La pluie de printemps, légère, intermittente, bruinée, n'a rien à voir avec la pluie d'automne qui ici arrive en ciels d'apocalypse et ravine tout jusqu'à menacer les fondations des édifices millénaires. Pourtant, dans ce rideau opacifiant, translucide, percé du chant grêle du rouge-gorge, seul à supporter ça en patience et obstination, une nostalgie, une tristesse, une régression froide des sentiments anciens, paralysants, semble brimer alors qu'elle les encourage à germer les forces immenses, végétales, renaissance des eaux pulsées en sève, en bois, en feuilles éclatées.
une affaire (tentative tardive) de mise en ordre décousue des occasions saisies ou perdues à mille entrées (va y avoir du boulot pour vous et pour moi)
dimanche 8 avril 2018
mercredi 4 avril 2018
Rêve absurde, mégalo, rigolo.
J'ai fait un rêve absurde, il est clair que mon inconscient se fout de moi et de ma mégalomanie.
C'est bien le rêve le plus absurde et mégalo qui me soit advenu, au moins dont j'ai le souvenir.
C'est bien le rêve le plus absurde et mégalo qui me soit advenu, au moins dont j'ai le souvenir.
Chacun des articles que j'entame ici /
et qui restent ici à moitié en suspens, souvent non terminés, dans cet analphabio-machin qui n'a pas de nom définitif, ce truc bizarre écrit lettre à lettre, mot par mot plaqués là au petit bonheur, devait être, tenu d'une main et tapé de l'autre sur les touches d'un mini-portable ou d'une tablette, allongé sur mon lit dans ce rêve où je me voyais /
ne devait être . . . c'était une obligation, que le début d'un plus long texte, souvent un roman à écrire ensuite, en somme un simple " incipit ".
Donc, dans mon rêve, bien que mégalo je me marrais et demandais :et qui restent ici à moitié en suspens, souvent non terminés, dans cet analphabio-machin qui n'a pas de nom définitif, ce truc bizarre écrit lettre à lettre, mot par mot plaqués là au petit bonheur, devait être, tenu d'une main et tapé de l'autre sur les touches d'un mini-portable ou d'une tablette, allongé sur mon lit dans ce rêve où je me voyais /
ne devait être . . . c'était une obligation, que le début d'un plus long texte, souvent un roman à écrire ensuite, en somme un simple " incipit ".
- Oui mais si c'est moi qui dois faire ça, au train où c'est parti, même avec un article tous les deux jours dans dix ans ça fera au moins 3800 entrées à remettre dans l'ordre alphabétique et à prolonger par au moins 180 ou 200 pages pour être un minimum sérieux si c'est pour un roman, alors ? Si je dois tout écrire moi-même . . . . ben dame ! J'aurais dû commencer avant !
Alors du haut du ciel une machine sardonique cachée dans les nuages, genre haut-parleur de gare à la voix encourageante dans les pires circonstances, me répondait :
- Pas de problème, si vous tenez le rythme, vous aurez une rallonge de 36 minutes pour chaque page rédigée.
J'aurais pu mal le prendre mais je sais qu'en me réveillant et après avoir fait le calcul, ce matin là j'ai décidé de continuer.
J'aurais pu mal le prendre mais je sais qu'en me réveillant et après avoir fait le calcul, ce matin là j'ai décidé de continuer.
mardi 27 mars 2018
Prosécogénie quand tu nous tiens.
Attention ! Ce billet n'a rien de parodique ni pour autant de scientifique. Il n'est fondé, comme le plus souvent dans cette quête un peu hasardeuse que je tente lettre à lettre, mot à mot, que sur une approche purement subjective. Apparu dans un séminaire en 2010, ce mot, lancé sur l'océan des concepts nouveaux-nés, vogue pour désigner la "qualité de ce qui suscite l'attention" : ce qui, et parfois malgré nous, la capte dans ce monde numérique, publicitaire, artistique, lobbyiste et marchand auquel nous sommes - pour l'instant - voués.
La paternité en est due à André Gunthert, historien du surgissement du présent dans le monde des images, autant dire une pointure en socio - iconologie.
Lui qui ne méprise pas de faire un tour sur Facebook (c'est là que je l'ai rencontré) et qui ne craint pas d'y divulguer, entre un conseil pour réussir la vraie sauce tomate ou des nouvelles de ses chapeaux, ses blogs et carnets où il ne cueille pas que des like et où il analyse et débat avec patience et humour, ce qui n'est pas forcément toujours le cas en ce monde des chercheurs reconnus.
Pourtant au début, moi si studieux et bon apôtre, j'ai eu du mal. Etant toujours par inadvertance un peu vagabond et flottant dans mon attention d'éternel étudiant vadrouilleur, faut dire.
J'avais même commencé par une blague semi-sérieuse en proposant à propos de ce mot, de cet article sur lequel j'étais tombé en cherchant à ma manière un peu je ne sais plus trop quoi, de distinguer dans l'économie de l'attention et de sa capture, deux prosécogénies ! Oui, oui . . . L'une "attentive" faite d'attention captive et l'autre "détestive" faite de détestation non moins captive. Bien sûr ça allait un peu à l'encontre de la visée de ce néologisme qui justement " ne présage pas de la nature de la réception" dit justement son inventeur . . . . mais ce qui au lieu d'énerver mon interlocuteur semble l'avoir fait sourire dans le débat qui suit l'article.
Faut dire, oui, surtout, amateur de mots et latiniste contraint dans ma jeunesse, devenu tout à fait adoptif, par jeu mimétique en suivant la pente de tous ces chercheurs qui fouillèrent le sol ici, depuis que je vis ici : à Nîmes, j'avais en tête ce mot du Gaffiot "proseco" qui veut dire en latin (mais là, pas de pot, les racines sont plus profondes, sont grecques) couper en morceaux et renvoie à la notion de sacrifice et d'examen des entrailles, d'un agneau ou d'un bœuf ou d'un poulet.
J'avais aussi en tête le prosecco, vin blanc légèrement pétillant qui accompagne si bien charcuterie et anchois chez nos voisins transalpins.
Assez mal parti comme on le voit, j'étais.
Jusqu'à ce que je tombe sur cet autre article du même A. Gunthert où réapparaît à merveille la dite prosécogénie : "Détestons ensemble les petits mouchoirs" L'Atelier des icônes. 20 mars 2013.
Là, je bute sur cette phrase : "J'ai donc vu les petits mouchoirs . . . . " apparemment c'était plus par devoir réticent du chercheur qui ne doit rien s'épargner que par choix esthétique personnel . . .
Et là, je lis qu'un acteur célèbre. . . n'aurait été ajouté à la distribution du film, à tout prendre et expérience faite que pour un résultat peu recommandable (je ne parle que de cette expérience qui consiste à s'imposer de voir le film et j'avouerai que j'en conviens aussi), que pour être "martyrisé, défiguré . . . puis occis in fine".
Oh joie, pleurs de joie ! je ne comprends rien à la sociologie mais je savais bien que nous pourrions tomber d'accord au moins sur un point ou deux : la prosécogénie peut être "détestive" et même sa racine profonde est parfois dans le sacrifice ou de l'acteur ou du spectateur (ou des deux à la fois). Nous faire prêter attention à l'insignifiant, à un monde de facilités imbéciles et auréolées de références et de clins d'yeux à ce vers quoi elles lorgnent bassement mais sont bien loin d'atteindre, tel est l'un des nouveaux idéaux, fléau de nos dérives sociétales qu'on peut pointer effectivement d'un seul mot.
(Nota Bene : il ne s'agit là que d'un travail (( mais peut-on parler là, à propos de ces maigres-douces remarques buissonnières . . . de travail? )) en cours, à suivre . . . )
Là, je bute sur cette phrase : "J'ai donc vu les petits mouchoirs . . . . " apparemment c'était plus par devoir réticent du chercheur qui ne doit rien s'épargner que par choix esthétique personnel . . .
Et là, je lis qu'un acteur célèbre. . . n'aurait été ajouté à la distribution du film, à tout prendre et expérience faite que pour un résultat peu recommandable (je ne parle que de cette expérience qui consiste à s'imposer de voir le film et j'avouerai que j'en conviens aussi), que pour être "martyrisé, défiguré . . . puis occis in fine".
Oh joie, pleurs de joie ! je ne comprends rien à la sociologie mais je savais bien que nous pourrions tomber d'accord au moins sur un point ou deux : la prosécogénie peut être "détestive" et même sa racine profonde est parfois dans le sacrifice ou de l'acteur ou du spectateur (ou des deux à la fois). Nous faire prêter attention à l'insignifiant, à un monde de facilités imbéciles et auréolées de références et de clins d'yeux à ce vers quoi elles lorgnent bassement mais sont bien loin d'atteindre, tel est l'un des nouveaux idéaux, fléau de nos dérives sociétales qu'on peut pointer effectivement d'un seul mot.
(Nota Bene : il ne s'agit là que d'un travail (( mais peut-on parler là, à propos de ces maigres-douces remarques buissonnières . . . de travail? )) en cours, à suivre . . . )
lundi 26 mars 2018
J des Jardins fabuleux et dramatiques.
L'importance du jardin, seul paradis.
Mais n'est pas zen qui veut. Le jardin occidental n'est pas si souvent le lieu de la méditation silencieuse ou celui de la rencontre avec les amis, il est aussi bien, plutôt même, le lieu d'un drame originaire et répétitif.
Lieu de tentation et de jalousie plus que de plaisir et de philosophie.
Un jour j'ai eu des amis dans une copropriété fabuleuse faite de jardins suspendus dominant la mer, Babylone ou Ninive surplombant un coin de Méditerranée paradisiaque avec une petite île juste à côté presque en face qu'on pouvait gagner sans beaucoup se fatiguer; c'était d'autant plus le rêve du paradis sur terre qu'ils avaient projeté ensemble, en communauté, l'édification de l'architecture avec terrasses décalées ne gênant les voisins ni par le bruit ni par la vue et ces appartements enfouis dans la végétation, enfoncés dans une façade végétalisée que tout me monde admirait de l'extérieur, qui devaient leur servir d'abord d'appartements de villégiature, quelques semaines par an, semblaient voués à devenir leur résidence principale et finale, une fois gagné l'âge de se retirer, au moins partiellement des affaires, et de jouir à plein temps d'une quiétude entourée d'amis et d'une proximité du bruit et de la vue de la mer.
Fatalité.
Ces gens relativement fortunés dans tous les sens du terme, en sont venus, malgré leurs affinités, leurs intérêts en commun, comme dans certains biens en copropriété verticale ou horizontale d'ailleurs, à se tirer dans les pattes, à se critiquer, à se brimer, à se scinder en factions ennemies, à se trouver des raisons de ne plus s'entendre au point de s’entre-tuer verbalement dans des assemblées moins communautaires que liberticides.
Il n'est de paradis que caché, qu'entourés de murs, les anciens Perses le savaient bien.
La tentative de reproduire ces jardins idylliques en les empilant les uns au-dessus des autres était risquée, peut-être vouée à l'échec mais on va s'y remettre un de ces jours. Le souvenir des fontaines ruisselantes et des plate-bandes luxuriantes n'apaise pas toujours les hommes superposés, encore faudrait-il les civiliser comme on jardine la terre.
Ainsi, radical faute de mieux, individualiste à outrance comme un chat échaudé, mais plutôt que le patio, l'atrium, l'étroite cour pavée où jaillit la fontaine, hostile à trop de murs, aux barrières autant qu'aux communautés repliées, j'ai choisi, refermé sur lui-même par les végétaux mais donc ouvert aux risques, aux essaims de graines et d'abeilles, plus dur à maintenir épargné des regains de broussailles (quel boulot, quels coups de soleil ici, quelle sueur !) et des envahissements de bêtes (sangliers, loirs, chats des voisins) ou de gens (j'essaie de les trier cependant), le jardin entouré de haies d'oiseaux et de bois feuillus persistants jouant avec les changements de lumière et les pénétrations du vent à l'infini.
dimanche 25 mars 2018
abruti(s, tant sur la terre)
Les Catalans ont le verbe embrutar = polluer, salir, contaminer.
No hem d'embrutar la terra.
non seulement nous abrutissons la terre mais nous sommes tous des abrutis
trop d'abrutis sur la terre et nous le sommes tous
oui il faudrait bien arrêter d'abrutir la terre
à quoi sert de crier bande d'abrutis si nous le sommes tous
No hem d'embrutar la terra.
non seulement nous abrutissons la terre mais nous sommes tous des abrutis
trop d'abrutis sur la terre et nous le sommes tous
oui il faudrait bien arrêter d'abrutir la terre
à quoi sert de crier bande d'abrutis si nous le sommes tous
Amazonie. Avancer en terrain miné de mythes.
Une fois au nord par Iquitos, auparavant au sud par le Mato Grosso, j'ai essayé de comprendre, d'y pénétrer un peu dans ce territoire des guerrier.e.s nu.e.s. aux longs cheveux ou crânes rasés, aux visages parés de grilles, aux corps peints ne cachant pas leur sexe.
Oui, comprendre. J'ai l'impression que personne ne veut comprendre.
Poumon de la terre, enfer vert, massacre des derniers autochtones qui s'y sont enfoncés et relégués, massivement, à petit feu, emportant avec eux, arche noyée, coatis, jaguars et orchidées rares; depuis la transamazonienne aucune rémission ne sera possible, aucune salvation, y compris la France qui seul pays riche, développé, déployé, de la zone, en Guyane, participe au désastre.
Poumon de la terre, enfer vert, massacre des derniers autochtones qui s'y sont enfoncés et relégués, massivement, à petit feu, emportant avec eux, arche noyée, coatis, jaguars et orchidées rares; depuis la transamazonienne aucune rémission ne sera possible, aucune salvation, y compris la France qui seul pays riche, développé, déployé, de la zone, en Guyane, participe au désastre.
Alors qu'y a-t-il à comprendre ?
Dés le soir venu, malgré tissus et gazes les plus fines, entortillé de moustiquaires, vous y êtes envahi d'un peuple noir d'insectes pas tous minuscules et qui passent au travers des précautions et des plis. J'y ai rencontré un "explorateur" qui rêvait d'y pénétrer mais avait une terreur panique des fourmis mangeuses d'homme jusqu'à l'os qui arrivent en nappe sur le sol qui n'avait pas tort et dût vite y renoncer malgré l'endettement qu'il avait contracté pour financer son expédition en lisant des livres et en regardant des images assis dans son fauteuil depuis Paris.
Le plus fort que j'y ai vécu à part quelques cris d'oiseaux extraordinaires, est ce rêve que j'ai fait d'y revenir guidé par un être lui-même sorti de la forêt, sous ayahuasca, quand j'étais, bien loin de Manaos, d'Iquitos ou Taraporto, à Lima, dans ma maison sur la colline, sous la conduite d'un sorcier.
Au cours de cette nuit longue et de ce rêve halluciné (je n'avais pas perdu conscience et restais assis et possédé, des heures, curieux d'abord puis effrayé bientôt) il m'a semblé comprendre bien des choses, et que tous ces dieux et démons de ces hommes d'avant Colomb (quelle beauté d'abord que ces formes éclatantes, géométriques, fluorescentes, stridentes qu'ils prenaient !) sont tous nés de ces plantes qui servent à fabriquer ce ou ce genre de breuvage que mon ami sorcier avait un peu trop corsé et renforcé de peur que je n'aille pas assez loin et du fait que c'était à ma demande et qui me secouèrent pour me montrer en vrai les tortures des cavernes de l'enfer où j'étais entré par curiosité à leur suite, au point que pour en sortir, tremblant parcouru de frissons, en transe, éprouvé, avec l'aide du sorcier qui n'a cessé tout ce temps de chantonner, monotone, me guidant, essayant de me rattraper, perdu, grâce lui soit rendue, puis de me tenir les mains et les poignets, puis de m'asperger d'un liquide vaporisé de sa bouche, j'ai dû moi-même me transformer en monstre, reprendre corps en démon, en diable vivant que j'ai toujours été et suis resté et redevenu, pour retrouver la sortie de ces grottes effrayantes, puis du tunnel au milieu des arbres où les singes hurlaient et retrouver les miens, inquiets autour de moi et la vie simple et ordinaire.
En réalité, épuisé par l'expérience pour de longs moments je témoignerai que rien de ce que j'ai appris là n'était vraiment nouveau.
Je savais bien que le monde était ainsi, maléfique et foisonnant de tortures. Là j'ai pu le voir sans ambages, manifesté en précipité, en concentré, en horreurs d'abord attrayantes qu'on ne peut montrer d'emblée et qui se développent, une fois entamées, en logique exacerbée. Peut-être l’Amazonie n'est-elle, hors de tout mythe ou au contraire, les ressuscitant (je ne m'illusionne pas et n'ignore pas que nous y projetons ce que nous avons nous-même assimilé et véhiculé et peut-être aussi les visions d'enfer de nos peintres hallucinés d'ici et d'ailleurs, incrustées dans nos profondeurs maculaires d'humains fascinés) qu'un lieu où les turpitudes humaines pas encore poussées aux ultimes réduits, soigneusement protégées dans leur mode de vie supposé premier ou primitif, sont encore enfermés, voisines de pouvoirs et de parfums inconnus, maintenues par ceux qui savaient encore les maîtriser, villages aux toits ronds, cercles fermés, au plus fort de cette survie puissante.
Immense résidu, en réserve, troué de part en part, que nous sommes en train de libérer, brûlant le tout, massacrant ses gardiens.
Immense résidu, en réserve, troué de part en part, que nous sommes en train de libérer, brûlant le tout, massacrant ses gardiens.
lundi 19 mars 2018
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