D'aucuns pensent qu'il y en a deux.
Le monde réel et le monde virtuel.
Cette distinction est effectivement fondamentale. Nous avons pour mieux le comprendre et l'analyser, pour éventuellement le reconstruire, créé un monde-miroir, un monde en écho, en maquettes, en reproductions, copies et schémas, une doublure approximative qui selon certains procédés de représentation que nous qualifions de savoir, de science ou de technique, nous permet par une algèbre symbolique fragmentaire mais efficace de le faire entrer dans nos calculs et nos machines. Et nous sommes fiers de cette supériorité. Le monde réel ne nous appartient pas mais avec ce monde miroir que nous avons créé, nous intervenons sur lui, nous le manipulons.
A partir de cette victoire reposant sur cette copie clarifiée de l'inépuisable, de l'infinie complexité du monde réel, une conquête rationnelle de l'humanité théoriquement ouverte sinon réellement accessible à chacun d'entre nous, nous avons pu progresser collectivement, montant les marches de l'écriture, de la géométrie, de la techno-science. Les développements de ce monde-copie, propagés par la Toile, l'informatique, le Web, les infinis possibilités et progrès de la communication, ont rendu tout récemment - en apparence - le monde moins opaque, presque transparent.
Ainsi pour prendre un point de cette trajectoire de développement historique, Galilée s'attaquant aux illusions et superstitions de la chute des corps ( qui va tomber le plus vite de la bale de paille ou de plume ou de plomb ?) passe du lancer folklorique de projectiles du haut de la Tour penchée de Pise au plan incliné où roulent des billes dont le poids et la vitesse sont enfin exactement mesurables.
N'y aurait-il pas, "à côté", "sous", "derrière", ces deux mondes un troisième monde ?
Mais voilà l'existence du troisième n'est en rien consigné dans les documents sérieux ni accessible aux enquêtes approfondies, pourtant, à mesure que se déroule et avance notre vie, tapis roulant inexorable, nous le rencontrons inévitablement caché sous le premier. Parfois aussi, redoublé et lié au deuxième.
Que ce soit clair, décidément, pour aujourd'hui, je ne vous ferai aborder, avec ce troisième monde, ni à un continent supposé ésotérique ni aux rivages escarpés du mysticisme. Le monde dont je parle est bien plus terre à terre. Je ne veux parler que de ce monde fait de malignité, de malveillance, de perfidie, qui se tient manifestement sous le premier monde, le plus réel et apparent, celui de nos découvertes et rencontres, tissage maille à maille de notre vie quotidienne, et qui éventuellement se redouble sous forme de tromperie, de machination fallacieuse, de leurre abusif, dans le monde virtuel.
Ainsi, ce monde premier, redoublé dans sa copie virtuelle qui ne fait qu'en retenir les traits les plus saillants et populaires, est-il troué de faux semblants, de détournements, de pièges et de manipulations