une affaire (tentative tardive) de mise en ordre décousue des occasions saisies ou perdues à mille entrées (va y avoir du boulot pour vous et pour moi)
jeudi 22 mai 2025
Chaise bleue (pour l'étude d'un remake).
Quand je retrouve ces chaises bleues en vrai ou ces images de chaise bleue dans le ventre de mon ordi, ça me reporte à un vécu relativement récent mais qui s'est déjà éloigné dans le temps, glissant peu à peu vers (bientôt) une autre époque. celle ou emporté par un enthousiasme inflexible j'écrivais un (ou des) feuilleton(s) dans Marsam.graphics, perdu au milieu de créateurs et exégètes de BD, moi qui en suis resté par ailleurs à l'archéo-prototype de Bibi Fricotin, au mieux, voire (pas le meilleur) à Woopy l'indien ou aux aventures du pirate La Bigorne (Pierrot années 50), détestant Walt Disney depuis toujours et à la fascination, par ailleurs, pour les peintres de la Renaissance italienne inventeurs de la perspective ou du prodigieux Dadaïsme ou du submergé Surréalisme et alentours.
Je me souviens de cette affaire (déjà donc si lointaine) de chaise bleue gravée d'initiales trouvée sous les eaux du Cap Creux (que las Catalans me pardonnent, je veux dire Cap de Creus) qui provoqua une enquête et un scandale lié à l'équipe Duchamp-Picabia (amitié de joueurs d'échec sur la Croisette de Cannes) ou Duchamp-Dali (Duchamp étant souvent venu à Cadaquès) ou encore, du moins peut-être, à ses émules tardifs ou peut-être même (hypothèse tout aussi probable) à des faussaires.
mardi 20 mai 2025
Méthode.
Ma méthode de discours est simple.
Par moments alors que les trois quart du temps je laisse s'écouler des flots d'impressions, d'idées nouvelles, qui me semblent sortir du tout mâché ou de sentiments étranges que je garde pour moi, il advient au cours d'un bref éclair que sonne silencieuse une alerte, une impulsion qui me dit : note ça ! Et pourtant je sais bien par avance quand ça ne pourra intéresser personne car on pensera au vu du titre que je ne fais que céder à l'actualité ou bien je sais bien aussi que je m'aventure inversement dans le trop spécialisé d'un débat, ou l'inactuel apparent de ses retombées, mais surtout, et cela vaut la peine d'être noté, l'impression vague, le point de vue ou l'idée qui ne me semblaient pas mirobolants s'avèrent à l'usage, au sortir de limbes flous, intéressants pour tous, pour vous et pour moi.
Parfois j'ai déjà le titre et je sais ce que je crois vouloir dire, parfois le sens où l'intention s'infléchissent tout en écrivant mais il arrive donc aussi que rien ne soit clair au démarrage de l'écriture et que se révèle l'inattendu à mes propres yeux.
Ainsi cela peut arriver (rarement) pour quelques histoires que je raconte dont l'essentiel est cependant constitué de faits vrais, réellement vécus;
j'ai par exemple, une fois, une seule fois, commencé à parler d'un certain ami plus ou moins perdu de vue aujourd'hui dont j'ai travesti le nom, le rendant parfaitement méconnaissable, en l'écrivant à l'envers pour éviter de l'y impliquer, et l'ai fait entrer dans une histoire en partie effectivement vécue, sans savoir où la suite (inventée) aller nous mener. Or cette suite impromptue était tellement surprenante et finalement "vraie" au regard des mythes locaux, appartenant au lieu bien précis où l'affaire se déroulait, qu'elle a pris tout le monde de court, y compris moi et qu'elle a fait un tabac dans le genre poétiquonirique (passez moi ce néologisme) que j'affectionne quant à moi et qui parfois me saisit sans que j'y puisse rien comme une émanation, un écoulement, une nuée qui se formeraient seuls et me seraient étrangers. Or cette histoire un peu insolite, cette affaire trouble était, s'est avérée ensuite, tout à fait . . . comment dire ? "compatible" avec le récit archaïque légendaire et bien oublié de tous qu'évoque une mosaïque récemment découverte dans le sol nîmois.
Mais rassurez vous, ce discours au long cours fragmenté est fait de pièces de céramique tirées du réel vécu sans illusion ajoutée pour la plupart de ses bouts.
Et ce que j'invente ou crois inventer un peu malgré moi est après tout encore plus révélateur sans doute de ce qui reste caché et est amené à se manifester.
Poste à Galène.
En ai-je déjà parlé ?
Fasciné par ces pionniers qui utilisant cet instrument si fragile, si aléatoire, dont l'un appelé "moustache de chat", arrivaient à communiquer avec des inconnus du monde entier ? Et surtout fabriquant eux-mêmes et essayant de maîtriser par tâtonnements et une patience infinie leur matériel ultra-simple et léger. Du quasi bricolé d'écolier curieux et assez malin - mon père qui avait été radio dans la guerre de 40 et qui maîtrisait par ailleurs parfaitement le morse, adorait ce truc de dingue qui marchait sans électricité .
Orage.
Ils ont prévu des catastrophes venues du ciel, des palmiers déracinés, des sous-sols entièrement inondés, que va-t-il réellement arriver après ce printemps trop humide et ce ciel imprévisible ?
Cosmonaute perdu ?
Cette image me poursuit.
Depuis . . . je ne sais plus. Ce phénomène a dû commencer à Nîmes quand j'habitais au centre ville et peut-être ça avait commencé avant, à Rio déjà sur cette grande table ornée d'un cendrier ancien en verre et en métal que j'ai encore sur mon bureau italien aujourd'hui, dans cette grande salle qui avait servi de salle de réunion et de salon de musique qui occupait tout l'étage et que les propriétaires qui vivaient au-dessus nous avaient louée comme salle de séjour dans l'appartement avec accès direct par grand escalier qui occupait la bas de cette étrange et unique maison perdue au milieu des immeubles du quartier du Leme. (N'ayant pas gardé de photo de l'intérieur, il faudra un jour que je vous dessine ce lieu spectaculaire).
De fait, quand j'écris, face à la page blanche ou à l'écran, je me suis souvent vu, passionné que j'ai toujours été de cosmologie, de conquête spatiale, de vieille science fiction, dans la peau d'un cosmonaute solitaire et oublié, perdu en orbite et ne pouvant plus manœuvrer aucun de mes déplacements, réduit à écrire sur un écran fonctionnant encore dans mon vaisseau largué dans l'espace, écran dont je ne sais avec qui (ou même s') il communique encore.
lundi 19 mai 2025
Transits, Escales, Etapes, Stops, Attentes.
Je me souviens de ces sièges confortables, de ces foules désœuvrées, de ces attentes interminables, en ces lieux provisoires, de ces tentatives d'alléger le temps interminable en parcourant les étages illuminés, entre deux vols, deux destinations, deux retards probables, les couloirs, les galeries, quelquefois de nuit, toutes boutiques et bars fermés, quelquefois dans la chaleur insupportable, quelquefois dans des espaces au contraire restreints et peu éclairés, ou glacés de clim, à Cayenne, Caracas, Asuncion, Marseille ou Djibouti, voire à Paris, passé d'un aéroport à l'autre, c'était inévitable.
Souvent je rêve et aussi je vis ou revis des recherches de sites, de maisons, d'appartements, de lieux où attendre, de lieux à l'abri de tout ce remue-ménage.
J'ai aimé aussi de temps à autre certains points où me fixer au moins dans le provisoire.
J'ai tellement aimé Rio, et finalement les plages bretonnes en hiver et Rio plutôt en été suffoquant, sans parler de la place de la Loge de Mer à Perpignan jouxtant la Vénus de Maillol, en toutes saisons, Milan et ses vitrines du design, de Nîmes je ne retiendrai que les boulevards à micocouliers qui forment cet écusson feuillu, vert tendre au printemps avancé, autour de la ville médiévale et de Lima que ses rivages en falaises abruptes et noires s'écroulant dans la mer grise.
Faudra-t-il que je retrouve d'autres remparts, d'autres places publiques encastrées entre des architectures glorieuses, d'autres plages moins sauvages et même surpeuplées ?