A chaque instant, en taillant la haie, en sarclant pour arracher, en chassant les jeunes et minuscules moustiques de mes jambes (je suis en short depuis de nombreuses semaines) en nettoyant la terrasse, en démoulant et tranchant le pain ou en regardant une série ou les infos, ou même en redécouvrant un vieux livre mis de côté dans ma bibliothèque, au vu des illustrations désuètes, en discutant avec quelques amis, en tendant l'oreille pour écouter ce que ma dulcinée me dit de l'autre bout de la maison, des idées me traversent la tête, en arrière plan, en voix off, en défilement de texte ou d'images, avec des titres, des thèmes quand ce ne sont pas comme en rêve des scénarios courts et complets ou de simples réminiscences. Que dois-je faire ? Est-ce anormal ? Ai-je accumulé un trop plein de vie ou suis-je déjà voix zombifiée, mémoire grattée et réécrite cent fois ou au contraire surgissement d'un autre que moi ?
une affaire (tentative tardive) de mise en ordre décousue des occasions saisies ou perdues à mille entrées (va y avoir du boulot pour vous et pour moi)
vendredi 6 juin 2025
Séries (fabrication en ).
C'est quoi ça, après Agency qui n'est qu'un remake glacé, confus et maladroit du beau et humain Bureau des Légendes, nous sortent un feuilleton qui se passe en Corse et n'est qu'une pâle resucée, nocturne, chuchotante et là encore un peu confuse du remarquable Gomorra.
Et Affaires Irrésolues aux personnages agaçants qui vient prendre la place du fameux Cold Case.
Production de masse tu nous tiens, alors que les séries honnêtes, fortes, parfois travaillées comme des embryons de film d'auteur avaient le vent en poupe. Il fallait bien qu'ils commercialisent et rabaissent. C'est bien connu dans les marques de supermarché, vous faites de la confiture ou du chocolat ou même de la compote en prenant les meilleurs ingrédients et la meilleure recette puis une fois lancée votre marque maison vous abaissez les couts de production et alors . . .
jeudi 5 juin 2025
I comme (vénérée à tort) Informatique.
En un sens c'est tellement évident, les informaticiens ne sont ni des dieux, ni des anges, ni des saints et l'Informatique n'est pas notre nouvelle divinité suprême. Que nous aurions tendance à prendre pour digne d'une Nouvelle Inquisition.
Ainsi, voilà, simple exemple :
Lors de notre deuxième visite à la Préfecture pour authentifier et localiser l'attache de notre Carte Grise grillée, c'est à dire l'endroit où envoyer les PV récoltés par notre sage et rassis véhicule, avec mes identifiants fournis, et toutes les clés, et signé une décharge pour autoriser la préposée à entre dans l'intimité de ces secrets identitaires et virtuels de reconnaissance, . . . . suspense . . . . . . . . échec.
Pas plus que moi (j'en étais presque plein d'orgueil) la préposée ne parvient à inscrire dans les cases dédiées le numéro minéralogique de mon petit et si vieux véhicule, sans arrêt refusé par la machine.
Suspense. Va-t-il falloir rester dans ce statut même pas hybride, inexistant, non éligible, de véhicule fantôme ? de véhicule errant sans domicile ? sous pavillon non conforme ? improviser, non homologué, un drapeau noir avec crâne et tibias croisés ? et se munir de sabre et jambe de bois, bandeau sur l'œil, pour passer ?
Mais non. Astuce. La préposée dit il faut faire comme si je faisais la démarche à la place d'une personne autre que moi . . .
Je lui dis mais c'est le cas, je vous y ai autorisée précisément, explicitement . . .
Oui, mais là c'est une astuce pour passer à côté des cas répertoriés . . .
Bon n'épiloguons pas.
Ce n'est pas la première fois, en traînant sur le Net comme un ignare, ce que je fais souvent, que je remarque ceci : la fausse divinité au grand logiciel hyper-organisé, axiomatisé, hiérarchisé, ramifié et cohérent ne l'est pas toujours. Les informaticiens sont faillibles et oublient des parcours dans leur course à l'organisation et hiérarchisation des propositions, parfois il y a comme un défaut dans l'ordre des questions, alors en bon théologiens jésuitiques de la grande divinité ils ajoutent un appendice au système, un avenant au contrat, dans le meilleur des cas . . . bref, c'est du bricolage plus ou moins bien ficelé, n'allons pas en être tellement impressionnés, dominés et soumis bien qu'au risque de frôler l'interrogatoire sous la pression des nombreuses machines à torturer les simples péquins ou paroissiens.
Tityre tu patulae recubans . . .
. . . sub tegmine fagi . . .
Te voilà disparu Tityre, cher monsieur fauvette de mon jardin d'Epicure. Toi qui chantais sous les frondaisons de mes chênes et oliviers. Car le chant ne trompe pas. Ce n'est pas toi. Ce n'est plus toi. On a volé ton territoire car fidèle tu as dû disparaitre, soit ici soit en route pour venir jusqu'à ce jardin clot, par le détroit de Gibraltar. Peut-être es-tu mort de fatigue ou de vieillesse, ou saisi par un chat, peut-être est-ce un de tes fils qui vocalise à ta place sous la même frondaison, essayant comme toi d'exclamer clairement ce cri, ce nom, TITYRE ! mais moins bien nettement, déroulant son chant moins bien articulé en mélopée criée et joyeuse mais ne prononçant pas bien ce nom, ton nom.
Voilà cher disparu Tityre, voilà mon élégie et mon ode à ta mémoire de gai oisillon.
mardi 3 juin 2025
Une autre idée.
Projet : oui j'aimerais à tout prendre, si par hasard j'arrivais à ne pas être obligé de quitter mes pénates choisis, n'étant pas nîmois mais l'étant devenu, plus nîmois que moi ni toi ni moi ne l'aurions cru, qu'on m'enterre dans mon jardin, au pieds non pas d'un cèdre mais d'un olivier. Au moins que mes cendres cadeau à la terre que j'ai malmenée et dont j'ai tiré espoir et substance, y reposent en paix.
Vie.
>M'est venue au milieu de ces araignées, fourmis, pucerons et papillons ou autres amis-ennemis que je fréquente quand je me glisse dans ces broussailles, branchages, branches tombantes de conifères, cèdres, thuyas, bambous, buissons, feuilles et tiges de mûrier pleureur, une idée toute simple : en quoi serions-nous supérieurs à ces autres formes de vie ?
Nîmes s'éveille au chant des cuculis (prononcer coucoulis).
Ces variétés locales du pigeon cuculina que nous avions au Pérou et qui étaient en bandes, assourdissants toute l'année à Lima, ressemblaient bien aux pigeons, tourterelles et colombes qui roucoulent ici dés 6 heures du matin avec des voix plus ou moins aiguës ou rauques selon l'espèce et qui remplissent le calme du ciel et des fils électriques, téléphoniques, fibre, à cette heure-là; c'est pourquoi nous les appellerons toujours entre nous "coucoulis".
Mais aussi j'entends la huppe fasciée au loin et le loriot qu'on voit en personne rarement, de temps à autre, mais las . . . las ! plus de rossignol, ils ont réussi avec leurs machines, leurs constructions, leurs travaux incessant non de réfection mais de creusement de tranchées et de destructions de voieries, à les évacuer d'un quartier qui, il y a seulement deux ans, en était plein.
En compensation j'ai cueilli des mûres au mûrier pleureur dit "pendula", petites et encore parcimonieusement arrivées à maturité malgré les pluies de cet hiver qui ont transformé mon terrain en conservatoire naturel des espèces locales de bonnes et "mauvaises" herbes redevenues géantes, dominantes, entremêlées, entortillées, rampantes, grimpantes, collantes, pleines de crochets , de ventouses, de mauvaises intentions de se reproduire en masse, bref de "gafarots" ( Note du traducteur : mot occitan désignant les involucres, système qu'adoptent les graines de diverses graminées pour se faire transporter gratuit par les chaussettes), qui entrent dans mes chaussures, adhèrent aux poils de mes mollets, se collent sur les lacets grace à une invention naturelle du velcro avant que celui-ci soit breveté par l'industrie, avec des formes ovoïdes, sphériques, cylindriques ou autres mais toujours munies de crochets, flèches, ventouses et hameçons.
Bref, mon terrain redevenu sec en assez grande profondeur, la pluie s'étant contentée de gagner les nappes phréatiques de meilleure réputation que les dites bassines, ces artificielles retenues d'eau détournant à leur profit les cours d'eau, que voudraient installer les agriculteurs nos ennemis qui par ailleurs ne songent qu'à réintroduire les pesticides pour nous empoisonner et nous nourrir d'un coup et à la fois, au nom de l'infernale concurrence avec des pays encore moins vertueux que le nôtre.
Bon je comptais vous parler de la mise en place de la FERIA de Nîmes, par ailleurs et en parallèle de taureaux (sombres et fiers) déjà dans leur cage, le coral où on peut aller les voir, avant le massacre rituel qui se prépare et aura au moins le mérite, souhaitons-le, de rabibocher les dieux qui nous gouvernent dans l'Olympe des tout-puissants, avec notre pauvre espèce de fous hurlants.
Mais il faudra en compensation encore que je vous parle de tous ces moucherons, pucerons, coccinelles, vermisseaux, scarabées, libellules, minuscules moustiques et forficules ou phasmes ou poux, avec lesquels je fraie dans ma jungle ré-ensauvagée.