mardi 20 octobre 2020

Covid 2.

Phase II, reprise.

Je me demande si un jour nous sortirons de ce vide partagé (c'est ce que veut dire le mot), générateur de redoublement, que dis-je ? quintuplement de nos 

incapacités

incuries

imprévoyances

inorganisations 

incompréhensions

inadaptations

puis-je ? imbécilités grandioses.

par ce mot

je veux juste dire comme Littré le

disait avec un gros doute sur l'étymologie :

sans bâton, sans béquille, bien faibles donc.



 

En clair.

 A vous fidèles lecteurs qui avez tant de mérite

de bien vouloir suivre un discours échevelé et hachuré en tranches, virgules et paragraphes, parenthèses, incises et répétitions de sens légèrement déportés, relevant d'un fil qui s'enroule sans qu''y paraisse toujours (à première vue ou lecture) l'intention et surtout l'aboutissement,

je dois avouer que je le fais exprès

sans le vouloir vraiment, mais c'est ainsi toujours et depuis très longtemps que je tente au mieux de rendre compte (ce ne serait pas l'expression exacte), disons plutôt "exprimer", "manifester", laisser filtrer serait plus exact, ce déroulement de ce qui s'enchevêtre et tente de se mettre au clair et à nu ou de quelque façon de se rendre présentable tel quel dans ma tête aussi bien qu'au dehors,

n'ayant pour but, quand je raconte un cheminement ou une aventure, une rencontre ou une peine ou une joie ou une déconfiture ou un éblouissement, et surtout aujourd'hui quand notre avenir se bouche et le mien encore plus, double peine, que de décalquer ce mouvement interne fait de projections et de souvenirs, de revécus sous forme d'images que je m'efforce de traduire et forcément de trahir en mots,

au plus près d'une sorte de rêve éveillé, parlé et articulé de telle sorte qu'il devienne transmissible et éventuellement compréhensible . . .  

donc . . . à vous fidèles lecteurs, merci, si cela vous fait du bien malgré l'effort nécessaire, tant mieux, pour moi c'est un plaisir de vous savoir présents et à mon tour de vous écouter en retour espion et attentif toujours.

De plus écrivant souvent couché, surtout quand j'arrive d'un élagage ou abattage d'arbre ou autre, bras un peu tétanisés, yeux pas encore accommodés, je tape à côté dans le clavier miniaturisé, ce qui ajoute aux difficultés de lectures, d'autant que je ne corrige que plus tard quand je vois le texte mieux mis en page et hors brouillon un peu dur à manipuler par toutes ces machines qui s'amusent constamment à changer et à cela s'ajoute le fait que ce texte que vous voyez est un palimpseste écrit avec des clous dans la cire (certains n'ont pas encore oublié que je suis logé dans mon ultramort qui n'a rien de factice sous la Maison carrée que je hante et squatte illégalement mais avec la négligente bienveillance de la municipalité après une lutte homérique pour me faire attribuer bien qu'à contre coeur cette adresse quand j'étais après d'autres aventures, en fuite)  que je m'adjuge le droit d'effacer et enrichir ou supprimer à tout instant. Oh lala quel pataquès mes aïeux ! Et quel dur métier ! faut vraiment s'accrocher (je parle de vous autant que de moi). Sans parler de ce p * * * de changement d'heure qui arrive ce WE . . . rien ne nous sera épargné.

lundi 19 octobre 2020

Langue (niveaux de).

 Certains éditeurs sélectionn-ent-aient (ou encore aujourd'hui ?) au niveau de langue plus qu'à la cohérence globale et au projet d'ensemble, sans parler de la recherche et des apports, des inclusions de nouveaux domaines, allant parfois du côté (à la rigueur) d'un nouveau regard, à condition que ce regard soit bien dans l'air du temps et finalement baigne dans le convenu y compris en y incluant comme licence valorisante les anglicismes derniers nés de nos snobs en voie d' . . . .(j'hésite) . . . américanisation (ce mot méritera tout un développement). Mais justement, la langue ne devrait-elle pas évoluer en embrassant et malaxant aussi ses (ou ces) niveaux pour intégrer, au-delà des effets de suivisme et de mode qui ne sont que des tics ou plus absurdement encore des prescriptions officielles ou au moins artificielles de groupes de pression, les trouvailles des chercheurs quelle que soit leur spécialité et aussi celles de tel ou tel parler populaire lié à des pratiques, des régions, des métiers ou des milieux ?

En tout cas, moi petit rien du tout, flâneur de clavier et homme de parti-pris cherchant le clivage ou la bagarre, à tout prendre, plutôt que le consensus beni-oui-oui, je vous avertis, je fais exprès d'y mettre dorénavant et plus qu'avant de l'allant et du feu, formé que j'ai été aux contraintes de la belle dissertation pendant tant d'années, forçat volontaire du bien écrire académique et des périodes un peu surannées ( . . . que je me garderai bien de renier, tiens donc !) et amateur avec fureur, emportement et angle calculé, des mots, des tournures, des graphies parfois que j'emprunte, au cours de ces combats, oui, combats, et emprun-terai, taillant à vif, pillant aux marbres typographiques et pages lues à haute voix des  :

hispanismes, catalanismes, sudaméricanismes puisant leur souffle eux-mêmes aux orients des tournures italo-latines construites solidement et en arabesques, 

argots des cours de récréation de mon enfance, 

occitanismes grand-maternels, archaïsmes, francophonies fraternelles, éparpillées et multiples, étonnamment riches en trouvailles à exploiter 

. . . et néologismes de mon cru ou repris de lectures oubliées.