mercredi 26 novembre 2025

La tragédie de l'histoire.

 Si Hegel en 1807, comme Kant, partisan de cette vision encore religieuse et incontestablement romantique selon laquelle l'histoire réalise "un plan caché de la nature" (Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique, 1784) il a au moins le mérite de la voir comme une tragédie des peuples qui s'incarnent  dans les "héros" que nous sommes tous et spécialement, très spécialement en certains individus, "héros de l'histoire mondiale".

Nous aurions aujourd'hui tendance à rejeter tout en bloc, sauf cette idée que la civilisation tourne autour de la terre d'est en ouest, de ces visions globalisantes et péremptoires. Nous aurions tendance à ne voir l'espèce humaine que comme destructrice globale de l'ordre naturel plutôt qu' "esprit du monde" orienté par la conscience et la liberté.

Quant à nos "grands hommes", ne sont-ils pas en un sens et pour reprendre le fil d'une projection métaphorique religieuse, l'incarnation de cette diabolique destruction, accumulant les traits du mal à la racine : orgueil ou vanité, égoïsme, mus par l'intérêt privé ou étroitement national passant par la domination des autres peuples, recours à l'écrasement et à l'annihilation comme avancée ?

Courage (il y faudra un . . . . fou pour faire ce que je veux faire).

 Encouragez moi.

Que voulais-je dire ?

Pas assez rapide, je n'ai pas noté à temps cet embryon d'image, de son, d'idée même peut-être qui m'a il y a peu ou peut-être plusieurs jours, traversé la tête entre les oreilles et derrière les yeux je vous assure que oui.

Donc me voilà avec un "sans titre" comme si ma cervelle était un gruyère à trous.

Mais rien de tel. On va rattraper l'occasion perdue et mettre de la crème dans les trous.

Chemins de garrigues.

Le monde est rempli de chemins de garrigues, canaux trop étroits,  routes prévues pour troupeaux de moutons, bergers à pied, charrettes et carioles, pas pour ce va et vient constant des couples ou célibataires possédant ou louant 2 ou 3 voitures et allant aussi rapidement que possible au boulot, à l'ANPE, ruiner la sécu par divers moyens, transporter les enfants à l'école, au cours de danse, au tennis, au boulanger, au coiffeur (construction fautive) etc . . .

Oui, car c'est pour tout pareil, sauf que nous sommes de moins en moins décontractés et polis comme c'est encore le cas des privilégiés logés sur les chemins de garrigues qui se cèdent le pas dans les passages étroits et se remercient d'un geste ou d'un appel de phare, de l'espace réduit dans les avions aux postes d'enseignant, ou aux brancards dans les couloirs pour accueillir les patients aux urgence, nous sommes déjà devenus trop nombreux sur ce qui reste de cette croute terrestre, pas seulement et depuis longtemps dans les empires des Indes ou de Chine, et on voudrait augmenter la natalité pour envoyer nos fils et éventuellement nos filles se faire abattre à la guerre provoquée en toute logique par ce fourmillement qui conditionne l'écoulement et les débouchés de nos surproductions idiotes et criminelles.

dimanche 23 novembre 2025

Perpignan

me manque.

La mystérieuse et parfaitement méconnue ancienne star des villes méditerranéennes d'un autre temps, victime d'un rapt, pour l'instant, de l'extreme droite, pour parfaire cette vision d' un arc méditerranéen légèrement outrepassé sujet à de constants retours passionnés de ma curiosité ou de ma nostalgie, quitte à poursuivre cet arc un peu au-delà de ces bornes depuis longtemps fixées, jusqu'à Barcelone et Alicante ou Sanremo et Pise.

Un Perpignan de Maillol et Dali aux racines plus profondes faites de foi naïve et d'attitudes iconoclastes. Un Perpignan des remparts disparus, pas tout à fait. Un Perpignan du vent terrifiant et bénéfique . . .


La ville d'en face.

Ce serait le sens du nom grec (Antipolis) d'Antibes, mais en face de quoi au juste ?

On aurait trop dit et répété qu'elle était en face de Nice (Nikaïa ou Niké : la victorieuse) ce qui pose problème. En effet il est clair que Nice n'a été fondée que longtemps après.

Face à la Corse ou face aux occupants antérieurs disent les chercheurs critiques qui ne sauraient mieux convaincre. Car cette ville qui fut toujours cosmopolite, qui se met en avant et qui fait face est en réalité protégée et bien que face à la mer en partie cachée ou du moins à l'abri.

Cette ville posée derrière son cap assez proéminent et visible de loin sur les circuits maritimes par les navigateurs venus de la péninsule italienne ou de la Corse ne fait face essentiellement et spectaculairement qu'aux lointaines Alpes ce que tous les observateurs et les peintres ont particulièrement remarqué pour en tirer de somptueuses vues, de Claude Monet au prolifique et bref Nicolas de Staël.

Picasso y trouva avec ses peintures sur fibrociment et autres récups, au sortir de la guerre, sa deuxième vie, de Staël y mit fin à la sienne et j'espère, quant à moi, dans le plus grand anonymat que procure le fait d'être inconnu, secret et espion francophone semi dormant, une autre encore belle et pas triste vie.


samedi 22 novembre 2025

Ode aux micocouliers de Nîmes.

Comment pourrai(s)-je (indignation ou hypothèse) les quitter ces plus de 2.200 micocouliers de Nîmes, arbres sacrés de temple antique chez les Celtes du Sud, devenus depuis la destruction des remparts médiévaux eux-mêmes remplacés par de larges avenues et longues promenades, arbres d'alignement puissants au feuillage léger flottant, tutélaire et frissonnant, armée de l'ombre, protectrice / sous, découpant son toit gris-vert, aux fruits en petites cerises passant du vert au rouge et au noir jusqu'au long de l'hiver, / sur un ciel éclatant ?