mercredi 25 février 2026

Prédateur suprême.

Très belle naïveté des primitifs, premiers, aborigènes, comme vous voudrez, qui demandent à la nature encore aujourd'hui même si c'est avec un peu d'emphase, un droit de cueillette ou de chasse avant de passer à l'acte. Aujourd'hui nous sommes si nombreux, si avides, si puissants sur le plan de la rapine, du raclage, de la mise en coupe, de l'appropriation et de  la destruction, de l'expansion que toute réflexion avant carnage serait, ressentie hors de nos limites naturelles, comme mutilation volontaire et non sagesse ou calcul fondé en rationalité. Qui ne voit que ce titre de prédateur suprème s'est imposé à nous à la place du rêve déjà si fou de la formule cartésienne "nous rendre comme maîtres et possesseurs de la Nature". Pour aller au bout disons que "l'âme du monde" (formule hégélienne désignant la survie et l'incarnation des plus hautes exigences humaines au cours des derniers progrès de l'Histoire) ne serait même plus un conquérant trop exalté, plein de génie et de panache, empereur passant à cheval sous nos fenêtres. . .ce serait plutôt, qui vous savez, un entrepreneur fou, inculte et boursouflé confondant le monde avec un carton où sont posés, décor de la table  basse de son salon, des ressources, des armées, des bateaux, des fusées et des pions.

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