samedi 20 décembre 2025

Petits charrois.

Le grand charroi est précédé d'une infinité de petits charrois.

Pero por el momento he empezado postergando lo de escoger entre mis libros. 

 / / / nous avons commencé par les objets : tous ces petits engins et raccords, fils, prises, ayant trait à la transmission des sons, des images, des ondes devenus "vite" obsolètes pour nous qui sommes partis de la caméra super 9 puis de la vidéo, du magnétophone, des talky walkie, etc . . . tout ça doit disparaître et sans état d'âme sauf cette nuance de presque tendresse du regard pour ces perfections temporaires et défuntes ou pour ces appareils que mon père, devenu sourd et qui ne voulait pas porter d'appareil utilisait pour communiquer avec téléphone ou télé.

Je ne parle pas des meubles.

Il suffit de sélectionner selon son goût, hors toute tendance actuelle et selon les mesures de la pièce où ils pourront se caser le mieux ensemble. Ceci dit c'est vite dit. Nous garderons donc ces divans de Michel Ducaroy devenus cultes et un peu, très légèrement avachis auxquels nous tenons trop et cette table en design italien des années 70 qui est revenue du Brésil où nous avons laissé un beau buffet type scandinave en palissandre de Rio.

Adiar para mas tarde os objetos frageis.

Quelques tableaux, dessins gravures mais aussi petites sculptures, vaisselle, j'en ai parlé déjà.

Puis attaque des archives, dessins de famille, mon père, ma mère, moi, ma fille, dans l'ordre, auxquels il faut oublier de s'attacher en vrac et qu'il faut trier, trier sinon c'est un envahissement de souvenirs sans autre valeur qu'individuelle et qu'instantanée dont le classement a toujours, et d'une génération à l'autre, été reporté, faux trésor dont l'art peut-être présent mais inachevé est un argument insuffisant, puis . . .

. . . les diplômes, attributions de décorations et actes civils dont seules les volutes ornementales entourant, encadrement de hautes lettres écrites soigneusement, penchées et un peu tremblées, à la main, méritent regard et souvenir d'époques glorifiant le geste l'ornemental. Plus attachantes certaines lettres disant les difficultés, les peines, quelquefois, rarement la surprise joyeuse et le remercîment, souvent cartes postales de voyages sans importance que coutumiers, mais sait-on au juste ? difficile de trier, impossible de tout garder, il faut synthétiser ce fatras de vies croisées, oubliées à jamais, n'ayant que peu de valeur muséographique. Ai-je vraiment eu du côté de ma mère un ancêtre bourreau, exécuteur des hautes oeuvres, à la fois respecté et mis à l'écart par superstition et tradition, comme elle le croyait ? et l'oncle d'Amérique celui qui aurait parcouru au moins trois continents est-il celui qui selon la tradition m'a laissé en héritage cette hache et ces pointes de lances de parade qui ne sont peut-être pas pour rien dans mon goût de l'ethnologie ?

Viendront ensuite mes écrits multiples dont aucun ne mérite mieux que le feu purificateur et destructeur définitif.

Entropie des formes de l'art topiaire ici et maintenant.

 Ail, aïe, aille ! . . . si je ne me réveille pas toutes ces figures de buissons naturels et autochtones que je taille en formes totalement artificielles, cubes, sphères, pain de sucre, pinceau, parallélépipèdes, pour remettre un peu d'ordre utopique dans ce monde confus vont disparaitre sous le poussée végétale qui même en hiver continue à fourbir ses bouts de rameaux, ses feuilles assoiffées de lumière et de liberté première.

Exactement comme ce monde humain, organisé en démocraties délétères, certes utopiques mais nous faisant émerger tant soit peu de l'anté et post-préhistoire, de son avant sauvagerie et de son après barbarie.

D de P.

 Encore possible de faire un tas de truc, nager bien sûr, marcher, râler sans arrêt, ininterrompu, peu de plages de tranquillité, visser, démonter, chercher à réparer, j'adore, sans parler des exercices sur fauteuil d'ordi ergonomique, abuser du clavier et chercher des images, les comparer sur GG lenz, ça va de soi, et même porter des poids, un peu moins grimper, un peu moins travailler sur une échelle, mais les doigts déjà pas puissants s'affaiblissent un peu et se raidissent en pinces faibles, d'où ce besoin d'avoir sans arrêt à portée de la main un peu faible ma pince bleue, crainte qu'on me la fasse régulièrement disparaitre pour cause d'hygiène ou d'esthétique des dessus de granit de ma cuisine par où je passe sans arrêt pour vaquer au jardin, à la cave, à la cheminée, au bureau, aux réserves de bois disséminées sur le territoire où j'officie et médite.

C de Gaz.

 Gaz et (du) calendrier.

J'ai essayé mais pas moyen de me faire raccorder au gaz de ville qui pourtant arrive pas très loin de chez moi et après pourtant avoir démarché quelques voisins d'accord avec moi pour demander le raccordement. J'ai donc un chauffage au gaz en citerne que je fais remplir par un camion venu d'Arles et passé par Marseille pour se recharger.

Le seul maigre mais essentiel avantage que j'en tire sauf à payer le gaz plus cher et à devoir penser à le commander quand se vide la cuve, c'est le calendrier mural, rareté que m'offre chaque année la compagnie qui me fournit, un calendrier avec de belles photos originales de paysages européens qui me convient parfaitement pour marquer à l'ancienne, derrière la porte de la cuisine, un peu comme ça se faisait dans mon enfance, les dates et rendez-vous à ne pas oublier. 

vendredi 19 décembre 2025

La théière et le beurrier.


Retrouvés ce matin dans le capharnaüm de nos reliques et bricoles.

Modèles réduits fabriqués main quelque part dans les hauteurs à 60 km de Rio

Bien sûr ça va vous rappeler un truc cette mémoire en forme de fonctionnement de madeleine.

Quant à nous, ça nous a plongés une nouvelle fois dans la nostalgie du Brésil, Rio-Niteroï avant l'existence du pont qui les relie et alentours . . . Petrópolis puis incursions Sao Paolo, Recife, Minas Gerais, Porto Seguro, 

Brésil rêvé  autant que vécu, rêvé car nous avions les yeux grands ouverts et croyons alors rêver, ce n'était pas possible, cet accès de tant de merveilles, paysages, lumière, ouverture incroyable des gens alors que nous n'étions que des étrangers identifiables à leurs yeux à eux, aux gringos et de tant de vies, les leurs, si fortes exposées aux aléas de combats pour survivre si incertains, une sorte de vraie vie comparée à la nôtre et à la grisaille de l'après guerre européenne avec ses espoirs et ses slogans trompeurs, rêvé doublement aujourd'hui où ce rêve est devenu inaccessible malgré nos trois retours entre temps . . . vie qui fut notre, pendant plus de deux ans, projetés dans cet univers frère et si profondément autre,  il y a . plus de cinquante ans, . . exactement 52 ans. . . .

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. . . etait-ce dans la théière ou dans le beurrier, une forte odeur de cannelle se dégageait, peut-être y avait elle séjourné réellement un temps, un long temps, d'un déménagement à un autre, en écorce roulée, en cigare fragile et odorant, ou était-ce seulement notre imagination ?

Depuis j'ai bien vérifié que je n'ai pas rêvé puisque aujourd'hui le Brésil développe sa production de vraie cannelle-écorce, alors qu'à l'époque il connaissait plutôt la pomme cannelle et le bois-cannelle aux saveurs voisines et une production un peu confidentielle que par pur hasard heureux nous avions découvert dans une fazenda isolée (d'où durant la visite ce cadeau dont ne resta, un instant, que le parfum), de l'épice la plus connue, recherchée par les conquistadors et explorateurs navigateurs, volée à l'arbre venu de Ceylan.

jeudi 18 décembre 2025

L de lambeaux de plastique.

 Voilà l'essence substantielle de notre monde. J'avais gardé un sommier entouré d'un emballage portant fièrement le nom des déménageurs, au cas où un jour nous pourrions installer cette petite pièce supplémentaire où recevoir un ou des parents (ou amis) qui auraient un enfant à faire dormir hors de la chambre d'amis qui leur était dédiéeayant déjà eu l'expérience d'amis proches avec enfant revenant du bout du monde pour, au moins au passage, nous voir et qui n'avaient pu rester chez nous faute de ce lit d'appoint.

Etait-il ou non en polyéthylène qui dure entre à peine quelques années et au maximum une dizaine ? A vrai dire, peu importe et il est vrai que le temps passe dans son sablier au trou de plus en plus large au fil des années civiles et du temps des physiciens.

Cet après midi j'ai voulu porter à la décharge cette récente relique maintenant non seulement défraîchie mais dont les lattes avaient souffert d'attaques de rongeurs et j'ai eu l'étrange surprise de voir se déliter et tomber en fragments, en lambeaux, en pastilles minces et inégales cet emballage transparent qui avait subi sans broncher ni en pâtir, pourtant, des chocs et frottements dans divers véhicules avant d'arriver dans le remise où il était resté stoïque et inutile comme un vieillard prématuré oublié de ses proches.

Un peu à l'image de notre monde qui n'était pas "mieux avant"  mais qui avait eu malgré tout, flagornerie, calcul, aveuglements et illusions encaissés au compte des bilans et soldes résiduels établis par les générations suivantes, un peu plus de tenue, de fierté, de grandeur aussi du temps des Sartre, Lacan, Foucault, Barthes, Lévi-Strauss, etc . . . plutôt que des actuels et d'ailleurs en général, sauf exception peu loquaces ou trop, peu intervenants dans les conflits majeurs qui nous assiègent, philosophes, penseurs, chroniqueurs à la Ferry-Onfray, nourris de poussières faussement transparentes, emballages déliquescents et particules grinçantes, enveloppés d'un petit univers de sophismes corpusculaires, de vaines et inexactes ou carrément absurdes ou mesquines critiques des oeuvres cohérentes, parfois majeures, déterminantes, des temps antérieurs.

mardi 16 décembre 2025

M de maisons multiples et obsessionnelles.

Bien des gens s'en tiennent à un lieu où ils creusent leur terrier avec persévérance,  quelle chance est la leur ! l'unicité, le choix définitif, l'enracinement.

J'aurais pu être peut-être de ceux-là. J'ai toujours été fidèle passionnément à certains lieux. Mais la vie en a voulu autrement. C'est vrai j'avais des dispositions à me passionner et pour les lieux et pour les moyens déjà bâtis ou éventuellement à bâtir, pour y vivre ou y habiter, en harmonie avec ce qu'on appelle aujourd'hui environnement et qui n'est autre qu'un biotope qu'on désignait autrefois par l'expression "un milieu" (ah la fameuse influence du milieu !).  C'est vrai aussi j'ai toujours été un rêveur incapable de ne pas aller voir ailleurs, une sorte d'explorateur pédestre adorant arpenter les villes, les bois et les champs, nager dans l'eau inconnue et étudier les cartes et les plans pendant des heures, cartes d'état major ou plans d'architectes. Vous imaginez à peine ma joie à découvrir dés sa sortie GG - Earth.

Au point que lors de phases sinon de dépression du moins de perceptions d'échec et de mécontentement, pour me soigner je visitais des terrains à bâtit, des maisons, des appartements avec vue ou situés tout proche de lieux attractifs. Je dois dire aussi que j'ai eu des amis ou copains généreux qui m'ont souvent laissé squatter leurs résidences lors de mes déplacements. Enfin, mes nominations hors de ma patrie m'ont contraint à occuper des lieux partiellement ou entièrement meublés où j'entrais littéralement et même très concrètement dans la vie d'autres personnes provisoirement ou définitivement absentes, en voyage, elles-mêmes expatriées ou disparues, qui avaient occupé et souvent hautement personnalisé ces lieux. C'était au moins aussi fort que de changer de partenaire, ou du moins presque, dans la mesure où un lieu fortement occupé est un micro-univers. Ainsi peut-être ai-je contracté par l'amour de l'architecture, des lieux, des voyages, de l'immobilier, du changement, par désir de comprendre et d'imaginer la vie des autres, le virus du donjuanisme casanier.

Il faudrait donc que j'établisse une liste des maisons dont je vais vous parler, outre la fameuse très haute maison perdue au milieu des buildings du Leme à Rio, ou de la maison du metteur en scène avec patio et collections archéologiques de Miraflores à Lima, dont j'ai déjà fait des descriptions assez détaillées.

Par exemple de cette immense maison de Kinshasa où m'avait relégué la décision d'un propriétaire qui m'avait forcé à quitter la précédente beaucoup plus à ma mesure et de ces appartements parisiens très heureusement et même avec bonheur, squattés grâce à des amis incroyables ou encore de ces maisons que j'ai dû louer au pied levé, en d'autres circonstances de non-départ ou de retour de l'étranger, en Bretagne ou en Corse ou en Occitanie . . . . sans parler de ces terrains où j'aurais voulu construire si je n'étais parti beaucoup plus loin.