mercredi 27 août 2025

Arc-en-Sud.

Association mort-née, fondée sur une idée malvenue aux yeux  de la plupart des édiles, déjà intempestive et vouée à devenir chaque jour plus chimérique. Oui j'avais convaincu cependant quelques personnes et même quelques "hautes instances" et sur le terrain quelques rares municipalités d'y participer.

Arc En Sud ça devait vouloir signifier Aire de rencontres culturelles et d'échanges Nord-Sud rien de bien agressif mais c'était déjà trop  (sans imaginer les dérives et régressions néocoloniales qui allaient nous tomber dessus et qui aujourd'hui, pas seulement chez Trump, rongent le socle d'une politique sociale de partage qu'on pouvait trouver au moins en idéal affiché chez les anciens,"gaullistes de gauche", anciens PSU ou communiste destalinisés).

Persuadé qu'il y aurait moyen, non de renverser la vapeur, je n'étais pas naif à ce point, mais pour le moins de faire qu'un certain nombre de personnes "de bonne volonté" changent un peu de regard sur les pays du Tiers monde et leur population jugée à bon escient menaçante si on continuait à ne rien organiser, peuples en proie à des désastres sanitaires, économiques ou aux guerres entretenues.

Les concepts de coopération et développement auraient dû aboutir à partir des indépendances des pays autrefois colonisés, au-delà de la notion "d'échanges culturels" aboutissant à quelques déplacements d'expositions, de troupes de théâtre, d'aide à l'édition et à la production de films, à des actions d'envergure soutenues par l'économie des pays jusque là dominants dans les pays dits "périphériques" jusque là dépendants. ayant signé les accord correspondant à tous ces projets, ces plans, ces structures, soutenus par des armées d'agents et fonctionnaires encore  en place dans les missions de coopération. Où allaient ces crédits mis à disposition ,,? L'importance même de ces actions pilotes, de ces expériences, de ces entités créées de toutes pièces qui auraient dû voir le jour et entraîner un bouleversement de l'agriculture, un renforcement de l'embryon de production industrielle, un renforcement de l'économie toute entière dans ces pays "en développement". Le résultat aurait dû être visible, patent et produire par exemplarité et entraînement sinon une croissance exponentielle, du moins  un renforcement des institutions et des organes productifs de ces sociétés dépossédées de moyens et matériaux.

Pourquoi, malgré les résultats inverses constatés, continuation de l'exploitation et du pillage des pays du Tiers Monde, mépris et racisme face aux populations exploitées, ou dans le meilleur de certains cas, aides et secours relevant d'une charité dévalorisante sans effet que ponctuel, et s'y ajoutant, détournements locaux de ces aides et des moyens mis à disposition, etc . . . ?

Tout simplement (voilà juste quelques exemples pris en Afrique), j'avais constaté la richesse, la lucidité, l'originalité de la littérature africaine de Senghor à Mudimbe, l'admiration nouvelle que pouvaient porter certains esprits persuadés de leur supériorité blanche après avoir découvert la sculpture dite "nègre" et la beauté imaginative de certains objets d'usage courant et traditionnel, ou à l'inverse le dessillement de quelques lecteurs persuadés que l'Afrique du Sud  n'était pas sur une si mauvaise voie après avoir lu "Une Saison blanche et sèche" (André Brink 1979).

Bref , voilà l'illusion (ô grands dieux, combien les écarts de valeurs et leur inversion avec cette course aujourd'hui aux purs profits et négociations marchandes, ou au reniement de toute humanité au profit de la force brute , au niveau des principaux chefs d'Etat, se sont-ils accentués, replongeant le monde dans un cycle de massacres et dominations sans états d'âmes) ! 

Heureux contre toute attente.

 La plupart des touristes ont commencé à partir. Retrouvé la plage de Juan après la pluie sous le bruit des longs courriers qui n'arrêtent pas de passer là haut dans le ciel, à quelques mètres des trains, TGV, régionaux, de marchandises, vétustes, et du flot presque continu de cette nationale, autos, motos, scooters, trotinettes, vélos de course et électriques, qui longe la mer, eau à 25 degrés et pas une ride sur la mer. Retrouvé les amis de la Côte, l'unique après, bien après la Brava, la Sauvage de mes amours.

Je ne vois plus au loin la vallée du Loup bouchée par les nuées cotonneuses qui semblent se former là venant des îles.

Peut-être ça me rappelle Rio en beauté bien moindre mais en air saturé d'humidité et en bruit et bordel joyeux. 

Autre livre mais je ne vais pas . . .

 . . .tout vous dévoiler, et. Celui-là est léger et facile a emporter : Trois leçons des ténèbres de Roger Caillois qui entre autres avantages renvoie au Melancolia de Durer.

Livres préférés.

 Parmi les livres de chevet que je fais suivre de-ci de-là, ce grand classique de Ponge "Le Parti pris des choses", écrit de 34 à 39, tellement juste, cosmique et précisément modeste qu'il me tient lieu portatif et actualisé du fondamental "De Natura rerum" de Lucrèce mon dieu.

mardi 26 août 2025

Cet autre Peintre.

 Il ne peignait pas. C'était l'homme des recherches, déambulations, reproductions en miniatures.

Il était amoureux des huacas, ces vallonnements de sable désertiques parsemées de monticules et de dunes naturelles où se nichent d'immenses cimetières, lieux sacrés et profanés partout, indissociables des étendues naturelles où les morts sont enterrés pour y être dans la sècheresse, l'absence de pluie, conservés, disséqués, momifiés par le temps et l'enrobage minéral leur évitant la putréfaction;

il avait eu cette idée de reproduire de petites portions de ces lieux en miniatures, en maquettes remplissant des sortes d'aquariums transportables, c'était donc là son oeuvre, des huacas simulées et transportables qu'on pouvait examiner au travers des vitres de ces bassins transparents sans la moindre goute d'eau, remplis de grains de sable prenant diverses teintes selon la huaca originale, originaire, imitée, privée de cet échantillon d'elle-même.

Il m'avait offer une de ces huacas portables, un petit aquariums sec sensé transporter dans ses poussières et grains, d'anciens très anciens morts, que je n'ai plus, ces oeuvres portaient bonheur disait-il. Mais fallait-il le croire ou tout au contraire y sentir une de ces menaces contenues dans les grains minéraux, broyeurs et liés au fatidique sablier du destin ?

Le gros chat est mort.

Nos amis de Valencia, père, l'homme des écureux, fils qui lui succèdent, ont vécu une belle partie de leur vie avec le chat tigre qui poussait par moments des cris incompréhensibles, qui apparemment allait mieux, nous ont averti, nous participons au deuil, le gros chat tigre est mort.

lundi 25 août 2025

Temps moite, temps lourd.

J'ai connu ce temps sous les tropiques. C'était quotidien, cela signifiait flou, lois non respectées, exaltation des sens, vision critique, humoristique, esprit un peu brouillé, impossibilité d'accomplir les tâches dans les critères de clarté parfaite et de rigueur, donc approximation et parfois solution expéditive avant épuisement inutile;

de retour au climat "tempéré" voilà que je retrouve ces mêmes conditions qui m'emplissaient de curiosité, de désir de recherche, de tentatives d'adaptation à un autre monde échappant aux critères d'intelligibilité géométrique, mais impression que ce monde que j'ai connu plus dur, plus étroit, plus "rationnel" en apparence, est en train de se défaire, de renoncer à ses vertus de clarté, de sombrer dans l'incongruité et le chaos sans appel.