lundi 19 mai 2025

Bain.

 Cette année, j'ai tardé un peu. Eau à 19°. Un peu de mal avec mon épaule droite pour le soulèvement du bras. Beaucoup nagé sur le dos pour revenir. Retrouverai-je non pas mon corps d'antan mais cette sensation de plénitude qui remonte de toutes les fibres quand il obéit bien aux mouvements pour se glisser dans l'eau avec le moins possible de résistance, le plus possible de fluidité et un épanouissement de l'énergie qui refait surface sous la peau ?

dimanche 18 mai 2025

Bétharram (une affaire de grottes).

C'est bien là la question. Une affaire d'obscures approches pédagogiques. Car en fait Bétharram c'est d'abord une grotte (et une grotte c'est d'abord un lieu étonnamment caché) célèbre au long parcours qui se fait à pied, en barque et en petit train, réputée pour l'explication qu'elle permet de la très mystérieuse et longue formation des cavités karstiques. A ne pas confondre avec la grotte de Lourdes (qui finalement n'est pas très loin de Pau qui est à 25 kilomètres de Bétharram . . . ) bien que selon la tradition, justement, affaire de voisinage, Bernadette Soubirous ait été une habituée du pèlerinage à Bétharram  (bien avant sa grotte à elle) lieu sacré.

Mais voilà que maintenant cette affaire de grottes se prolonge, creuse et  troue les soubassements à la sauce béarnaise de notre Premier ministre. 

Pour ceux qui n'auraient pas suivi l'actualité locale devenue nationale (position inimaginable et intenable pour les citoyens forcément informés de notre beau pays), Bétharram est aussi, en ce lieu du village de Lestelle-Bétharram un établissement privé catholique d'éducation, avéré bien funeste lieu de viol et de tortures d'enfants et d'adolescents, pratiques et lieux plongés, avant qu'éclate le scandale,  dans l'obscurité d'une omerta longue et durable. 

Omerta couverte par qui et jusqu'à quelles instances ?

Si les voies de Dieu sont réputées impénétrables, celles des longues carrières et conditions d'une ambition politique sont peut-être trouées d'obstinés silences et de bien obscures cavités karstiques.

samedi 17 mai 2025

R de Rapprochements saugrenus qui sautent aux yeux aussi éloignés soient les éléments

 Dans ma mémoire je fais donc ce rapprochement incongru : Trahoré-Rougerie.

Rougerie éditeur de poésie selon ses propres choix hors écoles, hors courants et chapelles, de Boris Vian à Joe Bousquet ou Saint-Pol-Roux, éditant ses livres sur magnifique papier à la presse à bras, à Mortemart (Haute-Vienne), éditeur typographe, colporteur de ses propres éditions, parcourant toute la France des libraires dans sa vieille Renault HS, hors subventions, hors appuis politiques, mort à 84 ans, au combat de l'oubli de la poésie, de l'étouffement du poème, lors de sa dernière pérégrination à Lorient. 

Trahoré, mort à 68 ans, respectant sa lignée mais en rupture avec elle, combattant du cinéma Africain qui témoigne sur des thèmes sociaux, dans l'ombre de Sembène Ousman, regard neuf et brechtien dans un monde de plus en plus étouffant malgré les apparences de la liberté nouvelle des indépendances.

L'un du côté de l'apparent archaïsme et l'autre du côté de la modernité.

Etres rares, êtres de rupture réellement libres.

Beu (où est la)?

 Aujourd'hui partout.

jeudi 15 mai 2025

R de Rencontres, Ruptures.

 Au hasard de restreintes recherches toujours liées à des interrogations sur l'avenir qui se prépare, notre avenir aux horizons barrés, aux nuages si chargés et aux sols craquelés, questionnement forcément limité aux matériaux à ma courte portée et à ce que je crois savoir du monde (le peu qui s'en est déjà dévoilé à mes yeux), je trouve sur un blog recensant annuellement et pêlemêle, les morts fameux (drôle d'idée, mais pas si mauvaise, cet annuaire cimetière mémoriel), réunis sur la même page du fait qu'ils sont décédés en 2010, ces deux oubliés de la scène artistique : 

Mahama Johnson Traoré que donc j'ai eu la chance de rencontrer à Dakar dès mon arrivée 

et René Rougerie, éditeur de quelques uns de ces poèmes écrits à la volée sur ma petite Olivetti portative, il y a quelques cinq décades et plus, à Toulouse, à Rennes puis à Limoges où je vivais alors. 

Ce lien fortuit pourrait n'avoir rien d'absurde, Rougerie avait eu lui aussi à travailler en Afrique (dans le domaine de l'action culturelle radiophonique) et si j'ai pu rencontrer immédiatement Traoré c'était en partie dans le cadre de mon travail mais aussi parce que, précisément, frais parachuté au Sénégal en venant du Brésil, je venais de publier ces poèmes qui pouvaient me faire passer pour "artiste" débutant et donc peut-être éventuellement comme un être fraternel bien que situé de l'autre côté de la barrière qui sépare, tout autant au pays du poète Senghor, ex-colonisateurs et ex-colonisés.

Le fait est que malgré tout ce qui pouvait nous séparer, Trahoré était un auteur affirmé, présent comme militant panafricain contestataire, comme pionnier et initiateur dans les instances du cinéma d'Afrique de l'Ouest naissant après les indépendances, alors que je n'étais qu'un assez timide, nouvel, officiel et inconnu attaché d'Ambassade, une ambassade encore un peu trop sûre de ses prérogatives dans un pays "ami" et tout acquis à notre stratégie, nous avons pu avoir d'emblée un dialogue direct et décontracté. Il est vrai nous avions le même âge et il avait - c'étai sensible dans les intonations de son français parlé à voix forte et rauque - fait des études de cinéma à Paris.

Refusant de tourner en français il avait eu déjà la force d'imposer des tournages en Wolof pour ses deux films mettant en cause la condition faite aux femme dans les sociétés traditionnelles intitulés : la Jeune-Fille et la Femme (Dinkha-Bi, Diegue-Bi en version originqle).

Le fait est que aussitôt fait connaissance, ça tombait plutôt bien après un festival du film africain organisé à Dakar, il m'invitait à sa tabaski familiale.

Etrange cérémonie de sacrifice du mouton.

Son père vêtu d'un grand boubou, je m'en souviens comme d'un baptême d'africanité pour moi, retour aux racines du sacré, tranchant rapidement la gorge du mouton criant très fort, et nous, autre génération, lui et ses amis, conteurs, écrivains, musiciens, photographes, alignés derrière, accroupis, saisis par ce spectacle rituel remémorant les origines communes des trois religions, juive, chrétienne et musulmane dominante ici pour l'occasion. 

Puis tout aussitôt, parti le père, éclipsée la famille, grand renversement, rupture de contrat avec le passé chappe de plomb, très rapidement, symbole signal de l'appropriation d'autres mœurs,  pas si futile ni légère, autre initiation, chaines archaïques sciées, cette ouverture des bouteilles de whisky cachées pas loin, sous la surface des coussins des canapés où nous étions affalés et début d'une beuverie entre jeunes émancipés profanateurs.

(A suivre . . . )

mardi 6 mai 2025

aventure (Quelle) !

Figurez-vous qu'à force de vouloir jouer à l'invincible, je crois que j'ai franchi un mur comme le passe-muraille de Marcel Aymé. cependant vous connaissez le risque sans doute plus imaginaire que réel, l'imaginaire étant cependant une bonne partie du réel comme chacun le sait, celui de rester coincé dans le mur qu'on prétendait et qu'on avait commencé à traverser. Oui, c'est ça, peur de rester enfoncé à la maçonnerie du mur, une main dans la brique, un pied dans un moellon et le ventre et le cœur pris avec les pectoraux dans une pierre fort ancienne et gravée d'initiales, utilisée en réemploi.

C'est là que je déchaîne ma force de Hulk, que mon corps gonflé, boursouflé de muscles, chétif devenu découplé, excessivement découplé, décuplé en énergie se met en transe et en mouvement. C'est là que devenu beste animalesque, poussant des hurlements, j'arrive à m'extraire sans trop de déchirements du piège qui me paralyse, m'englue, me pince, me lamine, m'étouffe, qui, inexorable, mécaniquement, était en train de se refermer.

Un chien aboie de l'autre coté du mur et m'accueille joyeux.

Voilà ce qui m'arrive, peut-être en rêve ou que j'imagine facilement après une journée mondaine où j'ai vu trop de gens, amis lointains ou de circonstances, où j'ai fait trop de pas. Voilà ce que produit sur moi la fatigue en fin de journée, nul besoin de plonger dans les songes, sans artifice, sans alcool, sans drogue aucune, telle est ma façon de m'en sortir, tête toujours échauffée que je suis, inexplicablement et inépuisablement.

M'arracher à ce qui m'englue et retrouver une liberté jamais atteinte.

Folie direz-vous. Inconstance et fausse persévérance pensez-vous. Mais non, c'est tout simplement mon habitus, mon immédiateté vécue. retrouver  une sorte de pulsion nécessaire.

lundi 5 mai 2025

Feuilleton qui pourrait s'appeler HMS ou Superchien plus fort que Hulk le géant.

 Que diriez-vous si je vous racontais mon nouveau feuilleton HMS ou Foi d'Animal, avec déjà comme dans Wiki le synopsis adéquat.

Je ne suis pas allé le chercher bien loin pendant ma longue quasi-absence de la Toile. C'est [en fait] du pur quotidien.

L'histoire est celle d'une réapparition. celle de Hulk, Manimal et Superdog, trois héros dont vous verrez que non seulement ils tiennent la route depuis leur lointaine naissance, des années 60 ou 70 ou 80, pour certains épisodes et changements depuis leur apparition, mais (je crois qu'on peut dire qu') ils sont en passe de devenir pionniers, préfigurateurs, voire prémonitoires de notre collectif quotidien en devenir.

Hulk d'abord. 

C'est très simple pour moi mais très difficile à expliquer. Rien de grave, j'ai [juste] des sensations bizarres, qui ont commencé du côté de ma jambe critique, la jambe gauche, celle qui a des "impatiences", ces mouvements involontaires et intempestifs qui depuis longtemps perturbent mes séances de visionnement quand le film ou le doc ou la série ne retient pas suffisamment mon attention, avec un pied dont j'avais l'impression que la peau au niveau des orteils et de l'avant pied était devenue trop étroite et qui maintenant a pris par fragments détachés des couleurs violacées qui lui donnent l'apparence d'une vieille peau de serpent ou du nez couperosé - multiplié par les cinq doigts - d'un vigneron bourguignon. La première fois que j'ai dû expliquer ça, non pas l'apparence, ça se voyait suffisamment, mais la sensation interne de rétrécissement  de la peau et d'éclatement de la chair, à un professionnel de santé, c'était une pharmacienne, elle était un peu perdue et je n'ai évidemment pas pu évoquer le cas de Hulk qui aurait pu l'éclairer si elle avait fait partie de la génération exposée à ces délires premiers des séries américaines. 

Mais si je vous en parle c'est que cette ridicule, absurde et invraisemblable parenté avec Hulk (je ne suis ni aussi savant ni aussi fort que lui, loin s'en faut !), étant et restant un peu mince et devenant chaque jour plus rabougri malgré cette impression d'éclatement de ma carapace ratatinée qui c'est depuis peu terriblement accentuée.

Pour Manimal c'est plus facile à expliquer et beaucoup plus naturel car j'ai moi aussi, comme le héros de la série culte, fréquenté avec assiduité et passion des animaux divers à  carapace, à piquants, à plumes et à poils, dans des coins perdus d'Amazonie ou des forêts humides du Congo, et donc, bref, je me sens tout à fait et de plus en plus capable de dialoguer avec eux dans leur langue ou presque et surtout, capable de me mettre à leur place par empathie et résurgence de mes impressions et ins

tincts primitifs.

Enfin, pour ce qui est du Superdog venu d'une autre planète, chien héros aux "aboiements glacés", il me suffit maintenant d'observer tous ces chiens bichonnés, grands, géants, super-toilettés et revêtus de chemisiers, foulards, capes et harnais ou micro-fabriqués, minuscules faiseurs de crottes tirés à quatre épingles, munis de bonnets et de bottes, pour comprendre qu'ils sont décidément tombés d'ailleurs et méritent par leur bravoure et dévouement sans borne un culte tout spécial.